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Le Terminal de la morale

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  Exils # 243 (15/10/2026) Salué par Kubrick, admiré par Malick, The Terminal   Man (1974) dysfonctionne à l’image du principal personnage, informaticien spécialiste de « l’intelligence artificielle » soumis à des crises olfactives et homicides à la suite d’un accident récent, cobaye volontaire d’une opération pionnière, supposée le calmer. Moins mélomane que le traitement Ludovico d’ Orange mécanique (1971), bien que Bach by Gould, la « psychochirurgie » d’électrodes dans le cerveau, computer au cou, « pile atomique » sous l’épaule, déconne en écho à l’ordinateur itou tueur et pareillement paranoïaque de 2001, l’Odyssée de l’espace (1968). Loin de liquider la colère, boucher les « trous noirs » de la mémoire, le système produit l’effet inverse, cercle vicieux de stimulations et de compulsions, transformant le temps de quatre journées le détenu dangereux en épileptique maniaco-dépressif au costume immaculé, en catholique athée d’au...

La Locataire

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  Exils # 242 (14/10/2026) Depuis Orange mécanique (1971), on sait que Chantons sous la pluie peut attirer de gros ennuis. Shire la chantonne, se rassure esseulée, parmi des rues remplies d’obscurité. Pas de Bronson à l’horizon, à peine un ex un peu collant, qui travaille avec elle, dans un musée d’enfants. Mais le fameux « sentiment d’insécurité » s’avère mal placé, à déplacer, le danger se situe sur le seuil de l’appartement, ouvert à l’instant : un mec à cran d’arrêt pénètre à l’intérieur, ne la pénètre pas, lui fait passer un très mauvais quart d’heure, pousser de petits cris suggestifs, sa lame à la place de son pénis, vraie-fausse fellation de bande-son, puisque l’assaillant l’enregistre. Le spectateur candide se demande s’il va découvrir un copain de Haneke, si va s’établir entre lui et le titre un rapport sado-masochiste. Le soutien-gorge ôté hors-champ rassure cependant, pas de viol explicite, de voyeurisme style Un justicier dans la ville (1974). La ...

Muet comme ta tombe

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  Exils # 241 (13/10/2026) Le dernier film de Forbes commence et se termine au sein d’un cimetière. D’abord un homme se rend devant la tombe de son épouse et de sa fille, menacé à distance par une arme d’habitacle. Enfin il traverse l’herbe verte au côté d’une survivante à « excuser », qui s’effondre soudain, mortellement touchée. « Bande de salauds » ( bastards en VO) s’écrie le psy, figé en image arrêtée. Il ne s’adresse pas au tandem Globus & Golan, quoique, car cette production Cannon constitua pour le réalisateur une constante horreur, un « cauchemar » à filer le cafard. Mal-aimé, carrément à contre-temps, du ciné, de l’esprit du temps, La Machination (1984) ravive vite la SF dépressive des Femmes de Stepford (1975), opus plus connu et reconnu de l’intéressant intéressé. Ici aussi il s’agit de faire taire une compagne, mais différemment, en éliminant celui auquel elle se confie. Ceci rappelle un peu Pulsions (1980), l’élégance de Moor...

C’était ça ou mourir de rire

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  Exils # 240 (12/10/2026) Dans sa biographie de la star , aussi épaisse qu’un sandwich SNCF, Emily Herbert consacre quelques lignes à Docteur Patch (Shadyac, 1998), que certains considèrent comme le pire de sa carrière, dit-elle innocente et sournoise, toutefois succès financier, à disons 200 millions de dollars estimé. Le modèle de la vie réelle vomit le film, n’en tira pas profit, tacla l’acteur, avoua sa valeur. Sorti aux États-Unis un 25 décembre, admirez le timing , tout cela courrouça la critique locale, Roger Ebert jugeant « éhonté » ce cadeau d’hosto. Certes on concède que le transparent cinéaste tend le bâton (ou la perfusion) pour se faire battre, que le serviteur de Carrey ( Ace Ventura, détective chiens et chats , 1994) & Murphy ( Le Professeur foldingue , 1996) ne lésine sur le sirop musical de Shaiman, qu’en tandem avec le scénariste fidèle Oedekerk il signe un vrai-faux biopic digne d’un téléfilm d’après-midi sur M6. Comédie dramatique d’oxymoron de locu...

Un mariage et sept enterrements

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  Exils # 239 (08/10/2026) Un doigt de Rebecca (1940) ? Un soupçon de Spellbound (1945) ? Et bien sûr un brin de La Barbe bleue  ? Sans doute et au-delà. Film mal-aimé, y compris par son couple principal, échec économique et critique, qui entraîna fissa la faillite de la Diana, compagnie de production de Bennett/Wanger/Lang, Le Secret derrière la porte (1947) s’avère pourtant l’un des meilleurs du réalisateur, mésestimé sommet de sa période américaine, au côté de Furie (1936) et des Contrebandiers de Moonfleet (1955), plongées parallèles parmi la psyché US, ses systèmes judiciaire et imaginaire. É crit par la scénariste de La Furie du désir (1952) et de   L’Ange des maudits (1952), mais aussi Madame Bezzerides, le signataire des scripts de La Maison dans l’ombre (1952) et En quatrième vitesse (1955), à partir du roman (pièce 13 au lieu de la 7) d’un spécialiste du polar, éclairé de façon hypnotique et métaphysique par Cortez, le dirlo photo de La Sp...

La Loi et le Désordre

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  Exils # 238 (07/10/2026)   Quel meilleur moment pour découvrir Law and Order (1969)… Tandis que des manifestations se déroulent en France, certains dénoncent la « répression policière », la violence juvénile, la destruction de biens publics, opposition de générations, clivage des images, on retourne en arrière, se délocalise à Kansas City, on essaie d’y voir clair, de ne pas se contenter des a priori . Chronique du quotidien de policiers casqués, lunettés, motorisés, ce documentaire destiné à la TV dite éducative de la Fondation Ford et primé d’un Emmy mérite plusieurs lignes. Ce qui surprend, en premier ? L’audace de Wiseman, toujours là au bon endroit, souvent lorsque ça ne va pas, dont la caméra à hauteur d’homme (et de femme) ne paraît déranger personne, a fortiori ceux qu’elle filme et qui devant elle s’expriment. À notre époque de « droit à l’image », de floutage et de formatage, surveillez votre langage précise d’ailleurs un supérieur, ce...

Sauvée Regina

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  Exils # 237 (06/10/2026) Neuf ans après La Mouche (1986), Goldblum subit une autre métamorphose, cette fois-ci de l’esprit. Si l’expérience de mort imminente lui permet d’apaiser un minot faisant ses dents, elle fout son foyer d’antiquaire en l’air, sa femme se désespère, sa seconde fille ne décolère. Car l’époux et papa ne revient pas seul de l’au-delà, où revoir la première en vitesse, se connecte à un beau jeune homme abject, sataniste suicidaire qui pendant le prologue sourit devant sa sœur et sa mère en prière, trépassées par ses soins. Tandis que le réanimateur ne possède certes l’humour noir et la lubricité décapitée de celui de Re-Animator (1985), dissimule un mortel et personnel secret, notre anti-héros pas si dingo comprend l’imbroglio et affronte en famille le vrai-faux alter ego . Souvenirs de l’au-delà (1995) carbure à l’accident dédoublé, à la culpabilité partagée, ravive l’hubris d’un certain Frankenstein, retravaille le biblique moralisme des crimes des père...