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Affichage des articles associés au libellé Rob Bottin

Le Maître de marionnettes

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  L’éclairante obscurité d’une délicate destinée… Mais un jour je vivrai mes chansons Poupée de cire poupée de son Sans craindre la chaleur des garçons Gall & Gainsbourg Quarante ans auparavant, les créatures de ciné décédaient, aussitôt ressuscitaient, surtout selon E.T. et ici. Spielberg pratique le pathétique, le chaud, le froid, le rouge, le blanc ; Henson & Oz optent pour autre chose, l’épique, l’héroïque, le tragique, puisque sacrifice offert au milieu d’une cérémonie d’éternité coordonnée, contrariée. À chacun son éclat coloré, de cœur déployé à l’intérieur de toute la petite poitrine, métaphore du film, de cristal malade, cassé, à surplomber, à compléter. Afin que la prophétie messianique s’accomplisse, il faut que s’effondre la gracieuse héroïne, que la claire lumière solaire, en trois exemplaires, traverse le triangle un brin utérin, alignement de renouvellement, magnifie et purifie le bloc à bloc phallique, sis à proximité d’un puits fatidique, don...

Mission impossible : Emmanuelle

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  « Caresses buccales et manuelles » ? « Amours des feintes défuntes »… Mission impossible (1996) commence à « Kiev » via une mise en abyme : le spectateur et la spectatrice regardent un homme et une femme en train d’en regarder d’autres – on espionne des espions qui espionnent en situation. Sur l’écran en couleurs, sur l’écran en noir et blanc, pas que pour leurs yeux seulement, se dessine ainsi une mise en scène dédoublée, surcadrée, celle de l’équipe tendue, au travail, celle du cinéaste poursuivant avec maestria, superproduction ou pas, sa réflexion en action(s) méta. Dans la pièce aménagée d’à côté, à peine séparée du poste de surveillance, surprise de la proximité bientôt constatée, illusion d’horizon due au moniteur menteur, par une cloison sans doute en carton, se déploie un petit psychodrame déguisé en théâtre torturé de la démocratique cruauté, sorte d’ersatz scénique de snuff movie où la belle Emmanuelle, crue occise, robe re...

La Peau douce : Hommage aux maquillages

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Le latex te laisse perplexe ? Revisite quelques classiques, épouvantables et sublimes. À la mémoire de Benoît Lestang. Le masque démasque, tandis que la nudité déguise, demandez aux comédiens grecs, japonais, aux hardeuses US. Le corps constitue l’effet spécial suprême, même lorsqu’il prend la pose, il ne cesse sa métamorphose. Si nos vies pouvaient se visionner en accéléré, burlesque grotesque, tragédie teintée de comédie, nous verrions s’accomplir pour ainsi dire à l’extérieur, dans toute son ampleur, la ruine quotidienne, ce processus assuré de destruction dont parlait Fitzgerald dans La Fêlure (1945), pas encore transposé par le Fincher de L’Étrange Histoire de Benjamin Button (2008). Les albums photographiques, recueils d’entomologie intime, en donnent une bonne idée, toutefois trop figée, trop proche du tombeau. Le cinéma, par définition art funéraire et embaumeur de bonheur(s), miroir fantomatique, spatial, temporel, ranime les rides, magnifie les maladies,...

Fog : Brume

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de John Carpenter. Film d’épouvante atmosphérique et radiophonique dans le sillage de Welles adaptant Wells (John Houseman en alter ego du cinéaste), Eastwood ( Un frisson dans la nuit ) et plus tard  Pontypool . La voix sensuelle de la non moins sensuelle (et hawksienne !) Adrienne Barbeau chuchote aux spectateurs restés enfants un conte très coloré (superbe lumière de Dean Cundey) qui résonne aussi avec les légendes urbaines, ou maritimes, de Bretagne, et dont la morale gentiment anticapitaliste – Carpenter paraîtra plus enragé avec  Invasion Los Angeles , dont la première demi-heure fait penser à du Loach en exil – permet au réalisateur de relire une fois encore, dans le dernier acte,  Rio Bravo  : on survit en résistant aux Ghosts of Marx, en quelque sorte, ou l’on meurt en holocauste et en prêtre damné (chute finale, avec le grand Rob Bottin dans le costume de Blake, aux allures de Molasar dans  ...