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Affichage des articles associés au libellé Marianne Faithfull

La Fin du film

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  Exils 11 (15/12/2023)   Ouvreuse deviendrait en anglais usherette  ; chut se change en hush  (Robert Aldrich opine ; Bette Davis rempile, cf. Chut... chut, chère Charlotte , 1964). Sis ainsi sous le signe du silence, sinon du secret, d’une vie secrète et d’une blondeur éclairée, Josephine Hopper, modèle, muse, épouse, peintre, alors à mettre en parallèle avec Marianne Faithfull ( A Secret Life , morceaux mis en musique par Angelo Badalamenti), le beau tableau du sage Edward ne figure plus cet « effondrement central de l’âme » dont Antonin Artaud se plaignait auprès du correspondant Jacques Rivière en 1924, qu’auparavant Poe donna à lire, à ressentir, au propre et au figuré, architecture d’usure, impure, promise à la fatale fissure, dans La Chute de la maison Usher , cimetière domestique puis aquatique à l’ironique patronyme en rime, parue en 1839. Au siècle suivant, à l’orée d’une année elle-même maudite, placée sous le sceau d’une destruction de ma...

Que Marianne était jolie

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  Mitan émouvant, cadeau tombeau… À Lorea qui ne le lira Entre un « prologue » dantesque et un « épilogue » shakespearien, parce qu’elle le valait bien, Marianne Faithfull ne s’avère en vitesse – trente-cinq minutes au compteur, mon cœur – ni faithless ni sado-masochiste, en dépit de ses maternelles origines Sa vie secrète écrite et orchestrée au cordeau, selon ses propres mots, ceux de l’amical McGuinness, du tandem Foreman & Levine, on le sait ne connut aucun succès, économique ou critique. Précédé puis suivi par une paire d’ opus de reprises, le sevrage de Strange Weather , le cabaret à la Brecht & Weill de 20th Century Blues , sorti assorti de sa traduite autobiographie, c’est-à-dire de sa vie retracée, révélée, A Secret Life constitue cependant un chef-d’œuvre de poche, un classique instantané, un (mélo)drame de chambre à coucher. Certes moins narratif que l’ idem mal-aimé Berlin de Lou Reed, guitariste sur deux titres de l’allitératif H...

Road House

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  Mystères de l’amour, misères de la mort… Au début de ce mois, Julee se suicida. En plus du lupus , salut à Seal & Selena, elle souffrit, semble-t-il, d’une dépression, dit-on. Soixante-cinq années représentent peu, par rapport à la majorité, à l’humanité, à l’éternité, toutefois lui suffirent à acquérir l’immortalité impressionniste du souvenir. À l’orée du CV, la voilà en Iowa ; au terme d’une brève vie, ternie par la maladie, elle s’endort du grand sommeil au sein du Massachussetts, les Bee Gees en gémissent. Entre-temps, la jolie Julee ne perdit pas de temps, collabora un paquet de fois, bien sûr scella son destin illico , au sommet de pics jumeaux, parmi deux hommes pas à la gomme, quel bien beau trio que celui-ci, David Lynch, Julee Cruise, Angelo Badalamenti. La fifille de dentiste, par un fil suspendue dans les airs jadis, puisque première symphonie industrielle, créée par le précité tandem , se fendit en sus de diverses reprises, de Bowie & Eurythmics, étra...

L’Insoumis : Annotations sur Alain Delon

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Dans la douceur grise de l’hiver automnal, sa flamme sombre et solaire de Samouraï … En ces temps de commémorations intéressées (instrumentaliser le passé afin de faire écran au présent), d’hommages hyperboliques (chaque « artiste » devient « immense » à sa mort lucrative, le Swan de Phantom of the Paradise s’en gaussait déjà) et de nostalgies nécrophiles (nous vomissons certes cette pathétique époque du pathos, qui nous le rend bien, du reste, mais pas au point de chérir un illusoire « âge d’or », au cinéma ou en dehors), rassurons le lecteur : on ne dressera point ici une inutile statue à l’un des meilleurs acteurs de sa génération ( le meilleur ?), toujours vivant, à peine, cependant (son absence remarquée d’un piètre portrait télévisuel « autorisé », diffusé récemment, pompeusement intitulé Alain Delon, cet inconnu , suffisait à le rendre caduc, malgré la narration empathique d’Audrey Fleurot, avec laquelle il formerait s...