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Affichage des articles associés au libellé Peter Watkins

Le Médecin imaginaire

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  Un métrage, une image : Molière (1978) Pendant l’épilogue, la troupe en groupe piétine, à l’image du film, comme placée sur un escalator au sens inversé, prière de ne point pouffer, essai très raté de pathos sur du Purcell, cinq ans avant l’emploi surprenant et inspirant de Pialat ( À nos amours , 1983), cinéaste mélomane qui accompagne sa sirène Sandrine de la valeureuse version de Klaus Nomi, oh oui. Blanchi et rougi, en sursis, à l’agonie, Caubère ressemble un brin au Joker, mais ce chemin de croix laïc, merci aux religieux hypocrites, idem tragi-comique, ne se soucie de psychologiser une sociétale insanité, davantage de décrire une France déjà fracturée, puisque provinciale et royale, de famine et de fête, « d’errance » et d’arrogance. La fifille d’Alexandre Mnouchkine, lui-même de Lelouch à plusieurs reprises le producteur, se fait ici renvoyer l’ascenseur, bénéficie du fric des Films 13, de celui aussi d’Antenne 2 et de la RAI. Linéaire et scolaire, so...

La classe ouvrière va au paradis

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  Un métrage, une image : Les Camarades (1963) Pour Jacqueline, camarade cinéphile Comédie (mélo)dramatique en sourdine drolatique, Les Camarades (Mario Monicelli, 1963) se termine en déprime : le gosse déscolarisé se met à travailler, à franchir en dernier, derrière les adultes, après le tumulte, les grilles vite refermées, usine d’hier, insulaire, cellulaire, fissa substitué à son frère à terre, mortellement touché par le « feu à volonté » de l’armée, sur lequel s’ouvrait, deux heures dix auparavant, l’épopée d’antan. À la découvrir aujourd’hui, restaurée, numérisée, à moitié par TF1, ils ne redoutent dégun, elle paraissait programmée pour l’insuccès, trop amère, trop en colère, pas assez solidaire ni révolutionnaire. Pas encore cancéreux, hospitalisé, suicidé, le cinéaste chronique un échec collectif, donc individuel, l’immortalise et le magnifie, très beau boulot du maestro Rotunno ( Rocco et ses frères , Visconti, Hier, aujourd’hui et demain , De...

Le Docteur et les Assassins : Soigner le ciné en société

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Récoltes dérisoires, grains de guérisons… 1 Le cinéma est essentiellement révélateur de toute une vie occulte avec laquelle il nous met directement en relation. Mais cette vie occulte, il faut savoir la deviner. Il y a beaucoup mieux que par un jeu de surimpressions à faire deviner les secrets qui s’agitent dans le fond d’une conscience. Le cinéma brut, et pris tel qu’il est, dans l’abstrait, dégage un peu de cette atmosphère de transe éminemment favorable à certaines révélations. Le faire servir à raconter des histoires, une action extérieure, c’est se priver du meilleur de ses ressources, aller à l’encontre de son but le plus profond. Voilà pourquoi le cinéma me semble surtout fait pour exprimer les choses de la pensée, l’intérieur de la conscience, et pas tellement par le jeu des images que par quelque chose de plus impondérable qui nous les restitue avec leur matière directe, sans interpositions, sans représentations. Artaud, 1927 Nous approchons d’une époque ...