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Affichage des articles associés au libellé Norman J. Warren

Fachos falots

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  Exils # 96 (24/03/2025) Parmi ses « mémoires » au titre auto-réflexif ( Tambour battant ), Schlöndorff revient vite sur La Servante écarlate (1990), en résumé sur un roman « très souvent naïf », son adaptation par le lapidaire Pinter, cf. sa synthèse impressionniste de la Recherche proustienne, autre marotte de l’ancien assistant de Malle & Melville, lire à ce sujet les pages dédiées au dispensable Un amour de Swann (1984) et au hold-up de Delon, sa validation par une distante Atwood, un casting discutable, déboires avec Duvall & Dunaway, seule la discrète McGovern, déjà violée par De Niro chez Leone ( Il était une fois en Amérique , 1984), mérite une épithète amène, auquel il fallait préférer Madonna & Sting, Scacchi aussi. Ceci ne suffit, l’échec économique de l’entreprise indépendante, plus méconnue que l’homonyme série à succès, que devait produire en sourdine une certaine Sigourney Weaver, démissionnaire puisqu’occupée par le rôle tant...

Le Masque et la Thune

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  Exils # 87 (25/02/2025) Au creux du cadenassé sarcophage, aucun cadavre, un collier congelé, un insecte symbolique, deux bobines de film. Divertissement de cinéma méta, au huis clos à la Pirandello, aux sombres cartons de sons et de noms, clin d’œil au silence du muet, aux faire-part de décès, à un clip iconique de Bob Dylan ( Dont Look Back , Pennebaker, 1967), Le Chat et le Canari (Metzger, 1978) ressemble un brin à une adaptation pirate d’Agatha Christie, délestée du belge détective et de ses « cellules grises », un giallo dépourvu de gants, d’imperméable et de couteau, un whodunit britannique qui met en scène et en abyme l’inquiétude puis la panique. Comme Les Diaboliques (Clouzot, 1955), il s’’agit d’une histoire de terreur et de fric, d’une femme à laquelle on essaie de faire peur jusqu’à ce qu’elle cane. Comme chez Hitchcock, en tout cas celui de La Corde (1948, issu aussi de la scène) et L’Inconnu du Nord-Express (1951), les « frères d’armes » ...

Insidious

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  Un métrage, une image : The Block Island Sound (2021) Personne pour confondre les frères McManus avec Carpenter, surtout celui de Fog (1980) et L’Antre de la folie (1995), car leur troisième effort ressemble fort à un téléfilm au format widescreen , à un petit produit presque insipide, tourné en numérique et destiné au pseudo-ciné en ligne, fix de Netflix, d’ailleurs ancien employeur du tandem amène. Quant au casting , il provient aussi, en majorité, de la TV, cela se sent assez souvent. Cependant tout ceci ne doit faire écran, dispenser d’écrire au sujet de tout ce que leur film peut offrir, à condition d’accepter son rythme languide, son environnement livide. The Block Island Sound se situe donc du côté du Rhode Island, c’est-à-dire délimite l’État malsain d’un certain Lovecraft. Sur place, en dépit de la capitale homonyme, point de Providence, dégagez Resnais, encore moins de monstre marin, d’« innommables » mais dénommés « Grands Anciens...

Titanic Rising : Nathalie

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  Miroir du drame ? Dame au miroir… Il avait un joli nom mon guide Gilbert Bécaud Votre serviteur la découvrit en coda du Chemtrails over the Country Club de Lana (Del Rey, olé), reprise du For Free de Joni (Mitchell, ma belle), revisité à trois voix, voilà Zella (Day, eh ouais). Deux ans avant paraissait un opus acclamé à juste titre, au titre antithétique explicite. Voix virtuose, lyrics au cordeau, mélodies remarquables, arrangements stimulants : Titanic Rising se caractérise par ses qualités, sa singularité, ses correspondances avec le passé. On peut certes ainsi (re)penser à Miss Mitchell, à la très chère Karen Carpenter, à Brian Eno & Brian Wilson, cependant ce disque exquis, plein, épuré, dix pistes d’une quarantaine de minutes de calme tumulte, possède sa propre personnalité, ne ressemble en réalité miroitée, pas augmentée, qu’à sa svelte interprète, l’auteur, compositrice, réalisatrice Natalie Mering, alias Weyes Blood. Wise blood de wise gir...

Esclave de Satan : Malcolm X

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  L’enfer en famille, la mort sans remords… Premier film estampillé horrifique d’un réalisateur de valeur, mais ultime apparition sur grand écran d’une actrice attractive, Esclave de Satan (Warren, 1976) constitue un exemple parlant de cinéma indépendant. Financé par les principaux intéressés, tourné en extérieurs, avec des moyens limités, monté à domicile, agrémenté de minutes dites explicites, censées consolider sa distribution à l’étranger, un peu tripatouillé par les ciseaux du BBFC (British Board of Film Classification), parfois apparié à Ruby (Harrington, 1977), Satan’s Slave divisa la critique et ne convainquit le public. Durant le quart d’heure de sa double introduction, le spectateur assiste à une messe noire masquée, à un holocauste nocturne de juvénile victime, blonde bien sûr déshabillée, la bien nommée Moira Young, en épouse de l’un des co-producteurs à contrecœur s’y colle, à présent en rigole, à une tentative de viol envapé, à un meurtre perpétré par une porte d...

Croix de fer

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  Un métrage, une image : L’Aigle s’est envolé (1976) « Anything is possible », en tout cas au cinéma, en particulier cet occasionnel commando improbable, (trans)porté par un casting choral impeccable, mentions spéciales à Duvall, en stoïque colonel Radl (salut à l’ idem Redl, 1985, de Szabó), à Pleasence, en (super) Himmler. Un an avant le Steiner de Coburn du Peckinpah ( Croix de fer , 1977), toujours produit par ITC, pourtant plus « présenté » par Lew Grade, qu’il se console avec l’eugénisme nazi de Ces garçons qui venaient du Brésil (Schaffner, 1978), voici l’homonyme de Caine selon Sturges & Mankiewicz, fifils à son papa et scénariste (officiel ou officieux) pour Cosmatos, Dante, Donner, Hamilton ou Yates, transposant ici le succès littéraire de Mister Higgins. Bien escorté par deux locaux bien connus, à savoir le directeur de la photographie Anthony B. Richmond ( Ne vous retournez pas , Roeg, 1973), la monteuse Anne V. Coates ( Lawrence d’...

Des femmes disparaissent

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  Un métrage, une image : Mars Needs Women (1967) Pourvu d’un titre programmatique, presque poétique, a fortiori euphonique, Mars Needs Women s’apprécie en raison de sa dimension satirique, de sa mélancolie implicite. Pragmatique plutôt que cosmique, l’argument se résume à la survie d’une civilisation, au ravissement in situ puis à la congélation d’occasion de spécimens terrestres, afin d’infléchir une fatidique déficience génétique. On le voit vite, ce film inédit en salles, assez paupérisé, donc d’images d’archives parsemé, trame une moralité sexuée, renforce in fine son féminisme soft , se focalise sur de fortes figures d’américaine culture, artiste en plein air, hôtesse de l’air, reine universitaire, strip-teaseuse le dos à l’air et, last but not least , scientifique qui connaît son affaire. Rendu maître de la mission et de la situation, l’amour « interracial », comme on ose dire outre-Atlantique, mène in extremis la danse, esquive la souffrance, le viol...

Evil Baby : Elle voit des nains partout !

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Pardonner les parturientes, se délivrer de leurs ventres… « Ne me tue pas ! Je suis ta mère ! » : à nouveau, comme souvent, le sublime s’associe au risible, et inversement. Piloté en mode automatique par Peter Sasdy, jadis prouvé plus inspiré, cf. La Fille de Jack l’Éventreur (1971), fracassé par la critique locale en dépit du « plaisir coupable » post -moderne, Evil Baby , aka I Don’t Want to Be Born , The Devil Within Her , The Monster et même Sharon’s Baby , une pensée d’épicier pour le tandem Tate & Polanski, mérite néanmoins un article. Il s’agit, en résumé, d’un conte de culpabilité, d’une parabole puritaine, d’un bibelot britannique, aussi sérieux que tongue-in-cheek . Ex -effeuilleuse, la svelte Lucy épouse un Italien nanti, of course catholique, dont la sœur, scientifique, s’avère en sus... une bonne sœur, Seigneur. Après une naissance au forceps, la mère amère, détestant sa belle-mère, s’aperçoit fissa, jusque dans sa chair...

Meurtres sous contrôle : Dirty God

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Un blasphème ? Un diadème. En 1976 sortent aux USA deux films sur la foi : Carrie au bal du diable de Brian De Palma et Meurtres sous contrôle de Larry Cohen. Moins (re)connu que le premier opus en partie préoccupé par de mémorables menstrues, le second mérite cependant son exhumation, sinon sa consécration, terme convenable, connoté, contextualisé. Précisons que la césure impure du récit structure cet ouvrage tout sauf sage, souvent impressionnant, parfois poignant – on passe ainsi peu à peu du public au privé, de l’anonymat au singulier, sens duel. Lorsque Peter, futur (mauvais) ange exterminateur, vengeur, pour l’instant stratège diplomate, se hisse auprès du tireur perché en hauteur, atteint de tendances suicidaires, saut dans les airs, durant le prologue surprenant, voire tétanisant, leçon de réalisation, d’outrage(s) et de (dé)montage, ouverture en état d’urgence rappelant/présageant celle du pareillement apocalyptique Zombie (George A. Romero, 1978), il pr...

Underwater : Deepwater

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Pomper le pétrole ? Aliéner Alien … Cuz all I need is the love you breathe Put your lips on me And I can live underwater Mika Underwater (William Eubank, 2020) cite le classique « xénophobe » de Scott (1979) dès le générique, la typographie de son titre ; ensuite, une coda sacrificielle, superficielle, prévisible dès le début – l’héroïne esseulée, lunettée, cadrée en widescreen et en contre-plongée, bien éclairée par le brillant Bojan Bazelli, jadis complice de Ferrara, notamment sur Body Snatchers (1993), autre conte d’une autre trempe de féminité tourmentée par l’altérité, philosophe en voix off , se brosse les dents, épargne une égarée araignée, survit, en sursis, à un séisme, mince – nous ramène au terme maternel du volet mésestimé de Fincher ( Alien 3 , 1992), embrasement de monstrueux et tendre enfantement, voire l’inverse. Franchement, les mecs, les hécatombes en huis clos de caveau, parmi l’espace sépulcral ou au fond des eaux, on co...

Snatchers : Apocalyto

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La première fois, neuf mois, un lendemain, du presque rien… Souris un peu, cinéphile si malheureux, amuse-toi un chouïa, citoyen guère serein, avec, un soir, au hasard, cette comédie de SF horrifique, associant teen movie et monstrueuse maïeutique. Évidemment, ce Snatchers -ci (Stephen Cedars & Benji Kleiman, 2019) oublie le body , manque de substance, de corps et d’esprit, en dépit de ses bodies (ici, on dit « cadavres ») à profusion (de sang, bien sûr). Don Siegel ( Invasion of the Body Snatchers , 1956), Philip Kaufman ( idem , 1978) ou Abel Ferrara ( Body Snatchers , 1993) – pas vu la version d’Oliver Hirschbiegel ( Invasion , 2007) – peuvent dormir sur leurs deux oreilles (d’ alien ). Nous voici très loin, aussi, des sombres Inseminoid (Norman J. Warren, 1981) et Xtro (Harry Bromley Davenport, 1982), diptyque britannique, yes indeed  : dans Snatchers , de vrais-faux lycéens affrontent des clandestins mexicains, Donald Trump appréciera, ou pas, mena...