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Affichage des articles associés au libellé Luigi Cozzi

L’Ours en peluche

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  Un métrage, une image : La mort remonte à hier soir (1970) Aussitôt décédé, aussitôt adapté : après Di Leo, lui-même auteur d’une trilogie ( La Jeunesse du massacre , 1969, Milan calibre 9 + L’Empire du crime , 1972), en simultané à Boisset ( Cran d’arrêt , 1970), avant Cozzi ( L’assassino è costretto ad uccidere ancora , 1975) & Guerrieri ( Jeunes, désespérés, violents , 1976), le réalisateur de L’Homme sans mémoire (1974), Les Durs ( idem ), Zorro (1975), titres anecdotiques et sympathiques, s’essaie aussi à la transposition au ciné du souvent excellent Giorgio Scerbanenco, que traduit ici le scénariste Biagio Proietti ( Le Chat noir , Fulci, 1981). À moitié raté, à demi réussi, aujourd’hui disponible en ligne, en VA ou VO, La morte risale a ieri sera souffre d’une absence de point de vue, au propre et au figuré, d’être mal musiqué par le pourtant estimable Gianni Ferrio, puisque score désinvolte, à contretemps des événements, plus grave encore, d’...

Society

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  Un métrage, une image : No Place to Hide (1993) Mélodrame méconnu, déguisé en thriller de microsociété à faire peur, renié en tandem par ses deux principaux interprètes, Chute en enfer , intitulé français à fissa refuser, frise assez souvent le risible, néanmoins mérite quelques lignes. Le scénariste/cinéaste Richard Danus vient de la TV, on pouvait vite le deviner, en dépit d’une poignée de plans charriés au steadicam chaloupé. Il signe ici son unique incursion au ciné, donc en compagnie de Kris Kristofferson & Martin Landau, meilleurs ennemis de police complice. Tandis que Drew Barrymore, juvénile encore, incarne une adolescente diariste et endeuillée, soi-disant indécemment (dés)habillée, O. J. Simpson portraiture un ami d’une masse muni, ancien footballeur américain, à la colonne cassée, en fauteuil roulant désormais, sorte de Lazare (re)levé trop tard, blague un brin raciste et mort héroïque en prime. Cramé par la critique, pourvu d’un petit et piètre script , désav...

La Maison près du cimetière : Don’t Look in the Basement

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Fulci for ever . Fulci faux rêveur. Fulci en sa faveur et avec ferveur. À Nicolas Rozier Dans Sous le sable, une veuve dépourvue de cadavre visite un appartement plaisant avant d’aviser qu’une fenêtre fatale donne sur une nécropole… Je me (com)plais à le répéter pendant quatre années : le cinéma constitue un art funéraire, il raffole des fantômes, il affole avec des reflets, les nôtres, morts en sursis miroités sur la glace de l’Alice de Lewis, de saint Paul s’adressant aux Corinthiens, du camé sous couverture de Substance Mort (que Dick intitule en VO via l’explicite A Scanner Darkly ). S’enfoncer de l’autre côté, incitait Jim Morrison et ses po(r)tes de la perception, sillage funeste du graphique Alfred Kubin, afin d’y trouver quoi ? La coda de La Maison près du cimetière répond, module la découverte stérile de L’Au-delà son prédécesseur. Deux spectres au féminin entraînent un gamin au sein de leurs limbes glacés, désespérés. Comme disait Dante, toi qui en...

Paganini Horror : Nero veneziano

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La musique adoucit les meurtres et le Diable organise une danse macabre. Luigi Cozzi le confesse en VO : le slasher l’indiffère, l’horreur le révulse, la science-fiction le fascine. Paganini Horror (1989) confirme tout ceci et s’apprécie par-delà ses oripeaux stéréotypés, séduit par son artisanale singularité. Mine de rien, avec la somme de ses riens, on se retrouve plus près de L’Année dernière à Marienbad (Resnais, 1961) que de Phantom of the Paradise (De Palma, 1974). Après un prologue vénitien évocateur, où une gamine (Giada, ragazza de son papa), ses gammes effectuées sur son instrument, s’en va électrocuter sa maman dans sa baignoire à sabot de salle de bains repeinte profondo rosso, grazie au cher sèche-cheveux, la même villa patricienne abrite d’abord le tournage d’un clip ensanglanté puis une hécatombe sous influence quantique. Un avatar transalpin des Bangles se fait recadrer par une productrice impitoyable, prisant peu leur manque d’originalité, de potent...

Phantom of Death : L’Affaire Dominici

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Orlac et ses mains ? Un requiem pour chacun de nous, sage ou fou, teen ou sénile. Contrairement aux correspondances, les coïncidences n’existent pas, surtout au cinéma, alors ne t’étonne pas si Phantom of Death (1988) relit La Mouche (1986). Il s’agit d’un mélodrame littéral, à propos d’un pianiste atteint de progéria, en sus adepte du zen des arts martiaux. Seth Brundle se transformait-détériorait, Robert Dominici vieillit à la vitesse grand V. Condamnés à vivre, à survivre, à mourir, à se reproduire, les héros existentiels, fraternels, de Cronenberg & Deodato sèment autour d’eux la mort encore et encore. Mis en abyme sur un scooter , derrière une conductrice juvénile, manière amusante de sortir de son propre film, le cinéaste sembla par ses dires se désintéresser du sujet, de l’objet, auquel il participa seulement en raison de la base réaliste de l’argument et pour les présences stimulantes de Pleasence & York. Qu’importe, puisqu’il signe l’un de ses titres ...

Delirium : Sabrina

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Petite et grande mort autour de la grandiose et morose Serena Grandi. Les Yeux de Laura Mars (Kershner, 1978) meets Caligula (Brass & Guccione, 1979) : la charmante, célibataire, propriétaire-héritière d’un « magazine de charme », euphémisme de jadis, avant la massification des masturbations en ligne, affronte son propre frère un peu trop épris, surtout de ses formes opulentes. Le vrai-faux crevé sur escalator finira terrassé au niveau des testicules, au bord de la piscine nocturne, par un malin voisin voyeur et harceleur, accessoirement agresseur de rêve/cauchemar muni d’une lampe torche molto phallique, lui-même cloué sur un fauteuil roulant à la James Stewart ( Fenêtre sur cour , Hitchcock, 1954), à cause du choc psychologique, traumatique, d’un accident de voiture où décéda sa bien-aimée, vous suivez ? On pardonnerait presque sa marotte au petit (saligaud) Tony, puisque la généreuse Serena Grandi, enceinte selon Joe D’Amato ( Anthropophagous , 1...

Lady Frankenstein : Les Orgueilleux

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La satanée Tania fera de toi un pantin spolié de son corps, némésis d’amour à mort. « Death is my life » : seul Joseph Cotten pouvait proférer cette réplique over the top sans sombrer aussitôt dans le risible et Lady Frankenstein enregistre sa fatigue, sa vieillesse, sa Fin de partie à la Samuel Beckett, avec moins de générosité, d’humour, de flamboyance qu’un Mario Bava presque au même endroit. Le voici dirigé en 1971 par un émule anonyme de Roger Corman, qui d’ailleurs co-produit via New World Pictures. D’un Welles à l’autre, Jo troque Orson contre Mel et rencontre en Italie l’incendiaire trentenaire Rosalba Neri, consœur et concurrente d’Edwige Fenech. Le baron nécrophile possédait donc une fille, cf. l’explicite titre transalpin, on l’ignorait, on peut trouver ceci très logique, surtout connaissant le féminisme de Mary Shelley. Chirurgienne diplômée, la figlia orpheline veut illico reprendre les travaux impies de son paternel trépassé en pietà . Avec l’...

Contamination : L’invasion vient de Mars

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Au pays de Shakira, nul ne vous verra sauver (provisoirement, loi mercantile et lucide du « genre ») vos semblables (qui ne le méritent guère, en vérité). « Tout s’harmonise » (Stephen King, 22/11/63 ) : l’ouverture de Contamination rime avec Le Vaisseau de l’angoisse de Steve Beck (dans le sillage, expression idoine, du Dracula de Stoker, certes), l’un de ses prédécesseurs mentionnés au détour d’un ligne de dialogue : un bateau fantôme pénètre dans les eaux calmes de New York, survolé par un hélicoptère dont le co-pilote, pressé par un opérateur de la tour de contrôle, rappelle qu’il ne se trouve pas à bord du Concorde, mais à proximité de la Statue de la Liberté. Dès ce prologue crépusculaire, littéralement, Luigi Cozzi (rebaptisé Lewis Coates pour l’exportation) met en place les principaux éléments de son histoire, le danger venu d’ailleurs, un humour discret, constant, une féminité davantage éclairée, éclairante, que la masculinité souvent ...