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Affichage des articles associés au libellé Claire Denis

Casse-tête aztèque

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  Exils # 36 (06/06/2024) You've got your orders better shoot on sight Your finger's on the trigger but it don't seem right […] Night is falling and you just can't see Is this illusion or reality? Status Quo, In the Army Now   Kubrick au Mexique ? Oui et non, nuançons. Donc du cadre, du steadicam , de la dolly , des mecs en uniforme, que l’on (dé)forme et réforme, (presque) à l’infini, (jusques) à la folie, putain de « poulains » – une pensée pour la « Baleine » de Stanley – à dompter, in fine à (dé)monter, le suave et salaud Sierra (sosie de Martin Sheen) de ce vrai-faux Full Metal Jacket (1987) (de là-bas) s’avère vite « être de la jaquette ». Moins instructeur hurleur que le mémorable R. Lee Ermey, moins amusant, davantage avenant et ambivalent, il conseille à Luis (sosie de David Carradine), une main sur sa cuisse, d’abord d’étrangler sa copine, ensuite de la sodomiser. À la fin du film, il mettra sa tactique en pratique...

G(r)osse frayeur

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  Exils # 29 (15/04/2024) En 1988, surprise œcuménique presque archéologique, on pouvait donc dessiner des sous-vêtements d’enfants, de la nudité humide, avec père pas pervers, un peu solitaire et universitaire, sans que personne ne s’étonne, ne trouve vite ces traits discrets très suspects. Autres temps, autres mœurs, esprit rebondi, à douce pilosité, de la fabuleuse forêt, fais que ma petite sœur ne meure, pourrait prier la gamine à moitié portée, animée, terme en contexte, par un fameux sentiment de culpabilité, tel le narrateur du crève-cœur La Cicatrice de Bruce Lowery, fraternel et enfantin, in fine orphelin. Film de « fantômes » et film de famille, mélodrame rural à l’hédonisme animiste, voire l’inverse, Mon voisin Totoro , au-delà de son estivale sensualité, de sa séduisante simplicité, donne à voir une réflexion en action sur la thématique dialectique de l’imagination, de la représentation. « C’était un rêve qui n’était pas un rêve ! » s’exc...

Mirror, Mirror : The Serpent and the Rainbow

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  Blanche-Neige et ses sept nains ? Des femmes réfléchissant (à) leur destin… Sur la surface de la glace, un duplicata de Carrie (Brian De Palma, 1976) ; en profondeur de la peur, le reflet d’une féminité. Avec ses équipes dites « artistique » et « technique » à dominante du « deuxième sexe », notre époque de quotas au cinéma admirera, avec son script co-écrit par des sœurs spécialisées dans la livresque horreur, avec ses personnages d’hommages et d’outrages de protectrices et de prédatrices Mirror, Mirror (Marina Sargenti, 1990) dépoussière – au propre et au figuré – un accessoire dérisoire, un motif majeur, une image « magique » et méta. Au-delà, il adresse des clins d’œil aux jumelles « mortelles » de Sisters (De Palma, 1972), à la piscine de La Féline (Jacques Tourneur, 1942), sinon à celle de Suspiria (Dario Argento, 1977), au torrent de sang de Shining (Stanley Kubrick, 1980), en sus d’annoncer le cannibalisme s...

Kaléidoscope (sans Hitchcock) II

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  Six années de ciné recensées sur FB… À propos de Nice (Jean Vigo, 1930) Accompagné de Kaufman, Vigo invente le point de vue vertical des séries US urbaines (ou du générique de Candyman en mode Nicolas de Staël), présage les pantins de casino à la Demy. L’eau des vagues devient un motif rythmique repris par les arroseurs de municipalité, les garçons de café. En montage alterné, on s’active pour le carnaval, à l’opposé de palmiers immobiles, pénis naturels dont prendre soin. Les luxueux hôtels basculent dans l’ivresse des axes, la promenade embourgeoisée, malgré sa mendiante, défile en travelling ou prise en plongée. Un avion puis des bateaux sur l’eau, un match de tennis , une pétanque de prolos, des autos : vive, placide, la ville se donne en spectacle, à l’instar de la (bonne) société immortalisée, déshabillée. Anges = requins alors Vigo cadre des crocos, des ruelles presque napolitaines. Le soleil incinère, des mecs jouent avec leurs mains, on danse (en contre-plongée, ...