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La Momie : Code Mercury

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Fête du Cinéma 2017, premier jour, séance de vingt-et-une heures. Même récit introductif, même recours à la mythologie, même détour par l’Angleterre, même présence d’un musée, même féminisation du protagoniste, même nudité masculine, même sens du sacrifice, même transparence de la réalisation et même enrobage musical made in Hollywood : à première vue, on pourrait rapprocher La Momie de Wonder Woman . Mais, telle la fille infortunée privée du trône royal, signataire d’un pacte faustien anachronique avec un dieu à tête de chien, voire de chacal, d’où sa double pupille dédoublée, puits d’ambre revanchard au fond desquels contempler une éternité tatouée, assoiffée de survie et de résurrection, il convient de mieux voir, de regarder en stéréo, pour ainsi dire. Sous la relecture des aventures d’une chère créature lucrative depuis bientôt un siècle, sous le remix des improbables rencontres humoristiques entre les monstres du bestiaire littéraire annexé par Universal, se dissimu...

La Momie : Cadavres exquis

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Fuir les vivants et fréquenter les morts… La mort est un mystère, et la sépulture un secret. Stephen King, Simetierre Et quand je serai mort J’veux un suaire de chez Dior ! Boris Vian, J’suis snob Le vampire charme les amateurs de « sexe oral », la créature de Frankenstein attire les adeptes inadaptés de la « différence », le loup-garou émoustille les zoophiles, le zombie interpelle les marxistes, l’homme invisible paradoxal parle aux pervers, le revenant rassure les croyants, l’animal monstrueux trouvera toujours des protecteurs, le cannibale emballe les gastronomes – et la momie demeure mémorable pour tous ceux qui aiment le cinéma « à en mourir ». Il ne s’agit pas d’une expression exsangue, notez-le bien : des bandelettes à défaut de paillettes, un fameux fumet faisandé, une démarche de paraplégique, un silence de cimetière (« muet comme une tombe », en effet) : loin du glamour , la momie, mélancolique et ...