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Affichage des articles associés au libellé Robert Zemeckis

Vestiges du révisionnisme

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  Exils # 45 (08/07/2024) Dire d’ Indiana Jones et le Cadran de la destinée (Mangold, 2023) qu’il passe à côté de son sujet s’affirme un euphémisme. Tout, pourtant, y tourne autour du temps, matière première de nos artères et d’un art funéraire autrefois divisé par Deleuze en « image-mouvement » et « image-temps », justement. Vingt-cinq années séparent les deux périodes historiques et donc les deux représentations du personnage supposé mythique, surtout cyclique, dont la double profession d’exhumation et de transmission, puisqu’archéologue puis pédagogue, s’avère en soi symbolique. Au moment présent de l’hégémonie numérique, Dorian Gray peut aller ailleurs se damner, se faire tirer le portrait c(r)aché, contaminé, Harrison Ford retrouver sans effort sa force, les outrages du grand âge de la suite touristique, située du côté de Tanger, aux cascades bondesques (studios de Pinewood compris, pardi), réminiscences de celles de Rémy Julienne, compensés par la soli...

La Défaite de la pensée

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  « Évolution » ? Évaluation. Magritte ? Ma trique...   Fi de la difficile philosophie, du plébiscite surprise du narratif, à défaut de festif, Le Monde de Sophie , en sus de tous vos soucis, ennuis, maladies : voici l’ami des fourmis dans les pas de Paulo Coelho illico . Le Livre du Voyage , en vérité subjective digne d’être réintitulé Le Vide du viandage , (r)appelle à l’impitoyable parallèle : d’un côté l’admirable montagne de Ainsi parlait Zarathoustra , de l’autre la colline collective de L’Alchimiste , itou best-seller de naguère. Le bréviaire scolaire de Werber s’inscrit au sein malsain de ces ersatz de masse et d’impasse, dont la dimension de sagesse existentielle ne dépasse les concons conseils d’un pensum de développement personnel. Si le tracé du lecteur mis en abyme, qui ne souhaite surtout pas susciter sa déprime, déconseillé pour les ventes, tu penses, ou plutôt tu t’en abstiens, moyen de rester serein, évoque le CV en accéléré, un br...

Ballade de Jim

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  Enfoncer des portes ouvertes ? Défoncer les idées (dé)faites… Un demi-siècle après la disparition de Morrison, que demeure-t-il encore des Doors ? Des pistes épiques, dénommées  Light My Fire , The End , When the Music’s Over , The Soft Parade , Riders on the Storm  ; un biopic hyperbolique, au risque de l’anecdotique ( The Doors , Stone, 1991) ; des recueils de lyrics ou de textes tout sauf prétextes, édités autrefois chez Christian Bourgois ; une biographie de référence, à l’intitulé référentiel en effet ( Personne ne sortira d’ici vivant du tandem Jerry Hopkins & Danny Sugerman) ; un estimable essai en plus pionnier ( Jim Morrison au-delà des Doors de Hervé Muller) ; le Vietnam et ses états d’âme, par Coppola ( Apocalypse Now , 1979) puis De Palma ( Outrages , 1989), in extremis Zemeckis ( Forrest Gump , 1994), sillage de Scorsese, portier au singulier ( Who’s That Knocking at My Door , 1967) ; une fiction imparfaite...

Projet X

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  Un métrage, une image : Les Aventuriers de la 4 e dimension (1985) Comme dans Carrie (De Palma, 1976), un beau gosse moins blond que Tommy Ross redécouvre une « vieille fille », apprend à l’apprécier, à l’embrasser, se et lui demande comment ils purent ainsi passer quatre années, assis sur des sièges de lycée, sans se parler, à se croiser sans se rencontrer : et si, finalement, ce récit de temps « déraillé » se résumait à celui perdu, qui ne reviendra plus, oui-da, Barbara, à celui gagné, ensemble, à la sueur du front, au nom de l’émotion ? En apparence chaînon manquant entre Retour vers le futur (Zemeckis, 1985) et Jurassic Park (Spielberg, 1993), Les Aventuriers de la 4 e  dimension s’avère aussi une romance sincère et tendre, un sympathique opus sur le passage à l’âge adulte rempli de drolatique tumulte. Tandis que son professeur « gauchiste » nourrit sa nostalgie, Dennis Hopper déjà drogué au gaz, un an avant le ravis...