Balade entre les tombes : La Source des femmes
Suite à son visionnage sur le site de C8, retour sur le titre de Scott Frank. Comme dans un Bond, le meilleur réside dans le générique : un corps féminin morcelé paraît caressé dans une éternité immaculée, avant que deux visages masculins ne suscitent le soupçon, avant qu’un court panoramique ne révèle un bâillon en chatterton , avant que les doigts ne s’enfoncent dans la chair trop claire de la victime terrorisée, condamnée. On reverra plus tard, brièvement, la jolie finlandaise Laura Birn à l’arrière d’une camionnette, torturée par les deux ravisseurs, filmée en vidéo et observée dans le rétroviseur par un amoureux armé de bonnes intentions infernales. Le témoin suicidaire sort aussitôt du véhicule et le film fait de même, pour ainsi dire, comme si sa propre noirceur l’effrayait, comme s’il se retrouvait au bord de l’irreprésentable. Ailleurs, plus tôt et plus tard, une épouse et une fille, toutes les deux idéalisées au ralenti, mannequin chic ou Chaperon rouge à chaper...