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Affichage des articles associés au libellé Franco Zeffirelli

Fanny

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  Madame rêve, agit aussi, vit sa vie, ses envies, me ravit… Dans le jamais embrasé, « tant pis », Couleurs de l’incendie (Cornillac, 2022), Fanny Ardant , discrètement, brillamment, au creux d’un nocturne compartiment, meurt du cœur, dernière lumière, vitre humide : soudain surgit, au milieu de ma mémoire cinéphile, le souvenir de la Max(ine) de Mission impossible (De Palma, 1996), c’est-à-dire de la superbe et vilaine Vanessa Redgrave, déguisée en stratège de TGV. Auparavant, Ardant donne de la voix, doublée par la spécialiste Sandrine Piau, au château, en appartement, à l’opéra, on n’oublie pas qu’elle incarna, autrefois, une certaine Maria Callas, en master class , Polanski opine, ou dans l’impasse, Zeffirelli confirme ( Callas Forever , 2001), qu’elle narra un documentaire dédié à la cantatrice, proche de Pasolini & Onassis ( Maria by Callas , Volf, 2017). Adolf s’affole, le chœur a cappella , au piano recta , des « esclaves juifs » du Nabuc...

Flight Plan

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  Modèle de modernité, moralité de monstruosité… L’antidote à In t he Mood for Love (Wong, 2000) ? Davantage un ouvrage sur les images et les mirages. Dans l’avant-dernier segment émouvant puis éprouvant des Nouveaux Monstres (1977), coréalisé en compagnie de Scola & Monicelli, Risi leur laisse presque toute la place, petit précis de ciné muet très expressif, tout le temps éloquent, où à peine une poignée de répliques, unilatérales, répondent aux paroles ad hoc du double programme musical, aux informations à la télévision finales et fatales. Face aux interrogations du romantisme, le terrorisme conserve ainsi mystère et mutisme. D’une décennie à la suivante, les moyens de locomotion diffèrent mais demeurent mortifères, la virée en voiture ou le vol en avion se terminent idem au cimetière, Senza parole prolonge subito presto Il sorpasso (1962). S’il ne fanfaronne comme Gassman, présent ici aussi, qu’il évoque en vrai-faux sosie, Latin lover au charme de cheveux sombre...

Les Grandes Espérances : Illusions perdues

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lean. Longtemps avant le personnage poignant de La Fille de Ryan (1970), voici un juvénile John Mills, pas ravi de village épris de Rosy, toutefois vrai-faux futur forgeron, anti-héros d’un conte d’éducation, sentimentale, sociale. Après un superbe prologue atmosphérique, drolatique, annonce assurée, bien sûr, du suivant Oliver Twist (1948), jouez avec les gibets, remarquez l’arbre à face humaine, où se devine l’homonyme de Friedkin ( La Nurse , 1990), David Lean délivre donc un mélodrame un brin hugolien, car forçat affamé, à malaria, pas si mauvais que ça, philanthropie jolie, de revenant d’Australie enrichi, devant beaucoup à la candeur de l’acteur, à sa culpabilité, sa colère rentrée, sa mélancolie, aussi. Orphelin point mesquin, citoyen londonien, grandi, agi, type un peu intrépide, presque stupide, « Pip » s’active à trois reprises, cesse d’être passif puisque secouriste, certes à moi...

Blue Banisters : L.A. Woman

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  Lizzy & Stefani ? Femmes fréquentables, amicales et admirables… L’automne vous assomme ? Le monde vous incommode ? La vie vous ennuie ? Revoilà Lana, artiste stakhanoviste, à disque délice, a fortiori autobiographique. J’annote, ad hoc , de Lady Gaga la dernière galette, encore en tandem avec Tony Bennett , autre chanteuse valeureuse, New-Yorkaise à l’aise, passée à l’Ouest ; je désire écrire quelques lignes, à peine dissipée la chimique, alchimique, fumée de Chemtrails over the Country Club , édité au mois de mai. Infidèle à Antonoff, Mademoiselle Del Rey se remémore Ennio Morricone, pas conne, plutôt en mode Leone ( Le Bon, La Brute et le Truand , 1966). De face sur CD, flanquée de ses clebs Tex & Mex, merde au politiquement correct de communauté, à ses représentants autoproclamés, dégoûtés par la pochette suspecte, pas assez dotée de diversité, de l’ opus précédent, tu m’en diras tant, adossée à sa balustrade en bois bientôt bleue, green...

Les Onze Fioretti de François d’Assise : Comme un oiseau sur la branche

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  Fleurs mineures ? Florilège ni sacrilège ni sortilège… À la bienveillante et divine Jacqueline Le redécouvrant, on sourit souvent, ceci ne surprend : le titre d’origine, moins factuel que le français, exit itou le (con)sacré, admet la dimension humoristique. Encore escorté du frérot Renzo, responsable du « commentaire musical », lecteur liminaire en voix off et VO, Cantique des créatures carrément écolo, il caro Roberto opte pour un vrai-faux biopic épisodique, parabolique, un impressionnisme latin loin de la soumission de sacristain. Situé entre l’insulaire Stromboli (1950), au sous-titre explicite ( terra di Dio ), et le méta La Machine à tuer les méchants (1952), moralité satirique, co-écrit par Fellini & Rondi ( Europe 51 , 1952, Huit et demi , 1963 ou L’Hystérique aux cheveux d’or , 1973), éclairé par Otello Martelli (Riz amer , De Santis, 1949, Stromboli, La dolce vita , 1960), adoubé, sinon financé, par le clergé, Les Onze Fioretti de...

Hamlet : Les Princes

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Svend Gade & Heinz Schall. 1 « Je ne suis pas un homme et je ne peux être une femme ! » : tout ceci, infini, très théâtral, ne saurait effacer l’émouvant souvenir androgyne de La Reine Christine , et star poussiéreuse alors maquillée comme Conrad déguisé en Cesare, Asta croisa d’ailleurs Greta dans une rue sans joie ; pour du saphisme, on repassera, pour du cinéma, aussi, tant pis ; déplorons la hideur de l’accompagnement musical. Plutôt seul/silencieux que mal accompagné, en effet… 2 « Ton cœur d’or était celui d’une femme ! » : le pauvre Horatio, un peu paupérisé du ciboulot, vient enfin de comprendre que l’étudiant (de Copenhague, pas de Prague) s’avère une étudiante, certes moins souriante que celle de Sophie Marceau. Lorsque Mademoiselle Nielsen, instigatrice de l’entreprise un brin narcissique, rabat désespérément sur sa gorge un pan de co...

La Passion du Christ : Le Corps et le Fouet

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Cette hagiographie, loin des faux procès, donne le vertige par sa frontalité, son obsession de la chair martyrisée, en confirmant l’énergie et la violence de Gibson réalisateur. Une vieille et triste histoire, à l’origine d’une religion : les dernières heures de la vie terrestre d’un homme reconnu messie (par certains). De la dernière tentation aux derniers outrages, d’une parodie de jugement à un lavement de mains célèbre, d’une crucifixion à une résurrection – le tout entrecoupé des souvenirs auprès de sa mère, le tout incarné au plus près du corps en souffrance. Voici, littéralement, une mise en scène du mystère de l’Incarnation – force et limite d’une œuvre ni antisémite, ni misogyne, ni racoleuse, mais avant tout physique, dirigée par un acteur avec son principal outil : son propre corps, pour le portrait saisissant, fraternel, d’un autre corps, à la fois mythique et point focal de tous les supplices, de toutes les douleurs. Durant deux heures, ce corps glorieux qui s...