Articles

Affichage des articles associés au libellé Mel Brooks

Bram Boner

Image
  Exils # 215 (01/07/2026) « The blood is the life, Mr. Renfield » dit Dracula au descendant dingo et puceau du « mangeur de mouches » ( idem l’identifie l’infirmier). Le sperme et le sang s’équivalant ? En tout cas pas au cours de l’exercice de style plus méconnu que le « communautaire » Blacula . Sorti un an avant la version romantique de Badham, Dracula Sucks (1978) ne démérite au niveau de sa direction artistique et photographique, même si sa musique ne rivalise avec celle de Williams. Doté de décors et de costumes soignés, le film souffre cependant d’un tournage semble-t-il souvent improvisé. La question anecdotique, rhétorique, de tripatouillages de montage mise à part, le cinéphile horrifique jamais entièrement ne s’égare : revoici le cirque gothique et la panoplie du comte de Transylvanie, certes délocalisés au sommet d’un désert et dans le tombeau d’un château made in USA . Pour l’époque, on penche vers les années trente, yellow cab ...

Le Pentagramme et le Pentagone

Image
  Exils # 85 (20/02/2025) Plus drôle que Le Loup-garou de Londres (Landis, 1981), moins jeu de massacre que Mars Attacks! (Burton, 1996), Le Loup-garou de Washington (Ginsberg, 1973) réunit et réussit les registres comique et tragique. Commencé/clôturé en voix off , puissance de la parole, économie du non tourné, il dispose cependant de lycanthropes fichtrement différents de ceux d’ Europa (von Trier, 1991), autre opus politique à tendance hypnotique. Cette fois le chemin de croix affiche des fondus au noir à foison, des lignes de fuite de perspectives filmées en fisheye effet, des plongées et des contre-plongées contrôlées, des surimpressions de transformations. Tout ceci prouve à nouveau que le style se fiche du fric, que le manque de moyens n’équivaut au manque d’idées, que le désir et le plaisir de faire ensemble du ciné, ressenti à chaque instant, à chaque plan, ne conduisent à l’anecdotique ni à l’amateurisme. Selon The Werewolf of Washington , appréciez au passage l’...

Zone morte

Image
  Exils # 21 (15/02/2024) Déjà responsable de l’ arty et risible Under the Skin (2013) – le fameux et freudien « continent noir » de la sexualité féminine relooké en tache d’huile, puits de pétrole pas drôle où périssent les prédateurs devenus proies, les féministes s’en félicitent, ça va de soi –, l’austère Glazer remet le couvert, telle la servante tétanisée, maltraitée, de la maudite maisonnée. De Scarlett Johansson, autant transparente que dans l’insipide pudding du Dahlia noir (De Palma, 2006), in fine transformée en Jeanne d’Arc en forêt, aux crématoires à concevoir, améliorer, jour et nuit utiliser (la mère de la mère s’en désespère, se carapate en catimini, laisse un mot cramé illico , occupation locale oblige), puis pendant l’épilogue interpolé contemporain, sis au musée malsain, astiquer en silence et au féminin, en rime à l’hygiénisme de la funeste famille – baignoire miroir, car les os à l’eau, ça salit, la baise d’une prisonnière rousse pas farouche...

Le Pont de Cassandra

Image
  Un métrage, une image : Elvira et le Château hanté (2001) Divertissement indépendant, surtout financé par la principale intéressée, situé en Transylvanie, tourné en Roumanie, Elivra’s Haunted Hills se voit in fine dédié à Vincent Price et adresse bien sûr un clin d’œil d’intitulé à La Nuit de tous les mystères (William Castle, 1959), à savoir, en VO, House on Haunted Hill , facile. De quoi s’agit-il ? D’un hommage à Roger Corman, par conséquent à Edgar Allan Poe, pastiché, pas parodié. On (re)découvre donc une emmurée vivante, un chat noir, un cas de catalepsie et un pendule impitoyable. Souvent assez amusant, toujours soigné, en dépit d’un budget deviné serré, ce (télé)film certes inoffensif mais jamais cynique, nostalgique, paresseux, poussiéreux, ne s’apprécie pas seulement en « véhicule » à usage personnel de sa célèbre persona , puisque Cassandra Peterson possède assez de lucidité, de sincérité, pour bien s’entourer, pour soigner, en co-scénariste ...

Élémentaire, mon cher... Lock Holmes : Le Prête-nom

Image
La pipe et la plume ? La loupe et l’épée… Vraiment divertissant, ce divertissement renverse donc les rôles, entre Watson & Holmes, s’autorise davantage, puisqu’il associe Pirandello & Stevenson. Si le dissimulé, l’infâme Mister Hyde, représente la part sombre de Londres, piétine, de manière malsaine, le puritanisme hypocrite (pléonasme) de la période victorienne, au-delà matérialise la monstruosité intime, guère magnanime, de l’humanité divisée, l’anonyme Reginald Kincaid en incarne une version douce, se contente d’être un coureur de jupons concon, un buveur obstiné, un joueur endetté. Marionnette peu malhonnête, du « docteur en criminologie », insupporté par son succès, du romancier de ses aventures vécues, très romancées, l’obscur cabot va devoir se réinventer, merci Moriarty, c’est-à-dire devenir le divin (et endeuillé) détective, se transformer fissa en son fameux modèle. Le personnage pourvu d’un auteur, suspendu en hauteur, saura se hisser sur les...

L’Aile ou la Cuisse : À couteaux tirés

Image
Haut-le-cœur ? Resto(s) du cœur… Film de fatigue et de filiation, film prophétique et réflexif, L’Aile ou la Cuisse (Claude Zidi, 1976) s’avère en plus un art poétique et un divertissement politique. Si l’argument (et le déguisement) reprend (en partie) Le Grand Restaurant (Jacques Besnard, 1966), témoigne de son temps (indépendant, inquiétant), une décennie suffit (à modifier la donne) : Louis de Funès , récemment hospitalisé pour de sérieux soucis de santé, veut (et doit, dit le docteur) se réinventer, se modérer, quitte à revenir au muet révéré (le Mel Brooks audacieux de Silent Movie , 1976, acquiesce). Au creux du contexte de crise(s) des seventies , de la filmographie du fragilisé « Fufu », L’Aile ou la Cuisse se situe ainsi entre l’antiracisme des Aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury, 1973) et l’écologie de La Zizanie (Zidi, 1978), sorte de réponse hexagonale au spatial (et US) Silent Running (Douglas Trumbull, 1972), tandis que Le Grand Bazar ...

The Elephant Man : Le Grand Sommeil

Image
Mouchoir d’insomnie ? Mouroir magnifique… La cathédrale de Elephant Man répond au dédale de Shining  : en 1980, David Lynch & Stanley Kubrick portraiturent deux freaks , deux créateurs, deux hommes à proximité d’une maquette. Si Jack Torrance s’enlise au sein de l’insanité, John Merrick réaffirme son humanité ; in extremis , ce tandem accède à une sorte de délivrance sidérante, sidérée, sise sous le signe d’une image à miroiter, à intégrer. Le père impuissant, frigorifié, ogre égaré par son extra -lucide Petit Poucet, fait toutefois, photographié, la fête en famille, pour l’infinité du passé, d’un bal du 4 juillet. Le fils orphelin, condamné, décide de se coucher, enfin, en être humain, à l’imitation du gamin du dessin. À l’agnosticisme ironique, fantastique, de Kubrick, succéderait donc le sentimentalisme suicidé, maternel, de Lynch ? Pas vraiment, malgré le redoutable adagio de Samuel Barber, bientôt utilisé avec une délicatesse de pachyderme, just...

Dracula : Stoker

Image
« Dracula di Dario Argento ». Et Stoker, stronzo? « Film riconosciuto di interesse culturale nationale e realizzato con il contribuo del Ministero per i Beni e le Attività Culturali – Direzione generale per il Cinema » puis « liberamente ispirato al Romanzo Dracula di Bram Stoker » dixit le générique du désastre définitif, à la hideur rédhibitoire, au vide vertigineux, à transformer fissa le Dracula classé X de Salieri (1994) en divertissement ludique, le Dracula, mort et heureux de l’être de Brooks (1995) en sommet de sérieux. Puisqu’il pratique un art par définition collectif, Argento entraîne dans son néant des gens de talent, mentionnons Tovoli & Simonetti , Kretschmann & Hauer. Avec une perversité inconsciente, il réunit le couple éprouvé, éprouvant, de l’inestimable Syndrome de Stendhal (1996), afin de mieux le profaner, en plongée. Voilà Asia, grande fifille de son papa, accessoirement arroseuse arrosée de victimisation sexuée,...

Dracula et ses femmes vampires : L’Amour à mort

Image
Une lance pour Palance, naguère païen sirkien… Mon Dracula à moi Bram Stoker et la Hammer, le mythe et la Manche, un roman multimédia et le miroir de tous les fantômes : rencontre naturelle, prédestinée, en vérité, au royaume des mensonges esthétiques révélateurs de profondeurs archétypales, comme le pal de Vlad. Dans une optique marxiste, le pavé de l’Irlandais se lit en lutte des classes littéraire, en victoire de la bourgeoisie insulaire sur l’aristocratie décadente, déclinante, de la trop vieille Europe de l’Est. Dan Curtis s’interroge de manière rhétorique dans un supplément, tout content d’avoir insufflé au scénario, avec l’aval et le développement de Richard Matheson, légende vivante de la SF et du fantastique adultes, souvent du quotidien, une dimension romantique, nécrophile, mais l’une des possibles raisons de l’exil du comte, outre aller chercher ailleurs un « sang neuf », désormais absent dans sa propre contrée, à cause des quolibets de la popula...