Articles

Affichage des articles associés au libellé Michael Mann

L’Eau et l’Électricité

Image
  Exils # 78 (30/01/2025) La prison suprême ? L’esprit, surtout surnaturel. Telle pourrait être en résumé la morale de ce métrage que Monsieur Darmanin devrait visionner. En attendant le huis clos de narcos, voici le Wyoming State Penitentiary, bâtiment abandonné, nouvel avatar de la bonne vieille maison hantée. Après un prologue en POV, en vérité souvenir cauchemardé, exécution d’électrocution, suivi d’une conversation de commission sous tension, ériger un établissement vraiment pertinent prendrait trop de temps et d’argent, les prisonniers rappliquent en autocars et un tandem de rebelles termine à l’humide mitard. Au cœur des écroués, le jeunot et déjà beau Viggo (Mortensen, who else? ), que tout le monde remarque, que « tous les mecs matent », a fortiori le directeur directif, voire expéditif, au sommeil solitaire très tourmenté. Quitte à occuper une épave, illico retapée par les principaux intéressés, autant la confier à un professionnel (r)éprouvé, sen...

Attrape-moi si tu peux

Image
  Un métrage, une image : Le Chacal (1997) À la mémoire de Mylène Demongeot L’ultime film de Sidney Poitier ne remake celui de Zinnemann ( Chacal , 1973), ni ne réadapte le titre de Forsyth, en conserve cependant quelques éléments, par exemple identités démultipliées, fusil en kit , bar gay , tombe atone. Échec critique, succès public, donc économique, il déplut aux deux intéressés précités, au compositeur Carter (Burwell), il semble aussi aux meilleurs ennemis Gere & Willis, rôles nonobstant inversés selon leur souhait. Il s’agit en sus d’une coproduction cosmopolite, pourvue d’un script basique, chasse à l’homme, entre hommes, en somme, commis par Chuck Pfarrer, le scénariste de Chasse à l’homme (Woo, 1993), justement, de Darkman (Raimi, 1990) ou Barb Wire (Hogan, 1996), par ailleurs non crédité collaborateur sur Sudden Impact (Eastwood, 1983) et Arlington Road (Pellington, 1999). Quant à Caton-Jones, ex -banquier écossais reconverti réalisateur hollywoodien, p...

Schizophrenia : Confessions d’un barjo

Image
Angst prévient le métrage en VO ; de l’angoisse, de la peur, de « l’inquiétante étrangeté », on en trouvera dans Schizophrenia , mais pas seulement et tant mieux. Suivez, si vous l’osez, le guide en ligne d’une exhumation en forme de bifurcation… Faut-il consulter si l’on sourit constamment à la découverte d’un titre admiré de manière inconditionnelle et obsessionnelle par Gaspar Noé ? Doit-on sérieusement s’inquiéter d’y lire une comédie très noire sur la psyché autrichienne, pays de Hitler et de Haneke, davantage qu’une étude subjective consacrée à un psychopathe avéré ? Qui nous jettera la première pierre (en pellicule) si l’on songe à La Ronde des prisonniers (tout premier plan de la prison survolée par un essaim de corbeaux à la Poe), au Cabinet du docteur Caligari , à Orange mécanique , à Fassbinder (celui de Roulette chinoise , surtout) ? Le lecteur connaît désormais notre sensibilité plus ou moins « singulière » (d’autres rient...

Fog : Brume

Image
Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. Film d’épouvante atmosphérique et radiophonique dans le sillage de Welles adaptant Wells (John Houseman en alter ego du cinéaste), Eastwood ( Un frisson dans la nuit ) et plus tard  Pontypool . La voix sensuelle de la non moins sensuelle (et hawksienne !) Adrienne Barbeau chuchote aux spectateurs restés enfants un conte très coloré (superbe lumière de Dean Cundey) qui résonne aussi avec les légendes urbaines, ou maritimes, de Bretagne, et dont la morale gentiment anticapitaliste – Carpenter paraîtra plus enragé avec  Invasion Los Angeles , dont la première demi-heure fait penser à du Loach en exil – permet au réalisateur de relire une fois encore, dans le dernier acte,  Rio Bravo  : on survit en résistant aux Ghosts of Marx, en quelque sorte, ou l’on meurt en holocauste et en prêtre damné (chute finale, avec le grand Rob Bottin dans le costume de Blake, aux allures de Molasar dans  ...