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Affichage des articles associés au libellé Gabriel Axel

Broken Flowers

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  L’incontournable, l’acclamé, la solitude, le secret… Ce qui séduisait, chez Michel Bouquet ? Disons sa discrétion, sa douceur menaçante. Le CV de « l’anarchiste calme » ne révèle rien de remarquable, c’est-à-dire de malséant, le comédien molièrisé, l’acteur césarisé, l’homme de multiples fois légionné, se verra de surcroît honoré d’un hommage national aux Invalides fin avril, bigre, Poquelin ne s’en soucie point, nous itou. Quant aux psys, qu’ils s’astiquent avec à peine ceci, à savoir une enfance a priori assez triste, puisque pénible pension + petits condisciples à la con. Au-delà du fait avéré d’avoir su interpréter comme un condensé du citoyen pompidolien dans la France familière, étrange, fiévreuse et réfrigérante des années septante, Bouquet philosopha à la Flaubert, vécut en bon bourgeois, en incarna, laissa deviner sa demi-démiurgie, se préoccupa aussi de pédagogie. Sur scène, il joue Gide, Camus, Anouilh, Molière, Ionesco, Pinter, Beckett, Bernhard, S...

Ordet : Le Prince de Jutland

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  Comment formuler/filmer l’ineffable ? Avec le maximum de familiarité… Une horloge morose, après arrêtée, relie ainsi ces extraits de Ordet (Dreyer, 1955). Pendant la première scène, la pendule à la Baudelaire s’accorde au dialogue domestique, métaphysique, le scande en sourdine, résonne aussi au sein du silence du studio, du vent en postsynchro, salut à Sjöström ( Le Vent , 1928), et l’on se souvient illico que Kim Novak dévoilera à vive et invisible voix de Vertigo (Hitchcock, 1958) sa persona , monologue mené, minuté, au métronome, au cours d’un second conte de cette fois-ci fausse résurrection, de femme affable, toutefois pas en cloque, en effet revenue « d’entre les mortes », titre d’origine et au masculin du bouquin un brin anodin de Boileau & Narcejac. Alors que l’oncle et la nièce, assis parmi la pénombre de la pièce, se font une impensable promesse, parlent de choses graves avec légèreté, complicité, bises bis , proximité poignante d’un adulte et...

Le Festin de Babette : Poulet au vinaigre

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Gabriel Axel. I will not go Prefer a Feast of Friends To the Giant Family Jim Morrison, An American Prayer Évidemment à des années-lumière du Danish master Dreyer, même quand il réutilise plusieurs membres de ses bandes, réunis en impeccable casting choral, caméo concon, en costume, de la bergmanienne Bibi Andersson inclus, voici donc un (télé)film au filigrane féministe, petit portrait attendri et amusé d’une communauté austère, autarcique, pourtant un peu perturbée par une triple altérité, militaire, opératique, gastronomique. Conte œcuménique, à la pensée sereine, adapté par le réalisateur mineur, d’après la locale Karen Blixen, découpé en trois actes équilibrés, passant du présent au passé, puis l’inverse, Le Festin de Babette (Gabriel Axel, 1987) fit recette, plut en Europe, rassura aux USA, s’y vit remettre une statuette suspecte. Ainsi, les ami(e)s, il suffirait de s’attabler, de très bie...