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Affichage des articles associés au libellé Yoram Globus

Society

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  Un métrage, une image : No Place to Hide (1993) Mélodrame méconnu, déguisé en thriller de microsociété à faire peur, renié en tandem par ses deux principaux interprètes, Chute en enfer , intitulé français à fissa refuser, frise assez souvent le risible, néanmoins mérite quelques lignes. Le scénariste/cinéaste Richard Danus vient de la TV, on pouvait vite le deviner, en dépit d’une poignée de plans charriés au steadicam chaloupé. Il signe ici son unique incursion au ciné, donc en compagnie de Kris Kristofferson & Martin Landau, meilleurs ennemis de police complice. Tandis que Drew Barrymore, juvénile encore, incarne une adolescente diariste et endeuillée, soi-disant indécemment (dés)habillée, O. J. Simpson portraiture un ami d’une masse muni, ancien footballeur américain, à la colonne cassée, en fauteuil roulant désormais, sorte de Lazare (re)levé trop tard, blague un brin raciste et mort héroïque en prime. Cramé par la critique, pourvu d’un petit et piètre script , désav...

The Hitman : I Spit on Your Grave

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Lucien Lacombe ? Disons « Andre », délesté d’accent, doté d’un coup de sang… Pour mon père Dans ce (télé)film méconnu commis en pilotage automatique par son frère Aaron, remarquez in extremis trois autres homonymes, caméos à gogo, laissons-les aux généalogistes de générique, Chuck Norris, un chouïa relooké à la Jean-Claude Van Damme de Chasse à l’homme (John Woo, 1993), décède et ressuscite, assène des répliques sarcastiques, dont l’ultime, guère magnanime, « Il ne méritait pas de vivre », amen , côtoie sous couverture un beau trio d’ordures, accessoirement pratique hors-champ un cunnilingus étonnant, sur la personne d’Alberta Watson ( White of the Eye , Donald Cammell, 1987), désirable en dépit d’être depuis défunte, traîtresse maîtresse de son boss bientôt dessoudée en auto/caveau et, last but not least , retrace, transi, le passé d’un cétacé admiré. Tout cela, n’en doutons pas, déplaira aux féministes, surtout aux antiracistes, outrés par le...

White of the Eye : L’Arme à l’oeil

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Misogyne et moralisateur ? Méritoire même (en) mineur… Le mariage de la carpe Cannon et du lapin Cammell accoucha donc d’un petit polar un peu arty , assez bizarre, citant autant Dario Argento, tendance Ténèbres (1982), gare au verre, que Jean-Luc Godard, toujours trop tard pour éteindre la mèche, Pierrot le Fou (1965) opine. Co-écrit par China & Donald, remarquez, au resto, le caméo de la compagne, itou créditée dialogue director , éclairé coloré par Larry McConkey, également manieur de steadicam , scoré à la fois par Rick Fenn, cette fois-ci sans 10cc, Nick Mason, enfin émancipé de Pink Floyd, Leoncavallo & Mahler, mince, le Paillasse du premier plus tard réutilisé, à l’occasion de l’opératique Les Incorruptibles (Brian De Palma, 1987), Sean décède dans son sang, White of the Eye (Donald Cammell, 1987) portraiture, par conséquent, un spécialiste du son, à l’oreille inouïe, oh oui, au bord de la rupture, pas seulement sentimentale, plutôt cérébrale, à l’orée...

The Godsend : The Children

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Bienvenue à Bonnie, gamine tout sauf bonne, aux desseins malsains... Production Cannon méconnue, méconnaissable, The Godsend (1980) s’avère en vérité un produit britannique, dont les qualités équilibrent les limites. Adapté du roman homonyme de Bernard Taylor paru en 1976, donc contemporain de La Malédiction (Richard Donner), l’argument s’inscrit au sein du courant pédophobe de la décennie, le délocalise à la campagne, le replace à mi-parcours au cœur de la capitale. Une famille y défaille, subit des infanticides en série, fausse couche incluse, causés par une gosse adoptée, angelot diabolique désigné par le titre ironique. La coda de boucle bouclée retrace en plein parc le cercle infernal, voit revenir « The Stranger » à nouveau enceinte, en compagnie de ses prochaines proies. Son identification, ses motivations, nul ne les saura, les devinera. La parturiente semble n’aspirer qu’à la faillite des foyers, à l’usure des progénitures, sorte de Médée mutique, sinon se...

Héros : Moon

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  « Cannonerie » ? Reconnaissance… Pour mon père Des coups de poing dans l’âme Le froid de la lame qui court Chaque jour me pousse Un peu plus vers la fin Daniel Balavoine Doté d’un intitulé original programmatique, Héros (Tannen, 1988) fait s’affronter un flic « héroïque », médiatique, et un psychotique increvable. Il s’agit donc d’une réflexion en action(s) sur l’héroïsme et le traumatisme, la normalité et l’insanité, le deuil et la lignée. Il s’agit, aussi, d’une œuvre doublement méta, où le tueur se terre au sein d’un ciné rénové, se déplace derrière les cloisons, une pensée pour le Kinski de Crawlspace (Schmoeller, 1986), où Norris se met en danger, au propre, au figuré, décide, entre Portés disparus 3 (Norris, 1988) et Delta Force 2 (Norris, 1990), d’explorer de nouvelles voies, d’exposer la vulnérabilité de sa persona . Hero and the Terror hélas n’attira pas les foules, déçut sans doute les fans friands de coups de t...

Runaway Train : À nous la liberté

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Aller simple, itinéraire d’enfer… « Manheim est un animal » + « Vous êtes une bête ! »/« Pire que ça : un humain ! » puis, in extremis , une citation de Richard III , déductive, paradoxale, sur la férocité de la bestialité dotée de pitié, sur son absence chez l’homme, en tout cas ce roi-là : ainsi se résumerait la moralité de cette traque existentielle, conduite par Kontchalovski presque en Russie, sise en Alaska d’après Kurosawa, concoctée par une Cannon cannoise, alors en quête de respectabilité, à défaut de liberté, financière d’auteurisme bon teint, demandez à Altman ( Fool for Love 1985), Cassavetes ( Love Streams , 1984), Godard ( King Lear , 1987), Schroeder ( Barfly , 1987). Runaway Train (1985) ou la correspondance, judiciaire, ferroviaire, de L’Empereur du Nord (Aldrich, 1973) pour L’Évadé d’Alcatraz (Siegel, 1979), Voight & Ryan substitués à Marvin & Borgnine, Eastwood & McGoohan ? Oui et non, car une femme fait partie ...

The Toxic Avenger : Trauma

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Du balai ? De l’intégrité. De l’écologie ? De la poésie. Des ordures ? Une signature. I’m addicted to you Don’t you know that you’re toxic? And I love what you do Don’t you know that you’re toxic? Britney Spears Après celle de James Gunn & Greg McLean, voici l’Amérique de Lloyd Kaufman, qui nous réconcilie avec les USA et leur cinéma. Film drolatique et politique, The Toxic Avenger s’intéresse à la vie au sein de la Cité, d’une cité précise, Tromaville. La société presque homonyme, pas anonyme, proposa, on le sait, un autre modèle d’économie cinématographique. Sise à New York, et non plus à Hollywood, elle se caractérisa par son indépendance (désargentée), par sa conscience (sociale), elle sut s’inscrire à l’intérieur d’une imagerie (horrifique) elle-même en partie définie par ses échos sociétaux, surtout durant les années 30, cf. le bestiaire littéraire de la Universal, alors divertissement et miroir pour/de son temps. Sorti in situ en 1984, le film t...

Aux frontières des Indes : La Bataille du rail

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Suite à son visionnage sur site d’ARTE, retour sur le titre de Jack Lee Thompson. Voici une surprise épique et politique, une réussite ironique dont le doublage allemand intempestif faillit nous détourner (mon anglophilie persista). Les dix premières minutes, muettes à l’exception d’une brève voix off d’exposition, constituent un modèle de réalisation et de montage (Frederick Wilson assemblera L’Île mystérieuse de Cy Enfield + Arabesque , l’ opus de Stanley Donen, pas la série avec Angela Lansbury !), possèdent une sorte de grandeur comportementaliste à la limite de l’abstraction. Lee Thompson va poursuivre sur cette voie (ferrée) d’une maîtrise du découpage (en Scope) de l’espace et du récit tout du long d’un périple à travers l’Inde paysagée, surtout à l’intérieur de la psyché britannique, autocritique incluse. Il filme avec maestria, avec l’ampleur précise du classicisme encore vif, de vrais personnages et de vrais acteurs (actrices), très bonne distribution à l’unisson...