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Affichage des articles associés au libellé Andreï Kontchalovski

Eve of Destruction : Hommes, femmes, mode d’emploi

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  Veille de vide ? Divertissement lucide… Petite pépite portée par une dédoublée Renée Soutendijk, cet item méconnu mérite d’être reconnu, en raison de son scénario assez subtil, co-signé par Yale Udoff ( Enquête sur une passion , Nicolas Roeg, 1980), certes desservi par la mise en forme fonctionnelle de l’ ex -clipeur britannique Duncan Gibbins, auteur du (trio) molto hétéro Careless Whisper de George Michael , d’ailleurs décédé incendié prématuré, ton chat au milieu des flammes de California chercher tu n’iras. L’actrice irrésistible du Quatrième Homme (Paul Verhoven, 1983) incarne donc, littéralement, à chaque plan éclatant de sa beauté, de son talent, un robot bientôt loco et une scientifique pas si amnésique. Film féminin propice à séduire les cinéphiles féministes, Eve of Destruction (1991), à ne pas confondre avec la protest song homonyme immortalisée par Barry McGuire , appréciez au passage le jeu de mot anglais sur le prénom très connoté, aussi intitulé en f...

Raphaël ou le Débauché (1971) : Cela s’appelle l’aurore

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  Aux hommes la mélancolie, aux femmes la (sur)vie… Merci Jacqueline Nietzsche ordonnait de danser sa vie ; aussi funambule que le Zarathoustra du philosophe, qui estimait l’Homme comme une « corde tendue au-dessus de l’abîme entre l’animal et le Surhumain », hein, Raphaël ne souhaite « penser qu’à ses pieds », finira fissa flingué, son suicide en rime à celui de son Aurore adorée, in extremis et sans malice mal mariée. À revoir à l’invitation d’une artiste amie ce film, l’un des meilleurs du réalisateur Michel Deville, jadis découvert durant l’adolescence, on sourit de connivence et s’émeut à nouveau devant le mélodrame rempli de charme, écrit avec esprit et monté avec doigté par l’incontournable Nina Companeez, quels rôles en or, selon deux interprétations d’exception, la fascinante Françoise Fabian et l’irrésistible Maurice Ronet en superbe couple en déroute. Costumé par l’experte italienne Gitt Magrini, partenaire d’Antonioni & Bertolucci, Lado...

Kanał : Underground

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Andrzej Wajda. Il y a dans l’être quelque chose de particulièrement tentant pour l’homme et ce quelque chose est justement LE CACA. Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de dieu Ah but remember that the city is a funny place Something like a circus or a sewer Lou Reed, Coney Island Baby L’œuvre s’ouvre via un travelling invraisemblable et virtuose, rien du reste ne démentira cette maestria du mouvement et du maniement de la caméra, scène d’introduction et dite d’exposition qui programme et formule en voix off un déterminisme tout sauf magnanime, de « tragédie » indeed nazie. Dans un film « horrifique », surtout tendance slasher , ma sœur, ça succombe en série ; dans un film « pornographique », ça baise en sus aussi ; dans ce « film de guerre » durant la moitié de sa durée déroulé sous terre, ça s’épuise, ça agonise, au creux d’un huis clos ...

Michel-Ange : Le Pic de Dante

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  Chapelle à la truelle ? Façade affable…   Décevant et cependant séduisant, Michel-Ange (Kontchalovski, 2019) évacue donc la question de la création, se concentre sur le contexte. « Ça vient tout seul » explique l’artiste laconique, n’en déplaise aux adeptes de la genèse. La statue du pape au genou joli, poli, se voit ainsi expédiée, achevée via une ellipse ensuite reprise durant le déplacement du « monstre » en marbre, un temps retenu, au plan suivant à moitié descendu. Ceci s’assortit de deux ralentis, un sur la paume d’extase et d’agonie d’une femme « foutue », c’est-à-dire baisée à la Baudelaire, sur le visage de diable davantage que d’ange de l’anti-héros à la noce, en train d’assister à des noces. S’il décrit les délices et les douleurs d’un créateur à la Andreï Roublev (Tarkovski, 1969, co-écrit en tandem par le doublé d’Andreï), coda en clin d’œil des œuvres dévoilées, inversées, à la couleur le noir et blanc substitué ; ...

Runaway Train : À nous la liberté

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Aller simple, itinéraire d’enfer… « Manheim est un animal » + « Vous êtes une bête ! »/« Pire que ça : un humain ! » puis, in extremis , une citation de Richard III , déductive, paradoxale, sur la férocité de la bestialité dotée de pitié, sur son absence chez l’homme, en tout cas ce roi-là : ainsi se résumerait la moralité de cette traque existentielle, conduite par Kontchalovski presque en Russie, sise en Alaska d’après Kurosawa, concoctée par une Cannon cannoise, alors en quête de respectabilité, à défaut de liberté, financière d’auteurisme bon teint, demandez à Altman ( Fool for Love 1985), Cassavetes ( Love Streams , 1984), Godard ( King Lear , 1987), Schroeder ( Barfly , 1987). Runaway Train (1985) ou la correspondance, judiciaire, ferroviaire, de L’Empereur du Nord (Aldrich, 1973) pour L’Évadé d’Alcatraz (Siegel, 1979), Voight & Ryan substitués à Marvin & Borgnine, Eastwood & McGoohan ? Oui et non, car une femme fait partie ...

Les Nuits blanches du facteur : La Dame du lac

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Suie à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Andreï Kontchalovski. Imaginez dans Le Miroir (Tarkovski, 1975) le reflet de Paranormal Activity (Peli, 2007) mais mettez de côté le chromo et les trémolos de Il postino (Radford, 1994). Bientôt octogénaire, l’auteur du scénario de Andreï Roublev (Tarkovski, 1969), frangin de l’épique et poutinien Nikita Mikhalkov, signe un film d’une jeunesse et d’une sagesse enviables, fréquentables. Muni de ses deux caméras Red, d’un script co-écrit avec l’ex-journaliste Elena Kiseleva, retrouvée pour Paradis (2016) à la bande-annonce refroidissante, du concours des habitants d’un hameau essaimé autour d’un grand point d’eau, le second AK, un salut à Akira Kurosawa, aiguilleur de l’argument de Runaway Train (1985), cartographie une autre Russie, pas celle de Vladimir, pas celle de la station Mir, quand bien même une base aérienne élance dans le ciel sa fusée surréelle. Blancheur des peaux, de l’alcool qui console, qui p...