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Rester vivant : Méthode : L’Antre de la folie

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Arno Hagers, Erik Lieshout, Reinier van Brummelen. Ce sympathique essai de soixante-dix minutes se caractérise par sa douceur, son apesanteur. Iggy Pop profère de manière remarquable des extraits du texte de Michel Houellebecq traduit avec fidélité. Il lit aussi un bel écrit de Jérôme Tessier, Stéphanois autrefois interné, récit d’une sortie de route hors de l’anormale normalité. Le résident de Floride roule quant à lui en Rolls Royce et explicite son autobiographique-métaphorique Open Up and Bleed (1988). Il sert itou de fil rouge, parfois téléphonique, à trois portraits croisés, rajoutons l’hôtesse d’accueil parisienne Anne Claire Bourdin, fumeuse mélancolique + le peintre lyonnais Robert Combas, à l’accent sétois. Erik Lieshout signa un making-of de La Possibilité d’une île (2008) dont le romancier, ici co-scénariste, à nouveau acteur après L’Enlèvement de Michel Houellebecq (Guillaume ...

Have a Nice Day : Night on Earth

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Liu Jian. Au cours d’un discours philosophique ironique entre prolétaires autour d’un verre, on entend une évidence, « Les gens ont besoin d’une vie spirituelle », on énumère les trois niveaux de liberté à l’ère du consumérisme, au marché, au supermarché, en ligne. Durant une nuit sans répit, cependant engourdie dans sa propre autarcie, un magot d’un million dérobé joue les furets. Il passe par ici, il repassera par là, il finit trempé par la pluie, alors que son propriétaire gangster , auparavant renversé, se relève avec difficulté. Fin ouverte et boucle bouclée selon ce métrage d’animation déprogrammé à Annecy, adoubé par Jia Zhangke. Réussite drolatique, Have a Nice Day cartographie une partie de pays, chorégraphie un massacre ankylosé. Il aligne les personnages multiples et dessine leur destin funeste. Composé de plans fixes, doté d’un travail évocateur sur le son, l’ opus se po...

The Blob : The Thing

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le tire de Irvin S. Yeaworth, Jr. Communisme ? Œcuménisme. L’Invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956) ? La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955). En 1958, « Steven McQueen » devient Steve Andrews et semble atteint de démence, comme l’indique « le film dans le film » Dementia , aka Daughter of Horror (John Parker, 1955). Lui aussi, en Pennsylvanie, va vivre une nuit éprouvante, va tenter de convaincre la petite ville d’un Danger planétaire , retitrage de ressortie so seventies , affiche fallacieuse à la Frank Frazetta en sus, en vérité très stellaire, in extremis refoulé en Arctique, pas encore touché par le réchauffement climatique, déjà exploré par The Thing from Another World (Christian Nyby, 1951). D’une chose à l’autre : en 1982, John Carpenter localise son eschatologie en Antarctique, à l’exact opposé géographique, amusante manière de se déma...

Quiet People : Au nom du fils

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Ognjen Sviličić. À mes parents Voici l’histoire de gens sans histoires, de gens tranquilles, précise le titre. Mais les gens sans histoires, ça n’existe pas, surtout au cinéma. Alors il arrive à Ivo & Maja, remarquables Emir Hadžihafizbegović & Jasna Žalica, ce qu’il peut arriver de pire à des parents : perdre un enfant. Tomica, diminutif affectueux, davantage que le banal Tommy anglo-saxon, rentre un jour autour de sept heures du matin. Il vient de se faire tabasser dehors, il porte des plaies sur sa face, il affirme ne pas souffrir, il s’effondre ce soir dans la salle de bains, à côté de la baignoire sur le point de déborder. Après une nuit d’hôpital, il cesse de respirer, succombe à une double rupture d’anévrisme cérébral, fatal. Entre-temps, Tea, sa petite amie, révèle au couple modeste, lui chauffeur de bus, elle malade, à la maison, le film de l’agression, commise par un c...

Hollywoodland

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Une oeuvre, un plan : Maps to the Stars   (2014) « Tous les agents trahissent » entendait-on jadis dans le mélancolique Festin nu  : Maps to the Stars le démontre misérablement. En partie produit par Saïd Ben Saïd, déjà financier des naufrages de Inju : La Bête dans l'ombre (Schroeder, 2008), Carnage (Polanski, 2011), Passion (De Palma, 2012), écrit par Bruce Wagner, vil avatar de Billy Wilder, scénariste discutable ( Les Griffes du cauchemar , Wild Palms ) et romancier raté ( Toujours L.A. , pavé pollué par le name-dropping ), tourné en compagnie d’une équipe solide (la sœur Denise aux costumes élégants, Carol Spier aux décors chicos, Ronald Sanders au montage millimétré, Peter Suschitzky à la direction de la photographie veloutée, un bémol pour Howard Shore, coupable d’une partition totalement anecdotique, aux accents atmosphériques, pathétiques et exotiques peu inspirés), le dernier film à ce jour (et tout court ?) du réalisateur canadien brièv...

La Peur : L’Aveu

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Roberto Rossellini. Lorsque Irène, sortant de l’appartement de son amant, descendit l’escalier, de nouveau une peur subite et irraisonnée s’empara d’elle. Mais une fois tombée dans l’infidélité, elle revenait encore et toujours au pianiste, ni comblée ni déçue, par une sorte de devoir, par habitude. – Irène, dit-il, et sa voix avait une extraordinaire douceur, pendant combien de temps encore allons-nous nous faire souffrir ? Elle souffrait encore un peu, mais c’était une souffrance heureuse et pleine de promesses, semblable à ces blessures qui vous brûlent si fort avant de se cicatriser définitivement. Stefan Zweig, La Peur Si l’essayiste suicidé au Brésil séduit les épris de psychologie par sa prose viennoise, élégante, évanescente, un brin écœurante, le cinéaste italien ne lâche rien, livre une œuvre envoûtante, éprouvante, finalement bouleversante. En réalisateur digne d...

La Machine à tuer les méchants : Coup de torchon

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Roberto Rossellini. Le cinéma et la photographie avant lui évidemment s’avèrent des arts funéraires. Rossellini ne l’ignorait pas et décida de s’en amuser au moins le temps d’un divertissement. S’il n’apparaît pas lors du prologue, contrairement au Lubitsch mis en abyme de La Poupée , aucun besoin de savoir à qui appartient la main métonymique-métaphorique-démiurgique disposant le décor en voix off (et humaine corrige Cocteau adapté dans L’amore ). Sur un script de Liana Ferri (scénariste et actrice), Sergio Amidei ( Rome, ville ouverte , Paisà , Allemagne année zéro ), Franco Brusati ( Dimanche d’août , Ulysse , Le Jardin des Finzi-Contini , Pain et Chocolat ) et Giancarlo Vigorelli (doubleur non crédité à Salò  selon Paso) d’après un sujet d’Eduardo De Filippo & Giuseppe Marotta (à nouveau réunis pour L’Or de Naples ), avec aux effets spéciaux artisanaux Eugenio Bava, père de Mario...