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La Fin du film

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  Exils 11 (15/12/2023)   Ouvreuse deviendrait en anglais usherette  ; chut se change en hush  (Robert Aldrich opine ; Bette Davis rempile, cf. Chut... chut, chère Charlotte , 1964). Sis ainsi sous le signe du silence, sinon du secret, d’une vie secrète et d’une blondeur éclairée, Josephine Hopper, modèle, muse, épouse, peintre, alors à mettre en parallèle avec Marianne Faithfull ( A Secret Life , morceaux mis en musique par Angelo Badalamenti), le beau tableau du sage Edward ne figure plus cet « effondrement central de l’âme » dont Antonin Artaud se plaignait auprès du correspondant Jacques Rivière en 1924, qu’auparavant Poe donna à lire, à ressentir, au propre et au figuré, architecture d’usure, impure, promise à la fatale fissure, dans La Chute de la maison Usher , cimetière domestique puis aquatique à l’ironique patronyme en rime, parue en 1839. Au siècle suivant, à l’orée d’une année elle-même maudite, placée sous le sceau d’une destruction de ma...

Artemisia

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  Un métrage, une image : Frida Kahlo (2020) Après le destin sympathique ( Frida , Taymor, 2002), le dessin historique ( Josep , Aurel, 2020), voici donc les dernières révélations à propos du peintre, puisque l’on promettait de portraiturer une personnalité, en sus de retracer une artiste. Hélas, le vœu pieux boit vite la tasse, surtout de tequila, oui-da, car ces quatre-vingt-dix minutes de ripoliné tumulte se cantonnent à ne jamais dépasser de la doxa les bornes. Documentaire linéaire et scolaire peuplé de transparents experts, Frida Kahlo (Ray, 2020) consacre par conséquent, à l’avenant du tout-venant, une icône laïque de la modernité tendance doloriste, sinon la figure de proue d’un féminisme mâtiné d’exotisme, à Mexico ou à l’hosto. Les Femmes artistes sont dangereuses affirmait la drolatique Laure Adler, toutefois rien de risqué au sein trop sain de ce travail soigné, aseptisé, de cette évocation britannique, didactique et anecdotique, sise sous le sceau de l’auto...

Du tableau à la terrasse : L'Étoile vivante de Nicolas de Staël

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Soixante ans après son suicide, célébrons un peintre de la lumière finalement dévoré par sa propre nuit, belle comète et explorateur inlassable de la « couleur tombée du ciel » chère à Lovecraft… On garde un souvenir ébloui d’une exposition consacrée à Nicolas de Staël,  au siècle dernier , par la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Dans un écrin végétal où des œuvres d’art contemporain respirent en liberté, baignées par la lumière de Provence qui caresse les pierres et découpe parfois, impitoyablement, les ombres au goût de sel marin, nous découvrîmes de nombreuses pièces de cet artiste à la biographie courte et agitée. Exil de Russie, statut précoce d’orphelin et d’adopté, études aux Beaux-arts de Bruxelles, amour fou et vaincu par la maladie pour une autre artiste, Jeannine Guillou, engagement dans la Légion étrangère, retour à Paris et fréquentation du petit milieu, vite étouffant,  de la peinture d’avant-garde, voyage en couple ou en famille vers l...