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Affichage des articles associés au libellé Alfred Hitchcock

Michel ma belle

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  Exils # 192 (28/04/2026) « Tout ça pour toi » : la morale sentimentale s’applique au personnage de Kim, identifie le film de Pearce, sorti en 1986. Quarante années après, que reste-t-il de cette love story humide et pudique, de ce vaudeville assez vide, tramé en thriller mineur ? D’abord une direction de la photographie digne d’estime, due à Michel Brault, personnalité + pionnier de bon aloi du cinéma québécois, qui venait d’éclairer un certain Louisiane (de Broca, 1984). On demeure donc là-bas, dans cet É tat, on revisite évidemment La Nouvelle-Orléans, ville de vertige et de prestige, on épouse les pas troublés, passionnés, des fugitifs ( bis ) de l’abbé Prévost, sacrée Manon Lescaut, matrice apocryphe de La Sirène du Mississippi de William Irish et par ricochet du métrage raté de saint François Truffaut, des suceurs de sang existentiels et sensuels d’Anne Rice, ensuite de Neil Jordan ( Entretien avec un vampire , 1994), auxquels le Kurgan de Krabbé f...

Et Noël au soleil

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  Exils # 188 (14/04/2026) Explosion, amputation, spéculation mais pas de « séparation », pas même un reste d’apartheid. Si Gold (Hunt, 1974), au niveau politique, s’apparente donc à de la science-fiction, une sorte d’uchronie jolie, festive et sportive, au niveau économique il décrit avec acuité une organisation de délinquants classés en col blanc, dont l’intitulé des credits ( syndicate ) renvoie vers la pègre homonyme, émir en prime. Un membre allemand croit bon de plaisanter, d’anticiper la « liquidation » programmée : on le fait fissa sauter attablé, en famille, infanticide explosif, à la suite de celui d’ Agent secret   ( Sabotage , Hitchcock, 1936), en prélude à la reprise des Incorruptibles (De Palma, 1987). Plus encore que de l’or, du boursier pactole aucun ne rigole, ni ne profite in fine , puisque la machination échoue, un premier essai déjà désamorcé pendant le prologue panique. Construit en boucle bouclé, en traumatisme dépassé, merc...

Le Gosse à Colossa

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  Exils # 187 (13/04/2026) Le Septième Voyage de Sinbad (Juran, 1958) met en images et en animation image par image des éléments des Mille et Une Nuits , surtout se soucie de la mélancolie du (petit) génie, de sa solitude aussi. L’ Ecclésiaste et Montherlant s’aventuraient dans une ville au gamin roi ou prince ; Harryhausen et le scribe Ken Kolb associent la magie blanche à l’enfance, puissance altruiste et protectrice hélas asservie au creux malheureux d’une lampe, attribuent la magie noire à un émule de Yul (Brynner), en habits de nuit et en exil, cupide et machiavélique (strabisme en rime au borgne cyclope). La mise en abyme intime se lit de manière explicite, lorsque le matois Sokurah donne vie démunie d’esprit au squelette accompagné de castagnettes. L’étonnante tristesse du gosse à Colossa, île plus monstrueuse que mystérieuse, virez Verne, dotée d’une insularité au carré, géographique et psychologique, fait du film un exercice de style où il s’agit en fait de fonder une ...

Le Genre d’Angela

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  Exils # 180 (16/03/2026) Fameux pour son final, Massacre au camp d’été (1983) commence par une série de panoramiques fantomatiques, visite livide du lieu de l’intitulé, en septembre et à vendre. Le prologue au soleil introduit un accident d’adolescents, ski nautique fatidique, cadavre à la dérive sur le lac déjà sépulcral, gilet de sauvetage fissa renfloué à la surface, sinistre indice d’enfant défunt. Le survivant s’agitant demeure dos tourné, silhouette non identifiée. « Huit ans après », une tante médecin mais à demi démente fournit un faux certificat à son fils et à sa nièce. Voici donc Angela, calme gamine au mutisme traumatique, à dévisager la chipie de la chambrée, in extremis promise à subir le supplice d’un fer à friser enfoncé style Les Valseuses (1974), atrocité à oreiller, mur d’ombres portées. Avant cette vengeance vicieuse, à ravir le rêveur ou tueur sadique de Bret Easton Ellis, ces vacances s’apparentent à un petit martyre, pourtant pas autant sangl...

Laborde et la Vivante

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  Exils # 176 (04/03/2026) Le Retour de Martin Guerre (Vigne, 1982) durant la Grande Guerre ? J’ai épousé une ombre (Davis, 1983) démuni de mari ? Si La Place d’une autre (Georges, 2021) repose itou sur une usurpation d’identité, il rappelle Camille Claudel 1915 (Dumont, 2013) par une partie de son trajet, par son historique austérité. Le drame de chambre de femme de chambre évite William Irish et délocalise Wilkie Collins, la dimension politique, donc la description du système de classes britannique, se voit ainsi assourdie, remplacée par l’impressionnisme presque magnanime d’une bourgeoisie à l’abri, moins chabrolienne que terrienne. Alors que les hommes se dégomment, décimés à défendre des intérêts économiques et pseudo patriotiques, « toute ressemblance » avec aujourd’hui tout sauf fortuite, les femmes à l’arrière (se) font des misères, changent de nom, dirigent des maisons. Nélie Laborde devient vite Rose Juillet, servante à l’essai virée, prostituée ...

Un homme à Rome

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  Exils # 165 (03/02/2026) Ce beau salaud de Stefano s’occupe donc d’immigration, fi d’ICE polémique, à peine une Anglaise à écarter d’un héritier. Il se soucie aussi d’un pseudo-producteur de disque, descendu dès le début : la caméra sur grue dévie de l’avenue, va vers une fenêtre, cadre la discussion sans le son et capte l’impact, incipit un brin hitchcockien, façon Frenzy (1972), à la suite d’un générique où les enseignes électriques se mêlent aux décorations de Noël. Le sous-titre l’explicite, Belli ressemble plus à un « détective » qu’à un flic, à l’ alter ego Baldo, sur ses traces et à ses basques. Désinvolte et tendu, facétieux et fiévreux, Franco Nero incarne un cousin pas si lointain du condé de Bouquet & Boisset, du Dirty Harry d’Eastwood & Siegel. Sous la cynique carapace se dessine une détermination sentimentale, itou motivée par la nécessité de sa propre peau sauver. Le « fonctionnaire de police » accro aux bakchiches n’y parvient...

Italie année uno

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  Exils # 154 (08/01/2026) « L’union politique européenne détruira-t-elle l’individualité des nations et leur rôle historique ? » interroge le journaliste. Le pacifiste et volontariste De Gasperi répond par son obsession, l’unité italienne étendue à l’union européenne. Cinquante-deux années après, l’échange conserve sa pertinence, n’en déplaise à la bien-pensance de la chaîne franco-allemande, médiatique, idéologique et symbolique alliance, laquelle conclut sa courte critique d’un alarmiste « Ce cinéma moral et politique offre des outils de compréhension du monde et demeure puissamment d’actualité à l’heure où les démocraties occidentales se voient fragilisées par les montées des extrémismes ». Comme si la superstructure malsaine présidée par l’indéboulonnable Madame von der Leyen ne possédait sa part de responsabilité dans le populisme des peuples, ces entités à mater, à masquer, à manipuler, accessoirement à calmer avec de l’argent méprisant, cf. la PAC, viv...

Dix ans d’une nuit blanche

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Exils # 153 (06/01/2026) Construit en boucle bouclée, tour Eiffel surcadrée au carré, La Minute de vérité (Delannoy, 1952) documente le conservatisme de la France des années cinquante, dit adieu à l’idéal, pas seulement pictural et sentimental, remarquez la composition explicite de l’ incipit , perspective de ville depuis une fenêtre ouverte, en somme à la Caillebotte. On (re)pense à Montparnasse 19 (Becker, 1957), co-écrit par un non crédité Henri, on songe surtout de La Fête à Henriette (Duvivier, 1952), making-of méta de scénaristes en goguette et tragi-comiques marionnettes, idem dialogué par Jeanson en situation, car le couple en déroute commente en voix off et piste de disque son parcours d’amour. Ses répliques sarcastiques font sourire, la « comédie légère » et douce-amère de décisif anniversaire évite en définitive le « vaudeville », résume à bon escient Madeleine Vincent, comédienne sur scène et actrice à domicile, femme in fine aussi (in)fidèle ...

Élémentaire, ma chère Watson

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  Exils # 150 (15/12/2025) L’ambiguïté de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968) ? Le dolorisme de L’Emprise (Furie, 1982) ? La chronologie de Lucky (Kermani, 2021) ? Périmètre mortel (Red, 2008) s’en moque à la truelle, malmène Famke Janssen qui se démène, se souvient de Verhoeven ( Hollow Man : L’Homme sans ombre , 2000), l’invisible devient visible via le sang de l’amant, violence virtuose, payer de sa vie le prix d’une nuit d’humide défi, logique symbolique empreinte de puritanisme. Si le synopsis se résume à ceci : une ex -détenue homicide affronte à domicile le fantôme d’un flic, la scène de ménage ne ménage ses dommages et mérite quelques lignes à demi laudatives. Nanti d’un titre d’origine programmatique ( 100 Feet ), assez bien adapté en français, ce survival marital, au final infernal, demeure en flammes, telle jadis la chaufferie du Freddy des Griffes de la nuit (Craven, 1984), naturalise le fantastique, n’en fait une affaire de subjectivité f...

Panique celtique

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  Exils # 143 (20/11/2025) « T’es pédé ou quoi ? » demande Depardieu à Perez : question de bon ton, désormais démodée, merci au moralisme cinématographique, à la police du lexique, dont le pronom indéfini importe plus que l’épithète obsolète. Diptyque de répliques explicites : « L’amour c’est la merde », toujours du junior , « Ils jouent à un drôle de jeu ces deux », observe avec justesse un flic à l’écoute. Comédie noire souvent desservie par sa forme de téléfilm, TF1 co-produit, l’incontournable Canal+ aussi, Le Pharmacien de garde (Veber, 2003) connut l’échec économique et critique. Alors âgé de trente-sept années, le fils de Francis mit une décennie à s’en remettre, remit le couvert sur un script assez similaire, puisque Bipolar (2014) a priori revisite de Hyde & Jekyll, tourné aux States , sa nation de formation, inédit ici. Autrefois assistant sur La Chèvre (Veber, 1981) et acteur dans Les Fugitifs (Veber, 1986), ensuit...