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Affichage des articles associés au libellé Elia Kazan

Airport

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  Un métrage, une image : Dans la souricière (1959) À la suite du Fils (Pierre Granier-Deferre, 1973), retour de long cours, reflet de frères fraternels guère, belle-sœur de bonheur-malheur, chevelure à chavirer, viol conjugal à éviter. La pancarte patraque le matraque à Widmark : « All laws strictly enforced », à Tula, ça rigole pas. Western moderne, dont la dimension œdipienne s’inspire à l’évidence de celle du récent À l’est d’Éden (Elia Kazan, 1955), The Trap piège le spectateur dès le début bienvenu, jusqu’à l’épilogue over the top , en écho a contrario au nordiste Hitchcock ( La Mort aux trousses , 1959). Le caïd à transalpin patronyme, désenchanté, de sa réputation de « démon » et de ses rivaux rajeunis « fatigué », veut s’enfuir via un avion d’occasion, au sein d’un désert austère, carrément caniculaire, ses types postés sur les collines, idem déguisés en flics hypocrites. L’avocat en costard doit servir de guide, conva...

Miami Vice

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Un métrage, une image : Deux super-flics (1977)  Pour mon père On sourit assez souvent, estival, indulgent, à ce divertissement, en effet « bon enfant », comme si soudain, de façon impossible, Sur les quais (Elia Kazan, 1954) croisait Scarface (Brian De Palma, 1983). Un chômeur mutique rencontre un « clandestin » charismatique. Les affamés de Floride contredisent fissa que « l’habit ne fait pas le moine », démontrent que l’uniforme fait le (vrai-faux) flic. Bye-bye au braquage du fourgon blindé, a priori rempli du fric du supermarché, vive les délices de la sudiste, sinon raciste, police. On s’en souvient, le Charlie Chaplin du  Kid (1921) affrontait un officier, signature de la nature anarchiste de l’imagerie humoristique. Ici aussi, on devine vite la rive du mélodrame, car notre tandem récalcitrant, faisant tout pour se faire virer, vient in fine en aide à une famille « d’étrangers », terme à relativiser, surtout ...

La Vallée de la peur : Camera Obscura

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  « Les hommes doivent trouver en eux leurs réponses » ou périr au piège du pedigree . D’un Détour (Edgar G. Ulmer, 1945) à l’autre : on retrouve dans La Vallée de la peur (Raoul Walsh, 1947) un récit ressassé, une histoire intériorisée, une masculinité passive, une féminité active, des Euménides plus ou moins magnanimes et un Œdipe idem adopté, cette fois-ci délocalisé du côté de Santa Fe, ouf, olé. Niven Busch scénarisa Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946), écrivit aussi Duel au soleil (King Vidor, 1946), alors (re)voici du destin et du SM, en sus de Teresa, son épouse de l’époque, placée au générique et sur les affiches avant Mister Mitchum, fichtre. Les correspondances se télescopent, puisque Judith Anderson joua dans Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940) et Teresa Wright dans L’Ombre d’un doute (Alfred Hitchcock, 1943), puisque une lampe nocturne portée rappelle le célèbre verre de lait de Soupçons (Alfred Hitchcock, 1941), puisque...

The Monster : Mon bébé

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Femme au volant, amour au tournant… Why don ’ t you love me, Mama? Tippi as Marnie Une mère, sa fillette, leur voiture, la forêt, de nuit, sous la pluie et, tout autour, la peur provoquée par la présence d’un prédateur. Aucune aide à attendre des secours, dépanneur sympa ou ambulanciers retardés. Des souvenirs amers, violents, parsèment le présent, comme si le monstre du titre, du récit débuté en voix off enfantine, après un carton de comptine anonyme, renvoyait aussi vers la génitrice juvénile, malhabile, maltraitante, bouteilles vides et gifle rapide comprises. À la fois Fantine & Thénardier, la femme ne se lève plus, finira définitivement couchée, vomit, se fait dévorer, ne voit pas, ensommeillée, le couteau sous sa gorge tenu par sa gosse, enragée. Durant sa dernière apparition, post - mortem , réminiscence-rêve, elle caresse Lizzy au lit, protégée par le drap, elle encourage son visage, tu deviendras tellement meilleure que moi, crois-moi, elles partagent de...

L'important c'est d'aimer : Trois cinéastes et leurs muses

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À l’heure où sort dans les salles obscures le dernier opus solaire du couple, à la ville et à l’écran, Ariane Ascaride/Robert Guédiguian, retour rapide, en quelques lignes et souvenirs, sur trois autres « couples de cinéma » célèbres et féconds. Si les films exercent leur pouvoir de séduction, auprès des spectateurs, grâce aux actrices, autrefois déesses inaccessibles, « divines » créatures (et créations) défilant sur le boulevard du crépuscule dans les faisceaux en noir et blanc de projecteurs liturgiques, leurs vies fabriquées par la presse à scandale d’alors, avec ses sommets et ses chutes – car le  système des stars , en particulier, et celui de l’économie du cinéma, en général, ne font guère preuve de mansuétude ni de pitié, toujours à l’affût de la nouvelle  fille , du nouvel aimant à billets verts ou pas –, les réalisateurs, souvent, succombent volontiers au charme de leurs interprètes, y contribuent, les magnifient en gros plans hypnotiques, e...