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Affichage des articles associés au libellé Gérard de Nerval

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

L’Ésotérique et le Tragique

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  Exils # 31 (15/05/2024) Imagine, au moins un moment, le monde tel un multiplexe. Au creux coûteux des salles commerciales, cavernes modernes aux ombres peu profondes, durant des séances de cynisme plutôt que de spiritisme, à l’unisson, à profusion, défilent les films, les frimes, les images mirages du mondialisé formatage s’animent. Un spectateur esseulé, arrivé trop tôt ou trop tard, pas patients au milieu des calmes couloirs, cet invisible tissu sonore pourrait percevoir. Démuni d’harmonie, délesté d’horizon, au profit de la juxtaposition, fourni par défaut, voire provoqué par l’épouvante du silence, le montage acoustique, pas si anecdotique, a priori privé de sens, ressemble aux stations de radio, captées et dépassées illico presto, aussi successives qu’évanouies, émissions mutilées parmi la nuit. Il ne s’agit ici d’écouter des messages codés, par Cocteau concoctés, à l’abri de l’habitacle, poésie programmatique d’Occupation métaphysique, mais d’expérimenter la superpositi...

Clair de terre à Maubeuge

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  Exils # 16 (18/01/2024) J’aime bien son âge et son visage, même si le premier lui déplaît, le second la dérange quand elle mange, pauvres corps que les nôtres, si vite endommagés, par eux-mêmes mis en danger. J’aime bien sa modeste blondeur et son grand cœur, altruisme sincère qui passe par le souci d’autrui, le bénévolat de surcroît. J’aime bien l’équilibre de sa voix et sa main parfois sur mon bras. J’aime bien son sourire et son rire, lorsqu’elle se moque gentiment des gens et d’elle-même idem . J’aime bien ses doigts fins, un peu peints, la douceur de son discret parfum. J’aime bien ses mots et ses textos, marcher à son côté. J’aime bien son adulte légèreté, de silhouette et d’esprit, quel contraste stimulant avec ma gravité, mon asymétrie. J’aime bien son caractère solaire, cependant capable de se mettre en colère, contre un voisin ou un propriétaire. J’aime bien sa curiosité culturelle et sa disponibilité naturelle. J’aime bien sa féminité attentive et ludique, davantage q...

L’Espoir

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  « La vie est autre que ce qu’on écrit » et l’avenir au Vieux-Port se retire…     Ampoulé dès l’orée, « avant-dire » de « dépêche retardée », de « Noël 1962 » datée, où décocher une flèche au révisionniste Valéry, expliquer une « édition entièrement revue par l’auteur », « adéquation » et « fluidité », allez, « patine » de « trente-cinq ans », tu m’en diras tant, Nadja ne ressemble à Aurélia , même si le bon Breton, sillage de Gérard, théorisa aussi au sujet du « Rêve » et de la « Vie ». Ce petit récit vite écrit, assez illustré, désormais très documenté, notre modernité en ligne, à domicile, permet en outre de retracer l’écourté CV de Léona Delcourt, assortit ses dessins, découpages, collages, de la grâce mylènefarmerienne d’un visage, associe ainsi « subjectivité », « objectivité », littéraire/pictural name-dropping et « neurop...