Articles

Affichage des articles associés au libellé Michel Foucault

Lueurs intérieures

Image
  Exils # 27 (29/03/2024) À celle qui ensoleille Continuer d’aller au ciné ? Mais pourquoi, puisque cinéma chez soi ? Parce que film sur disque ou en ligne, donc non projection, horizon, réunion ? À l’époque de l’analogique, de la pellicule, de la bobine, ça pouvait s’argumenter, à base de supports différenciés. À l’ère peut-être tout autant éphémère du numérique mondialisé, ce point incertain se dispense de pertinence, les dimensions de l’écran se modifient seulement. Le marché mise d’ailleurs sur cette fameuse immersivité, marketing amniotique, comme si la salle, autrefois caverne sépulcrale, Platon & Artaud en duo, ressemblait désormais à une matrice archéologique, dans l’attente plus ou moins impatiente des univers alternatifs promis par le transhumanisme, Musk & Zuckerberg gambergent. Ainsi abri, l’espace des images peut s’amuser à miroiter, sous couvert de ciné « engagé » ou documentaire, le monde du dehors, à feu et à sang toujours et e...

Exit Plan : Happy End

Image
  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jonas Alexander Arnbyde. Ce plan de sortie définitive commence donc comme du Lovecraft, message d’outre-tombeau filmé de façon frontale en vidéo ; il se poursuit par un panorama panoptique éclairé en clair-obscur, digne d’affoler ou apaiser le spécialiste Foucault. Toutefois ce métrage pas si sage, fiévreux en creux, ne se soucie   d’euthanasie, de lointain hôtel tendre et cruel, à rendre celui de Shining (Kubrick, 1980) calme et tranquille. Constamment empathique, discrètement ironique, Exit Plan (2019) s’apparente à un survival feutré davantage qu’à un mélodrame outré, en cela participe du film horrifique, exercice de catharsis, traversée des létaux supplices vers les vitaux délices. Assureur sur la vie, eh oui, homme aimable, mec aimé, Max se sait désormais condamné, une plus grosse tumeur que la sienne, tu meurs, lui aussi. Aussitôt scanné, IREM immaculé, le voici envolé, le safari en Afrique, cadea...

Rappelle-toi Barbara

Image
  Sème, tandem , sillon de rémission… Bernard Stiegler, passé par le privé (CLCF), signa Le  Temps du cinéma , qui dit Deleuze, s’inquiétait de technique, d’anthropologique, d’ entropie , d’adoption et d’individuation ; il se suicida en 2020, merde à la maladie, aux banques braquées. Barbara Stiegler s’entiche de Nietzsche, lit Lippmann, analyse le néolibéralisme, dogme-obsession de l’adaptation, porte un gilet jaune ; elle bosse à Bordeaux. Le père philosophait, la fille aussi, rare, ainsi. Foucault illico , Tocqueville écho, l’universitaire multiplie les interventions, ne vise aucune conversion, vaccinée, au propre, au figuré, contre le progressisme et le complotisme, maux en médaille, la démocratie mondiale déraille. Pandémie ou syndémie ? Kahn ou Kant ? Protocole ou contrôle ? Jamais décevante, toujours stimulante, l’enseignante sérieuse et souriante ne se pose en héritière, au contraire, puisque pareille paternité un peu « compliquée », O...

Espion(s)

Image
  Un métrage, une image : Le Dossier 51 (1978) Dépouillé du spectaculaire, l’espionnage apparaît en pleine et piètre lumière, jeu sérieux, spécieux, dont la dimension méta au cinéaste espiègle n’échappa. Deville & Perrault, carpe + lapin, parce qu’ils le valaient bien ? L’ opus récompensé, idem produit par Dussart ( L’Apprenti salaud , 1977), encore éclairé par le régulier Lecomte, toujours monté par la coutumière Raymonde Guyot, démontre et démonte une mise en scène malsaine, signée d’un tandem amène, en train d’esquisser de sinistres cinéastes, eux-mêmes en train d’observer, avec pour objectif de le manipuler, un quidam du quai d’Orsay. Pas une once de hasard si la scène de séduction dirigée, capturée au carré, sur pellicule, en vidéo, ressemble ainsi à une audition, anticipe le dramaturgique psychique du Paltoquet (1986), entrepris parmi une décennie dédiée aux images domestiques, donc individualisées, surdéterminées, selon le marché, de la publicité (à ...

Chantons sous la pluie + Orange mécanique : La Joie et l’Effroi

Image
  Globes lumineux, danseur fiévreux, acteur improvisateur, propagande de la peur…   Une femme raccompagnée à sa porte, une autre qui hésite à ouvrir la sienne : on passe ainsi d’une première décennie à une seconde, on délaisse la douceur, on adoube l’immonde, à la rhétorique hollywoodienne se substitue celle kubrickienne. Mais il s’agit aussi, là et ici, de cinéma méta, d’un art (se) réfléchissant sur soi, d’un rappel (silencieux) puis d’un rapport (sexuel) à la loi. D’un Stanley (Donen) au suivant (Kubrick), la comédie nostalgique cède sa place à la dystopie drolatique, la grâce de Gene Kelly disparaît devant la disgrâce de Malcolm McDowell, une nuit éclairée s’efface face à l’intérieur d’une maison aux miroirs et aux murs immaculés, à l’instar du costume d’Alex, tant pis pour le gris de Don. Cependant la caméra chorégraphie en écho, presque en stéréo, des trombes d’eau en studio, un domestique chaos, saisit l’allégresse de deux hommes lestes, figure la climatique tran...

Cinglée

Image
  Un métrage, une image : Shock (1946) La matrice apocryphe de Sœurs de sang (De Palma, 1972) ? Presque, puisque ici aussi témoin de meurtre ( quasi ) réduit à l’amnésie par un shrink nuisible (pléonasme). Pourtant l’impérial Price portraiture un psy assassin à l’insuline point délesté de conscience ni de culpabilité. Au terme du deuxième  replay du trauma méta, il étrangle sa salope séduisante, « femme fatale » (et vile rivale) d’un « film noir » jamais misogyne, in extremis moral, policier perspicace à la clé, cherchons donc le létal chandelier. Déjà co-écrit par Eugene Ling, l’un des scénaristes de Behind Locked Doors (Boetticher, 1948), l’ouvrage de Werker, précis, impersonnel, ne repose ainsi sur un tueur à la truelle, un acteur cabot, a contrario possède un casting choral impeccable, mentions spéciales à Mesdames Lynn Bari ( L’Incroyable Monsieur X , Vorhaus, 1948) & Anabel Shaw. Bien éclairé par le tandem MacDonald ( Ni...

Chez les fous : Shock Corridor

Image
Fou de guerres à l’étranger ? Gare aux folies des Français… À Antonin Artaud, Marseillais marteau ou momo Je lui dis : Si vous n’êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l’est ? Il me dit : Parce que j’y gagne un argent fou ! C ’ est moi le banquier ! Raymond Devos Hunter Thompson n’inventa pas le journalisme gonzo , vade retro , sous-genre sous-développé du porno, et Albert Londres n’attendit pas le personnage imprudent du film fiévreux de Samuel Fuller, sorti en 1963, de la novélisation simultanée sous son nom, pour s’investir in situ . Pour « porter la plume dans la plaie », précepte personnel indispensable, transposable, le reporter s’exporte puis rapporte, importe son « point de vue documenté », à la Vigo, animé par une similaire colère, tamisé par un humour en rime. Paru en 1925, Chez les fous ne se déroule pas à Nice, en Guyane, en Italie, en Russie, en Asie, en Afrique encore coloniale, en Palestine...