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L’amour vient en chantant + Ô toi ma charmante : Austerlitz + L’Éducation de Rita

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Fred & Ginger ou Adele, Eleanor, Judy, Cyd ? Fred & Rita, voilà… Ce qui rend ces instants émouvants ? Sans doute la sincérité du simulacre. Du glamour au mensonge, il suffit d’un pas, bien sûr « de deux », mais l’imagerie de la « comédie musicale » ne relève de l’anecdotique, davantage de l’héroïque, chaque artiste une sorte de Sisyphe, qu’il faut en effet, comme chez Camus, imaginer heureux, ici, maintenant, sous nos yeux souvent si malheureux. La tristesse, Rita la connaissait, la vécut toute sa vie, en vérité, jusqu’à ne plus se souvenir de rien, maudite, magnanime décharge des chagrins. Cependant ce diptyque un peu exotique, au succès suranné, donne à (re)voir, sinon à saluer, une victime avérée, irréductible à sa douleur, moins encore à sa beauté brune de « bombe » anatomique puis atomique. Abusée dès l’enfance par son père (im)pitoyable, plusieurs fois mal mariée, Rita trouva néanmoins le moyen de se réinventer, d’afficher en filigr...

Le Grand Restaurant : Soul Kitchen

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Mets réchauffé ? Plat sympa… Si Charlie Chaplin, à l’occasion du précurseur (courageux) Dictateur (1940), portraiturait un Adolf Hitler dédoublé, solitaire, destiné à perdre (la raison, un ballon), in extremis rédimé, au moins sous les traits de son imitateur (voire l’inverse) sémite, via un discours à l’humanisme lacrymal, Louis de Funès, dirigeant Le Grand Restaurant (Jacques Besnard, 1966), donne dans le bref, le modeste, le souvenir, le rire (vingt-et-un ans) après le pire. Ce projet personnel, pensé, repensé, retardé, concrétisé grâce à son statut de star , accessoirement co-écrit par les soins du principal intéressé, outre une satire (assez) savoureuse des mœurs d’un établissement gastronomique, en sus d’une méditation en action(s) sur la démission (présidentielle), constitue, en tout cas durant une scène (de recette) célèbre, une sorte d’avant-goût de La Grande Vadrouille (Gérard Oury, 1966), comédie révisionniste sortie dans la foulée, la même année, vouée a...

Sept ans de malheur : Le miroir se brisa

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Moustache en stéréo, papa par procuration de Charlot, trésor transnational bancal… Dans le miroir de Max Linder, auteur/producteur/réalisateur lui-même divisé, en acteur renommé, en personnage homonyme, pas de vrai fantôme, seulement un faux reflet, une réplique infidèle, une apparence d’évidence, entre ressemblance et désobéissance, celle d’un domestique mimétique, remarquable Harry Mann. Morceau de bravoure vite deviné, érigé sur du verre brisé, sur une symétrie jolie, la célèbre scène du rasage, salut au sanglant Scorsese ( The Big Shave , 1967), s’étire et cependant ne rase jamais, se conclut sur un coup d’éclat, nouvelle glace remplacée fissa, cette fois-ci fracassée par le friqué dessillé himself , en haut-de-forme, au matin plus très en forme, après sa soirée alcoolisée, d’adieu au célibat, les gars. Le futur marié peut tanguer, confondre placard et fenêtre, la caméra ne flanche pas, accumule les figures géométriques millimétrées, par exemple, tout premier plan, cercle...