Midnight Express
Un métrage, une image : Let Us Prey (2014) Mer mortifère, noir désespoir, étrange étranger, dressé sur rocher, corbeaux comme Les Oiseaux (Hitchcock, 1963), femme flic au sommeil difficile, séquestrée, abusée gamine, ville vide, chauffard du soir, commissariat de scélérats : le prologue de Let Us Prey donne le ton, annonce la sombre couleur, celle d’une noirceur non plus « tombée » du ciel, majuscule optionnelle, mais « levée » sur la cité désertée, au sein malsain de laquelle semble (sur)vivre, en sursis, une poignée d’âmes damnées, condamnées, celles, aussi, de l’habitacle des deux bagnoles, rouge et jaune. Avec son intitulé connoté, jeu de mots illico ( prey pour pray ), ses personnages au bord du naufrage, métaphore formulée par le commissaire-capitaine, un compte à rebours hérité autant du conte, minuit, pardi, que de la mise à mort minutée, made in USA , ce film irlandais trop propret, en dépit d’instants saignants, il faut s’y faire, ...