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Affichage des articles associés au libellé Albert Lamorisse

Le Concert et le Cimetière

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  Exils # 128 (16/09/2025) Dans Obsession (De Palma, 1976), autre avatar du complexe d’Électre, une restauratrice de tableaux invitait à sauvegarder la beauté, peu importe le palimpseste. Dans La 7 ème Cible (Pinoteau, 1984), la mamma de Ventura dissimule sous ses « gouaches » pas si dégueulasses des signatures de renom, découvre Degas d’un coup de chiffon. On devine vite que le procédé de la double couche s’applique au film, qui commence comme se termine Un papillon sur l’épaule (Deray, 1978) et se termine comme commence L’Espion qui venait du froid (Ritt, 1965). Cette fois, toutefois, l’acteur en bout de course et presque à bout de souffle ne se fait plus descendre à distance, en pleine rue passante et indifférente, il se fait tabasser arrivé au sommet d’un escalier à la Remorques (Grémillon, 1941) mais démuni de flotte, position surélevée perdue puis retrouvée, car il l’occupera en coda, indication musicale et spatiale. Ce récit d’une chute rempli de tumulte troq...

Vers la lumière : Les Instants clairs de Jacqueline Waechter

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  Surprise du samedi, relais urbi et orbi … En os et en chair je ne connais Jacqueline Waechter, cependant ceci m’indiffère, sus aux séductions éphémères, priorité à la proximité épistolaire. Des « moments éclairants », « intelligents », l’internaute point sot ni sotte en passera, en trouvera autant qu’il conviendra, via son site intitulé joliment Bright Moments . De la lumière, de la lucidité, du désir, de la légèreté, il (nous) en faut à satiété, surtout à l’heure de stupeur du ciné masqué, du monde démoralisé, soumis à sa symbolique morbidité. Impressionnant, impressionniste, poétique, politique, le miroir tout sauf fantomatique de Jacqueline – à la Pascal parions qu’elle m’autorisera de son prénom le respectueux emploi, partagé par exemple par les dear Mesdames Audry, Bisset, Pagnol – reflète en effet, fi d’effets, une femme fréquentable. Certains (hommes, oui ou non aimables) offrent ou (s’)envoient des fleurs, j’écris, de manière majoritaire, afin de m...

Un homme qui dort : Le Bel Indifférent

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Une traversée de la neutralité, une odyssée du détachement, un pari d’aujourd’hui…   Tu visionnes à domicile « un film de Georges Perec & Bernard Queysanne ». Tu réécoutes un texte remarquable, lu de manière admirable par Ludmila Mikaël. Tu épouses le parcours de Jacques Spiesser, étudiant démissionnaire, tout sauf suicidaire, en « socio géné », en licence, par ses soins licencié. Solitaire fantomatique, miroité à la Magritte, démultiplié par l’optique, le locataire que tout indiffère plonge en pleine déprime, s’imagine « maître du monde anonyme ». La « mise en scène » du réalisateur s’assimile à une caméra très mobile, ivre de travellings , par conséquent à contre-courant du voyage vers le vide, immobile. De l’espace, donc, des déambulations, mais aussi du son, tu apprécies la bande homonyme de Jean-Pierre Ruh, notamment partenaire d’Éric Rohmer & Roman Polanski, la « musique » de 010, in extremis mélodique. Tu ...