Articles

Affichage des articles associés au libellé Ivan Reitman

Épouvante impuissante

Image
  Exils # 137 (22/10/2025) Cafi d’informations, dont beaucoup en voix off , le prologue de Pompoko (Takahata, 1994) épuise vite, on se dit que le film ne va pas pouvoir tenir un tel rythme, mais il y arrive, fi du contemplatif. Si le synopsis paraît anticiper celui d’ Arrietty : Le Petit Monde des Chapardeurs (Yonebayashi, 2010), la (re)découverte consensuelle des espèces cède ici sa place à une guerre ouverte, sinon une lutte des classes, dont l’issue prévue et perdue dessine en définitive un joli génocide. Chronique historique d’une disparition programmée, ce requiem jamais blême, constamment amusant, ne succombe à la mélancolie, dépasse la problématique écologique, tarte à la crème de la mauvaise conscience moderne. Ce qui se joue sous les yeux ravis, jeu sérieux délesté de l’esprit homonyme, relève du réflexif, de la résistance, de la transcendance. Le baroud d’honneur devient un bagout d’horreur, la technologie détruit la magie, les Mohicans japonais se font fissa dég...

Furst and Furious

Image
  Exils # 23 (04/03/2024) Burton un brin de Batman se balance, se soucie à demi de sa « souris volante », sinon comme (Love, Prince en pince, Kim opine) symbole d’anormalité normalisée, soumise aux mondanités, Bruce l’argenté matrice d’Edward aux mains argentées ; le défilé friqué, à pognon empoisonné, à « mourir de rire », indeed , évoque davantage Les Rapaces (von Stroheim, 1924) que la conclusion à la con du capitaliste Alice ( au pays des merveilles , 2010), remémore idem le bibendum maléfique du contemporain SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), maousse némésis en rime. Exit donc le nihilisme à la Miller puis le psychologisme à la Nolan, même si revoilà le trauma , éternelle tarte à la crème d’un certain cinéma des USA (du chocolat à carie de Charlie, oh oui), bien sûr à dépasser, à trépasser, tel le Jack dédoublé, auquel son rire increvable et mécanique cependant survit. Tout ceci se situe in extremis , sans malice, au sommet ou sur le seuil de la...

« Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre… »

Image
  Une heure d’extraction, des heures de questions… La séquence surprend, sinon sidère, durée prise en plongée depuis les airs, disons en drone ou bien hélicoptère, société du spectacle patraque et d’insanité spectaculaire, scène presque obscène de télé-réalité ensoleillée, pasteurisée, découverte en direct d’une procédure peut-être suspecte, propice à produire le soupçon de la conspiration. À l’instar du snuff movie façon John Fitzgerald Kennedy, assassinat ça va de soi, pas le premier ni le dernier là-bas, immortalisé naguère par les fameuses images que filma le zélé Abraham Zapruder, il manque un plan, il manque le contrechamp, angle mort au creux du décor, à cause duquel peuvent aussitôt se lever les vents mauvais des hypothèses plus ou moins balèzes, des théories plus ou moins rassies, des explications de raison ou de déraison plus ou moins à la con. En écho au fiasco de l’info d’autrefois, donc au cas d’école de l’exécution de JFK, ce sauvetage génère (DeGeneres) le ramag...

Le Portrait de Dorian Gray

Image
  Conte comique, d’esthétique et d’éthique… « One man. One masterpiece. One very big mistake » affirme l’affiche. Les psys apprécient : l’homme en somme semble un enfant trop grand, le chef-d’œuvre vandalisé, à l’insu de son plein gré, dissolvant à éviter, CQFD, s’appelle en sus La Mère de Whistler , tout ceci sent ainsi l’acte manqué maternel, le complexe d’Œdipe à la truelle, de peintre en bâtiment, évidemment. Au côté de l’excellent Rowan Atkinson, croisé naguère chez Kershner ( Jamais plus jamais , 1983), Roeg ( Les Sorcières , 1990), Abrahams ( Hot Shots 2 , 1993) ou Kerr ( Johnny English contre-attaque , 2018), surprenant et impeccable Maigret à la TV, on reconnaît Peter MacNicol, déjà là au sein de SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), autre histoire de tableau à rendre marteau, moins emblématique, plus maléfique, aussi peu humoristique, où il incarnait encore un conservateur de musée dépassé, téléguidé, style Renfield, par un étrange étranger. Remarquez illic...

Hérédité

Image
  Un métrage, une image : Bloodline (2019) Bouse de Blumhouse ? Réponse à distance au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Jeunet, 2001). Filmé par un admirateur du cinéma de Brian De Palma, remarquez les clins d’œil à Carrie au bal du diable (1976) et Pulsions (1980), du split screen , in extremis , l’utilisation, ce conte tendu et sarcastique possède un titre explicite, à la fois de lignage et de sillage. Bloodline (Jacobson, 2019) nous escorte donc à la rencontre de Cole, « assistant social » altruiste, père protecteur, mari amoureux – mais finalement aussi dément que sa rousse maman. Elle-même s’occupe de son côté d’une infirmière guère exemplaire, dont la nudité frontale et dorsale risque d’irriter les cinéphiles féministes. Entre deux égorgements, entre deux enterrements, on ne se détend, on suspecte un inceste, on se souvient du géniteur de malheur, fissa enfoui au sein d’une fosse, à proximité d’anonymes prédécesseurs. De mère en fils s’exerce ains...

Johnny English contre-attaque : L’Espion qui venait du surgelé

Image
Révolutionnaire ? Réactionnaire. Réussi ? À demi… L’État, c’est moi. Louis XIV « Nous menons cette mission à l’ancienne » : le spectateur avise vite que l’analogique affronte le numérique, que le réel se confronte au virtuel, que l’antique Aston polluante, en panne d’essence, défie tous les bolides écologiques, en sus de reformuler, en rouge, la course du lièvre et de la tortue. Dans Johnny English contre-attaque (2018), le corps résiste encore, face à l’emprise et à l’empire du traitement des données mondialisé, menaçante superstructure intangible sise au-dessus des idéologies, des géographies, dont le VRP trop parfait, dénommé Volta, comme la pile homonyme, atteint d’hubris, de malice, singe le Snake Plissken de Los Angeles 2013 (John Carpenter, 1996), coupe le courant et renvoie l’Europe à son obscurité de continent attaqué, immobilisé, assisté, dépassé. En pleine Écosse maritime, réminiscences de Fantômas contre Scotland Yard (André Hunebelle...

Evolution : Arizona Dream

Image
Menace spatiale et glace anale… Disons qu’il s’agit d’une comédie scientifique et scatologique assez divertissante, mais plus modeste et moins réussie que SOS Fantômes , dont elle s’inspire pour le meilleur et le pire (préférer la brune Sigourney Weaver en robe du soir à la rousse Julianne Moore en porte-jarretelles ne saurait s’assimiler à de la muflerie, les deux actrices rivalisant de charme et surtout de talent). Ni sarcastique à la Tim Burton ( Mars Attacks! ), ni intergénérationnel à la Barry Sonnenfeld ( Men in Black ), le producteur des deux premiers longs métrages du compatriote David Cronenberg ( Frissons + Rage , notez en outre la concomitance de Faux-semblants et Jumeaux , tous deux sortis en 1988, ainsi que le clin d’œil over the top du moustique rectal à La Mouche ), de l’unique film en anglais (raté) de Chen Kaige ( Feu de glace ), fit (un peu) mieux (quoique) trois ans plus tôt avec 6 jours, 7 nuits , mélange américain des hexagonaux Le Sauvage (Cather...

Les Vestiges du jour : Temps et Cinéma

Image
Face au retard essoufflé du lapin d’Alice, montre en patte, le « septième art » (funéraire) nous confère toujours une avance (sur recettes) sur l’avenir et par conséquent donne à voir l’expérience itérative de notre propre trépas unique. Le Temps hors cinéma On ignore combien de minutes vous prendra la lecture de cet article vite écrit (vivons lentement, pensons rapidement), mais entre le premier mot et le dernier – Poe réclamait de le connaître, voire de commencer par lui, de remonter le récit, sinon l’écriture de celui-ci –, un moment devrait advenir, surviendra – cold fact , voilà, pour reprendre les termes du Rodriguez de Sugar Man . Pas si « froid », factuel, avéré, cependant, car la physique quantique (ou son extrapolation) postule une sorte d’éternité aux mille possibles coexistant, aux réalités associées, en parallèle, passé, présent, futur soumis à la mémoire, à la conscience, à l’imagination. Tout, dès lors, se réduirait, se révélerait in...