Une aussi longue absence
Un métrage, une image : Les Amants de Teruel (1962) « Un spectacle de grand art » beugle le bonimenteur, porte-parole du responsable de l’aussi empesé Les Sorcières de Salem (1956). Hélas pour lui et surtout le spectateur, tant pis, gentille Jacqueline , rien de moins poétique que la pseudo-poésie autoproclamée de cette longuette pièce montée à Cannes primée d’un accessit technique. Vous connaissiez ceux de Vérone, voici des amoureux maudits de quasi Andalousie, dont le destin, vous le devinez bien, ne possède rien de serein. Yseut d’Espagne, la silencieuse Isa paraît une Pénélope de mélodrame médiocre et son attente miroitante ne saurait être clémente. Outre se permettre de plagier l’épilogue à plongeon des Chaussons rouges (Powell & Pressburger, 1948), avec déjà la juvénile Ludmila, Les Amants de Teruel essaie de ressusciter le romantisme dépressif de la décennie du supposé « réalisme poétique », sinon de singer la dialectique des apparence...