Berlin Alexanderplatz : Franz
Magie maléfique d’une Germanie numérique… « Un film en treize épisodes et un épilogue » : seul le stakhanoviste Fassbinder – (re)lisez, si vous le souhaitez, mon impressionniste portrait – pouvait produire, en plus de tout le reste de la somme de ses opus supérieurs, ces quinze heures de programme, d’abord destinées à la TV, teutonne et italienne. Une fois le valeureux visionnage de week-end vacancier achevé, s’avère l’évidence du chef-d’œuvre, et davantage : Berlin Alexanderplatz (Rainer Werner Fassbinder, 1980) constitue encore, a fortiori aujourd’hui, au présent de la multiplicité des écrans, donc des transformations de la cinéphilie, une assez sidérante leçon de cinéma, dont chaque plan, chaque instant, chaque événement, démontre la radicale maestria. D’un cadre à l’autre passé, le principal intéressé en déploie la durée, avec majesté, intensité, inventivité. Concentré de sa cosmologie, de son style, le feuilleton affolant, à l’effet addictif, perm...