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Affichage des articles associés au libellé Film X

Mange ta mort

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  Exils # 58 (24/10/2024) Epstein & Corman ? Watson & Webber. Diptyque 28, duo de Poe. Ne parlons du compatriote ni de Roger l’Amerloque. Deux items homonymes, inscrits au fameux Registre National du Film. Catalogue de camelote, de classiques, cabinet de curiosités, de succès, hébergé à la Bibliothèque du Congrès. Dressé depuis trente-cinq années, occupation de « professionnels de la profession », multiples spécialistes, du public en partie. Comme dans l’Hexagone, dix ans d’existence et vous voici classé d’office, fi du box-office , en « cinéma de patrimoine ». Des critères « culturels, esthétiques et historiques », au compteur presque 880 titres, toutefois pas un seul fiché X, vade retro  Damiano. Tout ceci riquiqui, en quantité, sinon ancienneté, à côté des collections mesurées en milliers de la Cinémathèque de Langlois Henri (40 000), des Archives (Françaises) du Film à Bois-d’Arcy (140 000). Pris de court par celui de l’améric...

Lost Highway

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  Un métrage, une image : Les Putes de l’autoroute (1991) Tu devines vite qu’avec un tel titre, voici une virée de trivialité. Le prologue caracole, club coloré, chansonnette suspecte, déjà méta, refrain résumé, explicite et emblématique : « J’suis la hardeuse à tout l’monde/Au bout du sexe, je suis immonde  ». À la suite de cette vraie-fausse bande-annonce, censée exciter le spectateur, tant pis pour l’auditeur, prestation reprise plus tard, ne perdre à aucun prix, Marc Dorcel musique et produit, une image du métrage, diluer la durée, recycle cynique, comme un écho d’archéo aux boucles   classées X de jadis, le film commence au moyen d’une mise en abyme au carré, d’une mise en scène de l’obscène encore sonore, double décor. Au creux de l’habitacle, au fil de la nuit, de la cibi, une troupe de types se divertit, presque s’astique, en écoutant la gymnastique d'un confrère camionneur enculeur, caméo miso de Michel Ricaud. Boire ou baiser, il faut préférer...

Deux filles au tapis

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  Un métrage, une image : Stiff Competition (1984) « Est-ce que sucer, c’est tromper ? » demandait jadis Thierry Ardisson, à la TV, à ses invité(e)s. Stiff Competition répond que non, que les sentiments des amants excèdent le sperme, que la vraie victoire revient à se débarrasser du doute, du deal d’entourloupe, avouer à celui qui lui procura, au moins le temps de l’entraînement, la sensation d’être la meilleure, en sus d’un certain bonheur, qu’elle l’aima pour cela, l’ultime pipe le lui prouvera. Plumard, panard, braquemard, comme bon vous semble de trouver l’ensemble dégueulasse – soudain, un instant de grâce, lorsque le coach ôte de la caboche de sa sportive en définitive fidèle, peu rebelle, le chapeau noir, ah, allez savoir, allez y voir. Le ciné classé X, je le dis, je le redis, hier et aujourd’hui, représente un empire de la tristesse, l’explorateur sans peur peut pourtant y apprécier aussi de la tendresse, de la liesse. Réussite explicite du ciné...

Banco

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  Un métrage, une image : Casino : No Limit (2008) Le descendant de Dorcel, DG + VRP du petit empire de son papounet, disait jadis à LCI « poursuivre un triple objectif qualitatif », impératif d’un film « attractif pour le plus grand nombre et pour toutes les générations – pour cela, il ne doit pas être répugnant, ni bidon, ni ridicule », comment veux-tu, si tu recules… Le fric ici s’affiche, objet-sujet d’économie libérale, non plus libidinale, de logique commerciale, comptable, de voyage estival : 230 000 euros de budget , 2 h 30 de durée, 14 actrices, 12 scènes classées X, distribution à l’unisson dans 56 pays, en sus (moi bien) d’une projection à la presse et de communication numérique un zeste, Ibiza, on y reva, de longues années après More (Schroeder, 1969), d’accord. Tout ceci sert à financer du locatif, par exemple yacht et villa , voilà, production values de parvenus, diégétiques, cinématographiques, se verra réutilisé selon d...

Attention les yeux !

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  Un métrage, une image : La Vitrine du plaisir (1978) L’ opus apologétique, dépourvu de la plus petite perspective critique, reprend le plan du parcours initiatique, réutilise la structure é(n)culée du récit (trop) joli, voi(r)e en voix off : du gonzo journalistique au gonzo pornographique, il suffit ainsi d’un pas, pour Pascale en tout cas. Ni portrait spécialisé, façon Exhibition (Davy, 1975), ni mélo en trio, à l’image de L’important c’est d’aimer (Żuławski, 1975 aussi), La Vitrine du plaisir , aka Tout pour jouir ! , se donne donc des airs de vrai-faux documentaire, participe du périple publicitaire, met en abyme Gérard Kikoïne, lequel dirige son équipe en fellinien marionnettiste, en écho au Federico concon de Satyricon (1969, année érotique, Gainsbourg ne se goure), fais-ci, fais-ça, comme ceci, comme cela, couci-couça, le silence du son direct, on l’éjecte. La scribouilleuse un brin boudeuse, bien de son temps d’antan, résidente de capitale hivernale, va déjà à v...

La Fidélité

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  Un métrage, une image : Les Bas de soie noire (1981) Un huis clos, un piano : nous (re)voici bel et bien chez Burd Tranbaree, c’est-à-dire le cinéaste de l’aussi autarcique et mélodique Clarisse (1979). En partie auto-produit via sa société Shangrila, of course baptisée d’après un fameux Capra ( Les Horizons perdus , 1937), flanqué du soutien financier d’Alpha France, la boîte adroite de l’incontournable Francis Mischkind, musiqué par le plutôt inspiré Paul Vernon, pseudonyme de naguère d’Alain Goraguer, encore éclairé par Pierre Fattori, Les Bas de soie noire ne donne pas l’occasion d’à nouveau apercevoir l’épouse « soumise » et in fine violée « à l’insu de son plein gré » Brigitte Lahaie, mais celle de découvrir la gracieuse et malicieuse Christine Schwarz, performeuse éphémère d’une autre époque ad hoc , ici bien servie selon les « suspects habituels » de ce type de productions, dont le solide tandem Allan & Aveline. Il s’...

Change pas de main : Monamour

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  Baiser, se faire baiser, « se soumettre », se faire mettre, turpitudes de solitudes… Cinéaste cinéphile, Vecchiali délivre un mélodrame maternel et « romanesque », au féminisme à main armée assumé. Il s’agit aussi d’une réflexion en action(s) et à l’accordéon, (re)voilà Azzola, en particulier pendant la coda conçue comme une bande-annonce rétrospective, à propos de la pornographie, disponible désormais sur un site spécialisé, quelle (cruelle) logique ironique. Dommage pour Dietrich & Sternberg ( Shanghai Express , 1932), on songe davantage au doux-amer Fassbinder et in extremis à Melville, puisque aube idem livide, à reflet refusé. Au sein (malsain) de ce récit à multiples péripéties, à base de chantage à tous les (bas) étages, sans omettre un zeste d’inceste à « Domino » marteau et un clin d’œil à Manon Lescaut , Howard Vernon s’y colle, où défilent une « détective juive » intuitive et intrusive, un gradé d’Algérie en cercueil et fauteuil,...

Rendez-vous

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  Un métrage, une image : Sonia et l’Amour des femmes (1981) Après un prologue en plan-séquence plutôt surprenant, une maîtrise de l’utilisation du zoom démontrant, pendant lequel une blonde puis une brune se font du bien au sein d’une baignoire, gare au retard, Dominique Aveline se voit vite évacué en violeur de pénible parking ; à la victime ensuite consolée, voire revigorée, par ses soins lesbiens, Sonia s’enquiert, réconfortante et claire : « Vous aimez les femmes ? » L’étudiante étonnante lui répond en action, avant de se faire fissa conduire à l’université, allez, ce soir chez moi rendez-vous, mon chou. Hélas une ex sonne à sa place, qu’à cela ne tienne, sur le billard veinard, les deux belles en tandem écarte la queue, les boules et roule ma poule. De son côté, illico arrivée, Corinne s’improvise ou davantage se révèle experte, à travers mise en amorce une plante verte, duo de fofolles au sol, en 69, rien de neuf, ceci on reproduit au lit...

Too Naughty to Say No + Trashy Lady : Initiation perverse

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  Pédagogie adulte, témoignage de tumulte… Voici à nouveau du X narratif, selon des contes d’éducation pas si concons. Si Trashy Lady (Scott, 1985) relit/renverse My Fair Lady (Cukor, 1964), donc Pygmalion de Shaw, Too Naughty to Say No (Knipe, 1985) dialogue à distance avec Alice in Wonderland: An X-Rated Musical Fantasy (Townsend, 1976), lui-même inspiré par Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Carroll. Croque-mort nécrophile du second, l’estimable Harry Reems ( Gorge profonde , Damiano, 1972) rempile en gangster esseulé du premier. Épris d’une petite provinciale très jolie, trop polie, pendant la période de la prohibition, il va fissa la transformer, escorté de la coriace souris de son meilleur et emprisonné ennemi, en disons dame infâme, gare à la réputation à l’approche de la libération. Tourné en deux jours et demi, sans permis, Trashy Lady , assez soigné, plutôt impersonnel, manque de rythme, congédie toute misogynie, permet de retrouver Cara Lott (...

À l’Ouest, rien de nouveau

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  Un métrage, une image : Outlaws 1 (1998) + Outlaws 2 (1999) « Surprise is the key », en effet, surtout au sein (surexposé) de ce style de ciné ; hélas, le réalisateur des estimables Blue Holocaust (1979) et Anthropophagous (1980) n’en réserve aucune au spectateur sans peur, aussi personne ne rapprochera son supposé, dispensable et anecdotique diptyque du mémorable Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), malgré un argument presque similaire de vengeance – ou justice, suivant la perspective adoptée – « genrée ». Transposition transgenre des Sept Mercenaires (1960) de John Sturges, donc, déjà, des Sept Samouraïs (1954) d’Akira Kurosawa, tandem renommé, auquel le titre français du DVD, Rocco et les « Sex » Mercenaires , adresse un clin d’œil circonstanciel, Outlaws de Joe D’Amato pouvait pourtant participer, sinon d’un féminisme soft (ou hard ), au moins d’un révisionnisme orienté vers l’onanisme. En réalité, en dépit d’une directio...

Hartley, cœurs à vif : Notes sur Nina

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  Californienne fraternelle, fornication à fond… Pensée peinée pour Caroline Cellier (1945-2020) The more I think about sex the better it gets Here we have a purpose in life Good for the blood circulation Good for releasing the tension The root of our reincarnations Kate Bush, Symphony in Blue Une réplique de l’unique Nina, il n’en existe pas. La longévité de Mademoiselle Hartley ainsi raison donnerait à la prophylaxie sexy : baiser à volonté s’avère vraiment sain pour la santé, des organes, mentale… Depuis presque une quarantaine d’années à présent, l’ alias de Marie Louise Hartman tout entend, tout défend, tout entreprend et tout t’apprend. Bien moins éphémère ou suicidaire que la majorité de ses confrères et consœurs de cul et de cœur, cette actrice/réalisatrice classée X finit fissa par devenir figure légendaire, sinon ancêtre tutélaire. La native de Berkeley nonobstant oblitéra sa célèbre université, préféra celle de San Francisco, illico presto s’y di...

Emmanuelle 4 : La Femme aux deux visages

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  Naufrage d’enfantillages ? Hommage à dommages… Chirurgie du récit et charcutage du montage : Emmanuelle 4 (1984) démontre en lui-même la division de son sujet, film dit érotique assorti de trois instants « interdits au moins de dix-huit ans », contamination à la Caligula (Brass, 1979), voilà. Ponctué de vrais-faux fondus enchaînés aux allures de pages tournées, il constitue comme une chronique pas si exotique, s’apparente à un périple à rebours, de retour à l’amour, s’apprécie en portrait de femme tourmentée, transformée. Accompagné de l’espiègle Mademoiselle Nygren, substituée à la regrettée Sylvia Kristel, qui s’interprète elle-même, Leroi relit, de manière littérale, médicale, La Femme aux deux visages (1941), où Cukor dirigeait/dédoublait Greta, compatriote de Mia, s’inspire de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), seconde Carlotta incluse, adresse un clin d’œil de cinéphile zoophile à The Devil in Miss Jones (Damiano, 1973), débauche d’outre-tombe...