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Affichage des articles associés au libellé Benoît Poelvoorde

Tendre et saignant

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  Un métrage, une image : The Chef (2022) L’intitulé franglais, piqué d’une réplique leitmotiv, personnalise, tandis que le titre d’origine indique la cuisson, précise la pression, jusqu’au point d’ébullition, donc, Boiling Point de dur à cuire, de cuistot alcoolo, cocaïné, concurrencé, endetté, emmerdé, SDF pourvu de problèmes personnels, fifils et ( ex -)femme au téléphone, proie d’une improvisée, pas si amicale, davantage de rival, lui-même, malgré sa célébrité de TV, « sept millions » de marmitons, allons bon, à la limite de la ruine, plaide-t-il, OPA au cours du repas, accompagné d’une critique en robe écarlate, séparée de surcroît, tendue à l’idée réalisée de laisser seules, une seule soirée, ses deux gamines à la maison, passons, à équipe tragi-comique, bien ou moins impliquée, presque pathétique, la serveuse malheureuse, au chemisier immaculé, s’en va vite s’écouler, sinon s’écrouler, aux WC, porte fermée, appelle à l’aide son papounet, puisque pas fait...

The Furies : La Région sauvage

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Des « belles », des « bêtes », comme un codicille au conte d’Amat Escalante... Le slasher , on le sait, ne séduit guère les cinéphiles féministes, qui n’y perçoivent qu’un amas de misogynie, d’effarantes fadaises, désormais dénommées « féminicides », amen . Si The Furies (Tony D’Aquino, 2019) semble se situer au sein de l’imagerie ressassée, afin de la mieux renverser, d’attribuer aux proies une victoire provisoire, sur leurs chasseurs remplis d’une froide fureur, il contourne en réalité le conflit sexué, il tamise son manichéisme liminaire de nuances surprenantes, je pense à ce salut de la main, échangé entre la kidnappée, son poursuivant. Dans la forêt à vif de The Furies , les tueurs meurent, tête masquée, à distance explosée. L’épilogue, sous forme de mise en abyme ironique, sado-masochiste, tel voyeur, tel spectateur, nous apprend les tenants et les aboutissants du jeu sanglant, organisé par une obscure société, pour le bon plaisir et le mau...

Un rickshaw à Mumbai : Le Triporteur

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Le compteur tourne, le tueur se retourne… When I’m ridin’ round the world And I’m doin’ this and I’m signing that And I’m tryin’ to make some girl Who tells me baby better come back later next week Cause you see I’m on losing streak Mick Jagger Sorte de C’est arrivé près de chez vous (Belvaux, Bonzel, Poelvoorde, 1992) délocalisé en Inde, Un rickshaw à Mumbai (Mittal, 2016) se souvient aussi de Cannibal Holocaust (Deodato, 1980), cependant les pauvres se substituent aux « peuplades », l’économique à l’ethnographique. Le spectateur, surtout occidental, sait par conséquent à quoi s’attendre, devine de loin la fin, a contrario des trois zozos derrière et parfois devant la caméra, censés réaliser un documentaire sur la misère, en réalité vite excités à l’idée de vendre leur snuff movie joli, imprévu, aux médias avides. « Les journalistes sont tous des salauds » affirme la deuxième victime masculine, sodomite adepte du shit , client récalc...