Articles

Affichage des articles associés au libellé Michel Franco

Casse-tête aztèque

Image
  Exils # 36 (06/06/2024) You've got your orders better shoot on sight Your finger's on the trigger but it don't seem right […] Night is falling and you just can't see Is this illusion or reality? Status Quo, In the Army Now   Kubrick au Mexique ? Oui et non, nuançons. Donc du cadre, du steadicam , de la dolly , des mecs en uniforme, que l’on (dé)forme et réforme, (presque) à l’infini, (jusques) à la folie, putain de « poulains » – une pensée pour la « Baleine » de Stanley – à dompter, in fine à (dé)monter, le suave et salaud Sierra (sosie de Martin Sheen) de ce vrai-faux Full Metal Jacket (1987) (de là-bas) s’avère vite « être de la jaquette ». Moins instructeur hurleur que le mémorable R. Lee Ermey, moins amusant, davantage avenant et ambivalent, il conseille à Luis (sosie de David Carradine), une main sur sa cuisse, d’abord d’étrangler sa copine, ensuite de la sodomiser. À la fin du film, il mettra sa tactique en pratique...

Mano de obra : Travaux

Image
  Squatteurs de caveau, (dé)construction des idéaux… Bande-annonce d’à moitié mensonge, car Mano de obra (David Zonana, 2019) ne se résume pas à un tendu thriller entre un ouvrier vénère et un impitoyable propriétaire. Ceci survient, voire s’évacue, vite, autant que la chute du vrai-faux alcoolisé, dès le premier plan pondéré, harmonie masculine immédiatement minée, mystérieux traumatisme originel jamais surmonté, même si au final instrumentalisé. En effet Francisco se remet fissa du double fiasco, il supprime subito l’assassin désinvolte, par procuration, de sa belle-sœur enceinte, pauvre Lupe dépourvue d’indemnités, pendue puisque désespérée. Une fois la corde (de la discorde) mise en commun, seconde pendaison de saison, à présent en appartement, l’intrus s’improvise parvenu, incite ses potes à s’installer au sein de la piaule luxueuse, coûteuse, géométrique, en fabrique, de l’esseulé décédé. Le farniente en jacuzzi ne lui suffit, il monétise des meubles du mort, il passe un...

Heli : From Hell

Image
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Amat Escalante. Comme Irréversible , Heli commence par la fin, plus exactement par le milieu ; comme Irréversible , il s’apparente à un voyage au bout de la nuit vers une possible lumière. Les deux films s’achèvent sur deux femmes violées, allongées, ensommeillées, mais l’Alex de Noé ignore encore l’enfer qui l’attend, tandis que l’Estela d’Escalante cherche à l’oublier durant une sieste sur canapé à côté d’un bébé (son neveu), à peine troublée par un souffle d’air venu d’une fenêtre aux allures de cellule. Depuis la chambre, on entend les ahanements des amants-parents, peut-être réconciliés, en tous cas réunis au lit, après la justice expéditive, définitive, en steadicam et surcadrage en mode La Prisonnière du désert , de Heli parti venger sa sœur mutique et néanmoins dessinatrice (de plan éclairant). Au début, donc, une camionnette transporte le protagoniste groggy et le flic naïf en p...

We Are the Flesh : Carne

Image
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Emiliano Rocha Minter. Brutal et sentimental, Tenemos la carne (possession et non identification, a contrario de l’intitulé international), fait penser à du Gaspar Noé délocalisé à Mexico, où ne sévit plus le chanteur homo de Luis mais un certain Mariano, ermite lubrique et père pervers. Un beau jour, Fauna & Lucio (surnommé Lucifer par sa sister , Skeletor par l’ogre « romantique ») s’invitent dans son appartement en ruines, au décor de déliquescence calqué sur le cabinet des jumeaux-gynécos de Cronenberg ( Faux-semblants , autre conte d’utérus et de triolisme). De la nourriture et un abri, d’accord, il va falloir cependant bosser, les enfants (errants), édifier une grotte en bouts de bois, emballages d’œufs et chatterton à foison. Dans cette caverne molto utérine, très peu platonicienne, quoique, nos trois protagonistes vont pouvoir se livrer à une sorte de cérémonie secrète ...

Alucarda, la hija de las tinieblas : Le Couvent

Image
Une jeune veuve à la chevelure préraphaélite nous invite à écouter les voix du passé… Voici un grand petit film d’hystérie collective, autant féminine que masculine, à faire passer fissa Les Diables de Ken Russell pour un aimable modèle de mesure cartésienne. Le découvrir (en onirique VO postsynchronisée) une quarantaine d’années après sa sortie controversée, oubliée puis louée en culte déviant, dans une sorte d’effet miroir de l’argument, revient à contempler, souriant et sidéré, un inconscient national à ciel ouvert, dans le double huis clos de l’écran et d’un couvent. Juan López Moctezuma non seulement sait se servir d’une caméra – remarquable panoramique circulaire à 360° sur l’assemblée au bord de la crise de nerfs, assemblage virtuose de monologues ou d’arias – mais encore il implose les limites de son budget, deviné étriqué, autant que celles de la bienséance, au cinéma et au-delà. Œuvre de son époque, Alucarda, la hija de las tinieblas peut faire penser aux happenin...

Después de Lucía : Graine de violence

Image
Non ma fille tu n’iras pas danser , plutôt subir les infamies de tes féroces camarades (de classe), avant, espérons-le, de renaître à toi-même… D’une voiture accidentée, remise à neuf, impossible à conduire, à une fille jeune et jolie sciemment, méthodiquement, détruite, puis renaissante ; entre les deux, le chemin de croix laïc ( climax à Veracruz), le calvaire profane (et banal, nous dit la fameuse/fastidieuse « rubrique des faits divers ») d’une sirène masochiste, orpheline, in fine solitaire mais résiliente, endormie sur un grand lit sans drap, se nourrissant de yaourts au sein d’une maison (la sienne, ancienne ?) squattée par la fenêtre ; à son côté, un père (doublement) endeuillé, incapable de supporter les conversations sur le mariage de ses marmitons, qui pleure, brièvement, en rangeant ses nouvelles casseroles dans sa nouvelle piaule de la capitale (de Puerto Vallarta vers Mexico, du surf au meurtre), qui finira par jeter à l’eau, pieds et...