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Affichage des articles associés au libellé Weegee

La Vie de Valachi

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  Exils # 79 (05/02/2025) D’une prison la suivante… Judas baisa puis se pendit, Valachi lui aussi mais survit, fait in fine ami-ami avec l’agent diligent, arroseur arrosé, sénateurs de malheur, plus préoccupés par leur publicité que par la suppression du crime organisé. Point de contemporain Parrain (Coppola, 1972), car Cosa Nostra (Young, 1972) davantage évoque L’Affaire Al Capone (Corman, 1967). Adieu à l’Irlande, on demeure ici en famille, on s’extermine entre Rome et Sicile. À New York l’interlope, in situ et ensuite en studio chez Dino (De Laurentiis), les hommes se galochent et se dégomment, s’émasculent et ne s’enculent, attaque de mecs à la place du ramassage de savonnette. Mamans ou putains, hélas Eustache, les femmes poussent des cris et versent des larmes de bref et sec mélodrame, se produisent sur scène et se prostituent à domicile, trouvent et trompent un mari à demi. De l’initiation à l’information, il suffit d’un conflit ; des funérailles aux fiançailles...

Le Méchant Photographe

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  Exils # 53 (03/10/2024) Connu du lectorat des anciens Cahiers du cinéma , dorénavant président de la Fondation Cartier-Bresson, Serge Toubiana introduit un bel album composé d’environ une bonne centaine de reproductions et assorti de quatre essais, dont celui du directeur de l’ opus et de l’organisme précité, le spécialiste Clément Chéroux. Tandis que les dames (Isabelle Bonnet & Cynthia Young) se soucient d’archives, de « scène de crime », de « presse tabloïde », d’ascendance (Daumier), de descendance (Cindy Sherman), les messieurs (David Campany en prime) désirent résoudre « l’énigme Weegee » ou retracent le rôle de « The Famous » sur le tournage de Docteur Folamour . « Il fotografo cattivo », tel l’appelle la presse italienne, en effet se piqua un peu de cinéma, effectua un caméo chronométré dans le dégraissé Nous avons gagné ce soir , apprécia Lolita et Les Sentiers de la gloire , assure-t-il à Peter Sellers qui lui e...

Amérique authentique

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  Exils # 22 (19/02/2024) Au cinéphile Franck Près de vingt ans avant le travail remarquable d’Evans & Lange, où puiseront Steinbeck & Ford ( Les Raisins de la colère , 1940), voici cinquante-cinq photographies en noir et blanc, sans colorisation à la con (honte à Time ), documentant un temps d’avant des États-Unis désunis. Il ne convient pas encore de parcourir une grande nation en proie à la Grande Dépression, il s’agit déjà d’en donner à voir, comme en un miroir, une dimension dissimulée, non assumée. Le CV en accéléré de leur auteur, ensuite éclipsé à cause de successeurs majeurs, ne se départit d’une cruelle ironie : Lewis Hine, orphelin de père, empila les emplois classés non qualifiés, étudia la sociologie (et la philosophie), l’enseigna aussi, bossa pour des organismes d’ É tat ou pas, souvent se déguisa, un peu sa vie risqua, dans la presse estampillée populaire ou à l’opposé dans l’explicite et friquée Fortune publia, selon la publicité (pas seulement la...

De sang-froid

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  Un métrage, une image : Les Ailes de la nuit (1997) Toi, jeune homme, ne désespère point ; car, tu as un ami dans le vampire, malgré ton opinion contraire. Lautréamont, Les Chants de Maldoror S’il souffre d’une facture très TV, The Night Flier possède pourtant plusieurs qualités. Produit   par Richard Rubinstein, trésorier de Romero ( Martin , 1977, Zombie , 1978, Creepshow , 1982), fidèle financier de films ou téléfilms adaptés d’après Stephen King ( Simetierre , Lambert, 1989, Darkside : Les Contes de la nuit noire , Harrison, 1990, le longuet Les Langoliers ), tourné en un mois recta , diffusé sur le petit avant le grand écran, voilà le premier titre et presque l’unique du peu prolifique Pavia, ensuite signataire d’un obscur Fender Bender (2016), puis disparu des radars, routiers, clin d’œil à l’ item précité, en compagnie de son épouse Julie Entwisle, actrice tout aussi éphémère, ici castée en Katherine Blair, bientôt patronyme homonyme de sorcière forestière ( ...

Portraits : Still Life

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  Le glamour et le désamour, les repères et la misère… En découvrant aujourd’hui le travail de Mary Ellen Mark, on repense bien sûr à celui de Dorothea Lange & Diane Arbus, d’ailleurs ici aussi de la partie, puisque prise en 1969 à New York comme consœur pâlotte. Dans sa préface, la photographe parle de « documentation sociale », de « travail commercial pour les magazines, le cinéma et la publicité », des « profondeurs de la personnalité », du « fond de l’âme », de « vérité du caractère du personnage », du « sens caché » des existences esquissées ; elle affirme fissa sa profession de foi : « Le portrait d’un homme ou d’une femme (célèbre ou non) fonctionne s’il communique quelque chose de très personnel ou de très intime. Le tout, naturellement, joint à une belle lumière et à une composition parfaite. Un portrait vraiment réussi peut révéler beaucoup de secrets. » D’abord publié en Italie, pourvu...

The Midnight Meat Train : Léon

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Costards noirs contre gilets jaunes… Il faut que je prenne ma place dans le trafic Francis Cabrel Avant de singer les American Sniper (2014) pour Clint Eastwood ou de faire chanter puis pleurer Lady Gaga selon A Star Is Born (2018), Bradley Cooper croisait donc Clive Barker, prenait son Dernier Métro (1980), guère celui de François Truffaut, sa rame en rime à celle du Métro de la mort (1972) de Gary Sherman, cannibalisme souterrain compris. Plus réussi que Downrange (2017), survival du cinéaste concerné à la fois similaire et différencié, situé en plein air, non plus sous terre, The Midnight Meat Train (2008) rappelle le David Fincher de Panic Room (2002), autre huis clos acrobatique de résistance, autre guerre de territoire urbaine, et la caméra prima donna d’un certain Brian De Palma, amateur notoire de compartiments chthoniens, renvoyons vers Pulsions (1980) ou L’Impasse (1993). Dans la scène hitchcockienne de l’hôtel, elle glisse au-dessus des pièces, se...

La Chambre claire : Note sur la photographie : La Pitié dangereuse

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Barthes, Bazin, l’air de rien, l’ aura du macchabée, l’identité de l’aimé(e).   Clair et court, modeste et illustré, l’essai dématérialisé, lu en ligne, hier soir, s’avère une conversation avec soi-même, une quête à la fois subjective et objective, à l’instar de l’être photographié lui-même, conscience réifiée. Barthes cite Sartre, hommage liminaire à L’Imaginaire (1940) inclus, Baudelaire, Blanchot, Kafka ou Nietzsche. Il écrit, il décrit, il se souvient, se suppose un destin, use du subtil latin, afin de formuler sa typologie jolie, sa théorie tressée à l’intériorité. Il se moque du mode d’emploi, ça ne l’intéresse pas, il laisse la sociologie aux psys, Dieu merci, il refuse les surprises de l’artifice et il manie le mystique, cf. l’extase de coda. La présence insistante, pénétrante et rayonnante de sa mère, morte, minote, rapproche La Chambre claire (1980) du Livre de ma mère (1954) d’Albert Cohen et de Ma mère du Nord (2015) de Jean-Louis Fournier. Ainsi davantag...

After Image : Dead Silence

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Voir/prévoir/revoir, surtout ressentir de tous ses membres la musique d’une église. Ce titre à tort très méconnu trace un mémorable triangle : un photographe judiciaire, un assassin vidéaste, une sourde-muette subissant ses visions. Ainsi formulé, cela paraît suspect, surtout si l'on rajoute qu'il s'agit d'une production Sundance et qu'elle comporte une tante diabétique, un frère dépressif et un flic boiteux. Mais cette Amérique cumulative de bras classés cassés, de gens blessés, s'avérera toujours préférable à l'arrogance d'un Reagan ou à la stupidité d'un Trump, pas vrai ? Quant à la nature de l'œuvre, elle s'abreuve à la beauté, symbolique ou non, elle n'indispose jamais par sa pose - artful et pas arty , donc. Film attentif aux matières, textures, subjectivités croisées, After Image peut parfois faire penser au ciné de David Lynch, bien sûr, et pourtant il sait conserver sa linéarité, ne sacrifie pas le réel au profit d...

Un jour sans fin

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Mélancolie du mercredi après-midi, le jour décrété des enfants petits et grands. Les hommes naîtraient/demeureraient donc « libres et égaux en droits », nous dit une docte déclaration citoyenne du siècle de Sade, avant de rajouter dans le même article premier une précision sibylline à propos de « l’utilité commune » des « distinctions sociales » (« Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change » reformulerait le Tancrède pragmatique du Guépard de Lampedusa puis Visconti). Ce double postulat ne concerne pas le cinéma – il concerne à peine les hommes et les femmes au-delà, ailleurs peut-être un peu moins qu’ici, certes. Chaque semaine, des dizaines de titres échouent dans les salles, échouent à y rester. Quand j’écris, je souhaite que tu me lises ; quand tu filmes, je désire le visionner, aussi laissons l’élitisme des happy few à l’auteurisme subventionné.   Existe-t-il un cimetière des longs métrages, à l’instar de...