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Affichage des articles associés au libellé Harry Bromley Davenport

Julia

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  Un métrage, une image : Le Cercle infernal (1977). Au commencement, l’étouffement d’une enfant, suivi d’une trachéotomie qui rougit ; à la fin, un fauteuil, un travelling révélateur, une boucle bouclée, en effet : Full Circle (Loncraine) déploie une panoplie un peu rassie de piaule pas drôle, de spiritisme à domicile, de passé incapable de (tré)passer. On peut par conséquent l’apprécier en « film fantastique », les anglophones préfèrent parler de supernatural , puisqu’en plus adapté du spécialiste Peter Straub, pas encore en partenariat avec Stephen King, par la paire des co-scénaristes Bromley Davenport ( Xtro , 1983) & Humphries ( Quadrophenia , Roddam, 1979). Les cinéphiles sensibles, plutôt les admirateurs de la remarquable Mia Farrow, adouberont davantage le mélodrame maternel, pointeront la culpabilité d’une survivante vaillante et in fine défaillante. Cependant, en vérité subjective, il ne s’agit ni d’un « film de fantômes » ni ...

Evil Baby : Elle voit des nains partout !

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Pardonner les parturientes, se délivrer de leurs ventres… « Ne me tue pas ! Je suis ta mère ! » : à nouveau, comme souvent, le sublime s’associe au risible, et inversement. Piloté en mode automatique par Peter Sasdy, jadis prouvé plus inspiré, cf. La Fille de Jack l’Éventreur (1971), fracassé par la critique locale en dépit du « plaisir coupable » post -moderne, Evil Baby , aka I Don’t Want to Be Born , The Devil Within Her , The Monster et même Sharon’s Baby , une pensée d’épicier pour le tandem Tate & Polanski, mérite néanmoins un article. Il s’agit, en résumé, d’un conte de culpabilité, d’une parabole puritaine, d’un bibelot britannique, aussi sérieux que tongue-in-cheek . Ex -effeuilleuse, la svelte Lucy épouse un Italien nanti, of course catholique, dont la sœur, scientifique, s’avère en sus... une bonne sœur, Seigneur. Après une naissance au forceps, la mère amère, détestant sa belle-mère, s’aperçoit fissa, jusque dans sa chair...

Snatchers : Apocalyto

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La première fois, neuf mois, un lendemain, du presque rien… Souris un peu, cinéphile si malheureux, amuse-toi un chouïa, citoyen guère serein, avec, un soir, au hasard, cette comédie de SF horrifique, associant teen movie et monstrueuse maïeutique. Évidemment, ce Snatchers -ci (Stephen Cedars & Benji Kleiman, 2019) oublie le body , manque de substance, de corps et d’esprit, en dépit de ses bodies (ici, on dit « cadavres ») à profusion (de sang, bien sûr). Don Siegel ( Invasion of the Body Snatchers , 1956), Philip Kaufman ( idem , 1978) ou Abel Ferrara ( Body Snatchers , 1993) – pas vu la version d’Oliver Hirschbiegel ( Invasion , 2007) – peuvent dormir sur leurs deux oreilles (d’ alien ). Nous voici très loin, aussi, des sombres Inseminoid (Norman J. Warren, 1981) et Xtro (Harry Bromley Davenport, 1982), diptyque britannique, yes indeed  : dans Snatchers , de vrais-faux lycéens affrontent des clandestins mexicains, Donald Trump appréciera, ou pas, mena...

Child’s Play + Brightburn : Les Aventures de Pinocchio + Ant-Man et la Guêpe

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Domotique mimétique et ferme funèbre… Correspondances opposées d’une « soirée horreur » estivale en salle provinciale : les deux mélodrames maternels s’achèvent via un mouvement inversé, à savoir une chute et une ascension. Dans Child’s Play (Klevberg, 2019), le fils sauve sa mère d’une pendaison d’occasion ; dans Brightburn (Yarovesky, 2019), il l’assassine en plein ciel. Les deux films impersonnels, dispensable résurrection de franchise ou prologue de super-héros facho, s’avèrent ainsi des récits d’éducation, d’adoption, par procuration, des opus pédagogiques au caractère conservateur – tout se déroule en famille, pour le meilleur et surtout le pire – doublé d’un moralisme assumé. Le pantin américain tripatouillé en mode marxiste par un esclave suicidaire vietnamien châtie l’infidélité masculine et le voyeurisme à domicile à la Sliver (Noyce, 1993). Plus humain que les silhouettes suspectes qui gravitent en satellites autour du soleil noir à index ...

The Godsend : The Children

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Bienvenue à Bonnie, gamine tout sauf bonne, aux desseins malsains... Production Cannon méconnue, méconnaissable, The Godsend (1980) s’avère en vérité un produit britannique, dont les qualités équilibrent les limites. Adapté du roman homonyme de Bernard Taylor paru en 1976, donc contemporain de La Malédiction (Richard Donner), l’argument s’inscrit au sein du courant pédophobe de la décennie, le délocalise à la campagne, le replace à mi-parcours au cœur de la capitale. Une famille y défaille, subit des infanticides en série, fausse couche incluse, causés par une gosse adoptée, angelot diabolique désigné par le titre ironique. La coda de boucle bouclée retrace en plein parc le cercle infernal, voit revenir « The Stranger » à nouveau enceinte, en compagnie de ses prochaines proies. Son identification, ses motivations, nul ne les saura, les devinera. La parturiente semble n’aspirer qu’à la faillite des foyers, à l’usure des progénitures, sorte de Médée mutique, sinon se...

Noires sont les galaxies

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Entreprise mondialisée (aux oreilles vulcaines) ou sécession solitaire, l’aventure interstellaire demeure une épopée de proximité… Immanente, scintillante, la Mort sourit depuis ses hauteurs célestes et glacées. Dans la nuit enfin délivrée des lumières chaplinesques de la ville, les étoiles nous accueillent sur le seuil du sommeil. On perçoit leur souvenir, seulement la trace absente d’une présence illusoire, spectaculaire. Nul visage maternel n’apparaît sur le drap sombre pour nous bercer d’un « Rien ne meurt jamais » ; aucun « éléphant » ne rejoint le bestiaire astronomique garni d’ourses, de centaures, de bergers. Les hommes entendent aussi baptiser le ciel, tout ce qui gravite au-dessus de leur tête. Les animaux, les lieux, les villes, les événements, les sentiments, cela ne suffit pas, il faut encore que l’éther nocturne finisse dans un dictionnaire. Virus verbal transmis jusqu’aux astres, trajectoires terrestres calquées sur les parcours astraux,...