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Extension du domaine de la lutte

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Comptabilité spectrale, anniversaire de circonstance, projection(s) de saison. Le Miroir des fantômes existe depuis maintenant quatre ans, puisqu’un texte consacré à A Touch of Sin (Jia Zhangke, 2013) en constitue la toute première publication, datée du 6 juillet 2014. Neuf cents successeurs ensuite, il semble d’actualité, sinon judicieux, de rappeler que les services, voire sévices, de votre serviteur sudiste, au pedigree portuaire, ne se résument pas à ce navire amiral, que de multiples bâtiments, certes moins imposants, ornent la flotte en ligne, pêche à la ligne tout sauf industrielle, professionnelle, dirigée par le plein plaisir d’écrire, de célébrer, de partager, parfois, rarement, peu de goût ni de temps, de démolir les médiocres idoles de la modernité ou du passé. Sur mon miroir fantomatique et anatomique, vous trouvez des albums, de l’art graphique et numérique, des « bandes originales », des billets, des chroniques, des occurrences du cinéma français, c...

Les Aventuriers de l’arche perdue

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Décalogue, divorce, documentaires, « documenteurs », « cinéma-vérité », vérités ou mensonges, alliance et résistance… Le documentaire présuppose une réalité à documenter. Il prône volontiers l’objectivité ou, selon la formule lapidaire et visionnaire de Vigo, le déploiement d’un « point de vue documenté ». La subjectivité, peut-être, le récit, pourquoi pas, mais non à la fiction, à la représentation – tout se passe en témoignage, en instant « saisi sur le vif », en « moment(s) de vérité » à savourer sans acteurs, sans scénario, sans autre filtre que la transparence du réel présenté dans son immédiateté, sa vraie véracité tautologique. Le procès-verbal rejoint le processus de « captation » et s’incarne en lui ; la mimesis s’efface devant la praxis. Les real people réclamés par Cassavetes s’expriment face à la caméra, nous regardent à travers elle directement dans les yeux, abattent allègrement un « quatrièm...

The Collector

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             Je collecte, tu commentes, nous colportons nos émotions… Selon leur éducation, leur horizon, leur prédilection, les cinéphiles penseront à William Wyler ( L’Obsédé , adaptation française trop explicite, presque un contresens), à Brad Armstrong (de l’usage d’une brosse à cheveux et de masques tribaux dans le X US + Jessica Drake for ever ) ou à Éric Rohmer, adepte reconnu du classement ludique. La collection, on le sait, peut vite virer à la compulsion, à l’obsession (justement), à l’embaumement des papillons. Au siècle dernier, on assemblait les VHS, puis vinrent les DVD, désormais les BR. L’avantage d’une anthologie en ligne saute au visage avec la même vélocité que la superbe et terrible créature de Giger perforant le sternum du bien nommé John Hurt : fini de tapisser les murs avec des souvenirs portatifs ; oubliée, la question (et la gestion) de l’espace (domestique, pas stellaire). Le numérique, work in progress à...