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Affichage des articles associés au libellé David Leland

Balade entre les tombes : La Source des femmes

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Suite à son visionnage sur le site de C8, retour sur le titre de Scott Frank. Comme dans un Bond, le meilleur réside dans le générique : un corps féminin morcelé paraît caressé dans une éternité immaculée, avant que deux visages masculins ne suscitent le soupçon, avant qu’un court panoramique ne révèle un bâillon en chatterton , avant que les doigts ne s’enfoncent dans la chair trop claire de la victime terrorisée, condamnée. On reverra plus tard, brièvement, la jolie finlandaise Laura Birn à l’arrière d’une camionnette, torturée par les deux ravisseurs, filmée en vidéo et observée dans le rétroviseur par un amoureux armé de bonnes intentions infernales. Le témoin suicidaire sort aussitôt du véhicule et le film fait de même, pour ainsi dire, comme si sa propre noirceur l’effrayait, comme s’il se retrouvait au bord de l’irreprésentable. Ailleurs, plus tôt et plus tard, une épouse et une fille, toutes les deux idéalisées au ralenti, mannequin chic ou Chaperon rouge à chaper...

Sans identité : L’Homme qui voulait vivre sa vie

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Suite à sa diffusion par TF1, retour sur le titre de Jaume Collet-Serra. Un tueur professionnel amnésique se prend pour sa « couverture » et paye le prix de la fiction : via ce postulat méta en rime avec Graham Greene ( Notre agent à la Havane ) et Philip K. Dick ( Substance Mort ), l’auteur des réussis La Maison de cire et Esther (vanté ailleurs sur ce blog ) poursuit une intéressante réflexion sur les apparences souvent fallacieuses et l’identité toujours incertaine. Pas de statues trop humaines ni de naine déguisée en gamine mais un accident (temps aussi suspendu que dans Inception ) et un coma à la Dead Zone , une clandestine de Bosnie – pas de papiers, pas d’identité, CQFD –, un (peu ressemblant) doppelgänger imposteur, un ancien espion de la Stasi, un prince arabe médiatique et une infaillible organisation de mercenaires – sans omettre, last but not not least , du maïs transgénique en généreuse panacée contre la famine. Cela peut sembler beaucoup, mais...

The Big Man : Fight Club

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Entrez ici en laissant toute espérance, pour citer Dante : pas de cape méphistophélique ni de pacte « sanguin » à signer, mais l’enjeu, dans cette belle découverte venue d’Écosse, se situe pourtant bien au niveau de l’âme et du corps en souffrance, dans un monde diabolique et bressonien régi par l’argent – qui donc pour nous sauver de cet enfer dressé par nos soins, sinon nous-mêmes ?   La noce, hélas – pluie de pétales opales et roses, coiffures improbables, surtout pour les messieurs, laïus drolatique attristant les beaux-parents de la brune bru rayonnante dans sa robe trop blanche – se voit contaminée par une grève de mineurs (jamais le temps d’être heureux, jamais le temps d’aimer, seulement celui de mourir) : dans un parc où quelques gamins jouent au ballon, des centaures armés apparaissent, presque oniriques, et se dressent les pancartes aux slogans répétés, volent les lourds pavés en direction de la police sans nom et sans visage,...