Articles

Affichage des articles associés au libellé Budd Boetticher

La Fille de Trieste : Noyade interdite

Image
  Ragazza de Gazzara, tristesse de Trieste… À la généreuse Jacqueline Si La Fille de Triste (Festa Campanile, 1982) dialogue à distance avec Conte de la folie ordinaire (Ferreri, 1981), il possède sa propre pertinence, sa sienne existence ; s’il s’apprécie en version dépressive de Cool World (Bakshi,1992), ceci, en définitive, peu importe. S’il fallait le rapprocher d’un troisième item , on citerait Mondo cane (Cavara, Jacopetti, Prosperi, 1962), exemple à succès de sensationnaliste ciné, que la mise en abyme BCBG, sinistre, de la double décapitation-projection parisienne bien sûr rappelle. Ici réside la problématique politique et fondamentale du film : comment s’accommoder de la démence/malfaisance du monde immonde, sans qu’elle vous mine, vous contamine ? Affolée par la folie d’hier et d’aujourd’hui, Nicole devient elle-même folle, son médecin énumère et ne se soucie des multiples dénominations-diagnostics de la psychiatrie. Consœur du prince Mychkine des ...

Cinglée

Image
  Un métrage, une image : Shock (1946) La matrice apocryphe de Sœurs de sang (De Palma, 1972) ? Presque, puisque ici aussi témoin de meurtre ( quasi ) réduit à l’amnésie par un shrink nuisible (pléonasme). Pourtant l’impérial Price portraiture un psy assassin à l’insuline point délesté de conscience ni de culpabilité. Au terme du deuxième  replay du trauma méta, il étrangle sa salope séduisante, « femme fatale » (et vile rivale) d’un « film noir » jamais misogyne, in extremis moral, policier perspicace à la clé, cherchons donc le létal chandelier. Déjà co-écrit par Eugene Ling, l’un des scénaristes de Behind Locked Doors (Boetticher, 1948), l’ouvrage de Werker, précis, impersonnel, ne repose ainsi sur un tueur à la truelle, un acteur cabot, a contrario possède un casting choral impeccable, mentions spéciales à Mesdames Lynn Bari ( L’Incroyable Monsieur X , Vorhaus, 1948) & Anabel Shaw. Bien éclairé par le tandem MacDonald ( Ni...

The Ward

Image
  Un métrage, une image : Behind Locked Doors (1948) La matrice apocryphe de Shock Corridor (Fuller, 1963) ? Pas d’accord, car le cinéaste et les scénaristes, dont le Martin Wald de La Cité sans voiles (Dassin, 1948) et Outrage (Lupino, 1950), ne se soucient de sociologie, d’insanité généralisée. Les cinéphiles gay  friendly souligneront, nous nous en doutons, la dimension homoérotique de la masculine clinique, possible présage des célèbres westerns portés par Scott & consorts. Nonobstant, Boetticher aborde ce script symbolique, à base d’apparences trompeuses et judicieuses, avec style, le transcende ainsi. Le couple d’occasion s’épousera pour de bon, le juge injuste, faux malade, vrai coupable, passera du cabanon à la prison, la célébrité, la récompense, se verront vite supplantées par la sincérité de la romance, le renversement du motif poussif de la « demoiselle en détresse » : le privé paupérisé, assommé, devra sa (sur)vie, son sauve...

L’Aventurier du Texas : The Town

Image
Une escale presque fatale, au prix unique de dix dollars , corde comprise. « The name is Buchanan » se présente deux ou trois fois au début Randolph Scott – son nom ( de Venise dans Calcutta désert , rajouterait Marguerite Duras) de réalisateur : Budd Boetticher (prononcez k dans les deux cas, voilà). Adulé en France par un Tavernier, en Amérique par un Scorsese, admiré par Wayne (qui le produisit), Eastwood (dont les premiers critiques de l’acteur se gaussaient du jeu « monolithique », épithète reprise pour désigner celui de Scott), célébré par André Bazin ( Sept hommes à abattre ), fils adoptif d’une riche famille fuie, ex -torero formé sur les plateaux de la Fox, de la Columbia puis chez Universal, signataire d’une célèbre suite de westerns pour la firme au flambeau (pas des « séries B », un peu moins que des « séries A », co-produites par Scott et son fidèle associé Harry Joe Brown sur des scénarios de Burt Kennedy, dont on aim...