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Affichage des articles associés au libellé Hal Roach

Buster

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  Deux métrages, deux images : The Haunted House (1921) + Cops (1922) L’argent ne possède peut-être pas d’odeur, il peut cependant donner mal au cœur, il peut pourtant coller aux pattes, rendre patraque, gare à la matraque, démonstration avec ce diptyque drolatique. La figure hiératique et tragique de Keaton s’y agite de façon assez frénétique, poursuivie par tous ou presque, quelle allégresse, a fortiori par d’affirmés faussaires puis des policiers à satiété. Il faut dire que Buster, renommé Malec en Hexagone, fi de salamalecs à la gomme, fait des siennes sans en faire des tonnes, caissier à licencier, amoureux malheureux. En écho de tombeau, les courts où ça court s’achèvent du côté de saint Pierre ou au cimetière. En résumé, malgré des ascensions d’occasion(s), gloire provisoire, on finit toujours par dévaler, au propre et au figuré, l’escalier de la destinée, par être in fine pincé à l’insu de son plein gré. Si The Haunted House recycle un motif déjà familier du...

Fantôme avec chauffeur

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  Un métrage, une image : Le Manoir hanté (1920) Des spectres, des nègres ? Spook désigne les deux, tant pis, tant mieux, mais en dépit de son titre à double sens, Haunted Spooks ne vise l’ambivalence, c’est-à-dire divertir avec le pire. Le racisme, personne ici ne s’en soucie, moins encore d’en commettre l’apologie. Certes, la crédulité instantanée, les jambes qui tremblent, les domestiques qui déguerpissent, le gosse aussitôt albinos, à face blanche, farine en prime, renversement du fameux noircissement, blackface balèze, du cinéma de ces années-là, on renvoie vers Le Chanteur de jazz (Crosland, 1927), dommage, tout ceci risque d’irriter certaines modernes sensibilités, ne plaira, n’en doutons pas, ni à Spike Lee ni à Jordan Peele. Pourtant, rien de révoltant, plutôt la prise en compte du présent d’antan, surtout sudiste, a fortiori le long du Mississippi, pays de possessions, sens duel, de plantations, de récente servitude, d’inconsciente négritude. S’il util...

Les Compagnons de la nouba : Ma femme s’appelle Maurice

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de William A. Seiter. Stanley Kubrick connaissait-il Sons of the Desert (1933) ? La première scène domestique surprend, présage presque Shining (1980) : Oliver énonce le dicton de Nicholson sur le travail, le jeu, l’ennui de Jack et Lolly, sa compagne tout sauf à la Wendy, le menace d’une lame maousse, énamourée de dépaysement montagnard. Ainsi va le cinéma, ainsi la cinéphilie établit des correspondances amusantes, inquiétantes, la transposition du roman de Stephen King elle-même à savourer en comédie noire, marque de fabrique du cinéaste sarcastique et sentimental. Formé par Mack Sennett, ensuite employé productif chez Universal & RKO, Seiter ne possède point le formalisme de son compatriote, sa mise en forme fonctionnelle ne comporte qu’un plan bienvenu à la grue, lorsqu’un représentant de la compagnie maritime s’adresse aux proches des victimes. Sinon, l’action se situe in situ , entre les trois murs de...