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Affichage des articles associés au libellé Don Sharp

Les Pirates du diable : Et par ici la sortie

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Comment comprendre l’ésotérique Brexit  ? En recourant au cinématographique…   Métrage Hammer méconnu, Les Pirates du diable (Don Sharp, 1964) s’apprécie avec modestie, en fable affable, en pertinent petit traité de politique, presque passé inaperçu, hélas. Façonné par des familiers de la firme, dont Jimmy Sangster au scénario, Michael Reed à la direction de la photo, Rosemary Burrows aux costumes, Bernard Robinson aux décors ou James Needs au montage, l’ opus plaisant repose sur un argument guère morose, à base de mensonge, d’occupation, de collaboration, de résistance. « Toute ressemblance » avec la situation et les souffrances de la France des années 40 ne relève pas de la coïncidence, plutôt de la correspondance, comme si notre meilleur ennemi, de « perfide Albion », se posait, à distance, les mêmes questions. Face à Christopher Lee, ici délesté de ses canines et de sa cape de comte des Carpates, toujours aussi aristocratique, désormais hisp...

La Légende des sept vampires d’or : Il était une fois en Chine

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Quand un vampire plagie Shakespeare, mieux vaut se carapater près de Pékin, putain. La mondialisation préexiste à son nom et la fusion des « genres » surprend seulement les taxinomistes. La cape du comte à canines épouse les épées des artistes martiaux locaux, le wu xia pian chinois accueille le gothique britannique : so what  ? Nous voici revenus en 1974 et le film de la Hammer, de la Shaw Brothers, témoigne autant du cinéma d’alors que de la société du passé. Dans le sillage lucratif du davantage individualiste Opération Dragon – Bruce Lee s’y mire et s’y démultiplie en coda, narcissique sur le point de décéder –, La Légende des sept vampires d’or atteste du succès occidental de la cinématographie d’Asie et adresse des clins d’œil contrastés au féminisme de la décennie. La vie imite l’art, pas l’inverse, nul ne l’ignore depuis Oscar Wilde, aussi la décision du déclinant studio insulaire de s’expatrier loin de la Tamise miroite l’exil intéressé de l’aris...

Le Baiser du vampire : Marianne de ma jeunesse

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Embrasse-moi, idiot , commandait Kim Novak ; à tes risques et périls, corrige Sabine.   « Do you know what a vampire is ? » : oui, merci, cher professeur Zimmer, on commence à bien connaître les princes des ténèbres, même ceux se déplaçant en plein jour, au moins par temps gris, et pourtant Le Baiser du vampire parvient à surprendre, à séduire, à se lire de diverses manières. Le cinéma ne raconte rien, y compris celui qui paraît le plus narratif ; par contre, il matérialise des intériorités, il remake des mythes, il témoigne de son époque de production. En 1963, Don Sharp met en images pour la Hammer un scénario de John Elder, pseudonyme d’Anthony Hinds, l’une des têtes pensantes et produisantes du studio. Secondé par Alan Hume à la direction de la photographie, James Bernard à la musique, James Needs au montage, Bernard Robinson aux décors et, last but not least , Molly Arbuthnot aux costumes, l’auteur de Taste of Excitement (1969) et Bear Isl...

Taste of Excitement : Eva

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Jeanne Moreau relookée par Joseph Losey ? Une disparue gracieuse et valeureuse. Elle roule en rouge Mini, Eva Renzi, elle roule sur une route étroite des Alpes-Maritimes, elle roule vers l’Italie terrorisée de L’Oiseau au plumage de cristal . Plus tard, elle apparaîtra dans un Doillon, bon, même dans Papa Poule à la TV, ouais, plus tard, elle succombera à un cancer, peut-être de fumeuse, plus tard j’écrirai sur elle, en 2018, à propos d’un film qui sent la fin des années 60, la fin de la fausse insouciance, la French Riviera perçue par un regard britannique. Don Sharp, récemment croisé, enneigé, à l’occasion de Bear Island , prend un bain de soleil en bord de mer, insulaire presque incognito, peu de choses à lire en ligne, personne pour le confondre avec le Hitchcock de La Main au collet , malgré un décor raccord, un argument de suspense et un glamour pour ainsi dire naturel, au cours d’une production à petit budget riche en production values , comme disent les inside ...

Bear Island : De l’or pour les braves

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Aucun ours en vue et rien ne vaut la Skull Island de nos enfances. Bear Island – rebaptisé en français Le Secret de la banquise , tant pis pour la pyramide de Barry Levinson – débute dans l’immensité glacée de The Thing , tourné itou en Colombie-Britannique et en Alaska : un skieur à la James Bond, emprunté à L’Espion qui m’aimait , sorti deux ans plus tôt, se fait écraser en replay par un drôle de véhicule amphibie muni d’un gros ventilo. À défaut de SF paranoïaque, il faudra se contenter d’un whodunit sur fond de nazisme, adapté d’un titre d’Alistair MacLean, notamment auteur des Canons de Navarone et de Quand les aigles attaquent . Comme n’importe quel film catastrophe de la décennie 70, le sage métrage de Don Sharp, dont on visionna naguère en DVD le sympathique et très anecdotique Masque de Fu-Manchu , avec son Mister Lee idem moustachu, comporte sa cargaison de stars en mauvaise posture, non plus victimes du sort incertain ou de l’hubris humaine mais d’une ch...