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#LuiAussi

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  Exils 231 (23/09/226) S’il ne brûle la rétine, The Burning (1981) ne démérite, slasher forestier de camp d’été co-financé en famille, conçu pour capitaliser sur le succès de Vendredi 13 (1980). Pas de Jason à l’horizon, juste un homme détesté, dont se vengent de supposés adolescents bien trop grands, avec un crâne éclairé, d’asticots constellé, quasiment en diamant, tel le micro de Minogue. La plaisanterie sinistre vire au sévice, accident incendiant, hosto catho. Cinq ans après, le gardien revient, ivre de revanche, assassine en série, et la coda en regard caméra boucle la boucle du récit maudit et affreux au coin du feu : ainsi se tissent les légendes, rurales et urbaines, au creux d’une clairière ou au bord du brouillard ( Fog , 1980). Mais ce métrage authentiquement d’autrefois, quand un cascadeur enflammé filait la frousse pour de vrai, ne se soucie de dimension méta. Ce qui l’intéresse ? Le sexe (en parler, le pratiquer), les fesses (des deux sexes), la baise...

La J-horror ? J’adore…

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  Exils # 230 (21/09/2026) Face à Histoire de fantômes japonais (1959), Mizoguchi paraîtrait presque misogyne. Deux ans avant de faire faillite, la Shintōhō produit ceci, connu aussi sous les titres alternatifs Contes fantastiques de Yotsuya et The Ghost of Yotsuya . Si le studio se soucie de Kenji, de Madame Yuki, de la « galante » O’Haru, on doit à la Daei Les Contes de la lune vague après la pluie (1953), variante envoûtante du thème célèbre, moins dépressive, plus positive. Découvrir à domicile ce film bref, soixante-seize minutes de tumulte sec, cette femme défigurée, pionnière populaire à longue lignée, revient à revenir à l’imagerie et aux origines du kaidan, terme en rime à l’ opus de l’ incipit , récits écrits puis filmographie fantomatique, pardon du pléonasme. Le bien nommé Kwaïdan (1965), autre(s) histoire(s) de « cheveux noirs », supprime le potier dessillé, endeuillé, troque le rônin contre le samouraï, reformule l’infidélité, encore à cause ...

In Another Story

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  Exils # 229 (17/09/2026) Longtemps, je me suis couché sans Huppert. La voilà désormais hebdomadaire… À la suite de Souvenir , partons In Another Country (Hong, 2012). De la Belgique à la Corée, Isa x 3, Française(s) d’un vrai-faux film à sketches , acclamé(e) par la critique. La plaisanterie en trois parties dure 84 minutes générique(s) compris et pourra cependant sembler longue à certains. Les professionnels de la profession évaluatrice évoquèrent Rohmer, puisque papotages de personnages, à table et sur le sable, mais cela ne s’appelle Anne à la plage ni Contes coréens des quatre saisons , passons. Le bavardage, le marivaudage (je réduis à dessein, Éric ne m’en veut point), le cinéaste (honoré, récompensé, voire divorcé) ne s’en soucie. Ce qui l’intéresse, ce qui crée l’ivresse ? Les variations du thème (du t’aime), la situation et ses parallèles, la répétition infidèle (motif narratif). Visionner ce voyage, immobile et tranquille, drolatique et ludique, revient en vér...

La Parenthèse désenchantée

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  Exils # 228 (16/09/2026) Du rêve américain au rêve adultérin, il suffit d’un film dans le film, d’un tournage, d’un outrage, d’un rendez-vous relou. Ouvert sur un vumètre, terminé sur un tarmac, Un homme qui me plaît dialogue donc avec Model Shop (le couple sur la route et en déroute visite en vitesse un gun shop ), annonce le glamour morose d’ In the Mood for Love . Même si ici l’on consomme, les lits on compte et collectionne (on y téléphone aux proches, on y prend un petit-déjeuner jugé léger, on s’y observe en silence), rien ne naîtra du passage à l’acte patraque, sinon le mensonge supplémentaire d’un « tricheur » et d’un « lâche » sincère, le Concerto pour la fin d’un amour du fidèle (lui) Francis, déployé en coda sur la face de Françoise, Pénélope d’aéroport privée d’Ulysse à Nice. Dans Valley of Love , Depardieu & Huppert, père et mère, voulaient revoir leur fils, exil d’épiphanie ; Belmondo & Girardot souhaitent semer leurs propre...

Le Frère et L’Enfer

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  Exils # 227 (15/09/2026) Prends Petit paysan (Charuel, 2017), flanque-le de Fight Club (Fincher, 1999), tu obtiens donc Bisons (Monnard, 2024) ? Oui et non, car ce drame de désastre rural, castagne illégale, s’inscrit aussi dans le sillage d’ En fanfare (Courcol, 2024), comme si la fraternité, d’abord au propre, ensuite au figuré, constituait une intime utopie, face au factice et à la faillite des idéologies collectives. La famille, que tu la détestes ou que tu l’idéalises, tu la redécouvres toujours, tu y reviens un jour, tel Joël, plus fils prodigue mais héritier rejeté, par le père enterré renié, pitoyable taulard qui reparaît un soir, déplace sur le piano la paternelle photo. Après une journée bien remplie et réglée, s’entraîner tôt pour la compétition de lutte à l’horizon, s’occuper des bêtes honnêtes, notamment cette vache sur le point de mettre bas ou pas, puisqu’elle périra, prophétique trépas, se doucher tatoué, Steve rejoint la mère et le frangin, pas vrai...

Quand j’étais chanteuse

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  Exils # 226 (11/09/2026) De l’aspirine au champagne, en passant par le mousseux, du pâté à la perfusion, en passant par la piscine, Souvenir (Defurne, 2016), qui pouvait s’appeler Soutenir , dessine ainsi un double retour, celui du succès, celui de l’amour. Cela n’empêchera les élus, au sommet parvenus, de se traiter en aparté, en parité, de « pute pocharde » et « débile en short ». Quant au premier repas, dose de roses, homard hagard, l’installation de toilettes l’enverra aux oubliettes. Si Liliane se produit en EHPAD, « cinq cents euros de l’heure » pour rajeunir de vieux cœurs, ne rivalise avec des résultats sportifs, solitude scénique après la domestique, Laura séduit les jurés, les jurys , revient donc vers l’Eurovision, avant de s’égarer, de s’effondrer. À l’hôpital point fatal, Jean arrivé, Jean rassuré, le principe de réalité – question confirmation, promesse de ne jamais l’oublier – ne parvient à s’imposer, décomposer l’improbable romanc...

These Boots Are Made for Killin’

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  Exils # 225 (10/09/2026) Seule dans la nuit (1967) + Les Chiens de paille (1971) = Terreur aveugle ( idem ) ? Parlons de soustraction : plus de huis clos, d’héro, complicité de l’obscurité, chasse de guignol avec double viol, hécatombe par un spécialiste des nombres. Melville admiratif montra le premier à l’équipe du Cercle rouge (1970) ; Kael s’inquiéta du « fascisme » du deuxième. Méconnu, mésestimé, dépourvu de psychologie, rempli d’empathie, d’humour noir muni, l’exercice de style mérite sa mise en ligne. Si la cavalière hitchcockienne [1] ( Pas de printemps pour Marnie , 1964) voyait rouge, l’écuyère à la campagne ne voit rien, surtout le mal qui la (con)cerne. Le titre d’origine fait référence à la fameuse maxime des « singes de la sagesse ». Item anglais [2] tourné in situ , en compagnie d’acteurs et techniciens du cru, See No Evil possède donc une conscience des classes sociales, de la propriété privée, des propriétaires à pri...