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Class(iqu)e tous risques

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  Exils # 38 (19/06/2024) I L’union des droites, l’union des gauches ? Magie médiocre, coup de baguette malhonnête (in)digne de la Carabosse, simulacre émétique et amnésique, cerné de cynisme, pétri d’opportunisme. Or la réunion existe, sur la scène concertiste. En (re)découvrant du spectacle estampillé vivant, par opposition de bon ton aux conserves serviles, dociles et définitives, disponibles en dur (« support physique ») ou en ligne, tombes sans nombre désormais dotées d’ubiquité, on explore le trésor d’une utopie maintenant et ici, on se délecte, peu select , d’un idéal jamais muséal, on expérimente, de manière immanente et néanmoins transcendante, le respire ensemble, versus « l’élément de langage » et d’outrage du « vivre ensemble », cette tarte à la crème fameuse et infecte, jetée à la face d’un électorat forcément dégueulasse, puisqu’il vote FN & RN, Janus de la haine, depuis voici quatre décennies, par les pharisiens pas seulement parisiens de l’autoproclamé antirac

Les Jeux d’Elsa

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  Exils # 37 (12/06/2024) « Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire » écrivait le résistant Aragon (Les Yeux d’Elsa ) : avouons vite ne conserver de Di Di Hollywood (2010) que le souvenir d’un ultime titre anecdotique, comme si le fréquentable et toutefois inégal Bigas Luna ( Angoisse , 1987 ; Jambon, jambon , 1992 ; Bambola , 1996), décédé ensuite d’une leucémie, délivrait ainsi son Showgirls (Verhoeven, 1995) à lui. Le moralisme méta, la satire réflexive, le vide obscène des riches et des célèbres, on les laisse à ceux qu’ils intéressent, on attend davantage des images que la démonstration de leurs mirages. Mais l’on y remarqua, oh oui, la remarquable Pataky, Diana Diaz – clin d’œil de dédoublées initiales à notre Brigitte Bardot nationale – sur le podium puis dans l’impasse. Telle la courageuse Elizabeth Berkley, Elsa Pataky subit quelques moqueries, son physique impeccable, souligné par le sensuel Bigas, la rendant presque suspecte, tout sauf irréprochable, au moi

Casse-tête aztèque

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  Exils # 36 (06/06/2024) You've got your orders better shoot on sight Your finger's on the trigger but it don't seem right […] Night is falling and you just can't see Is this illusion or reality? Status Quo, In the Army Now   Kubrick au Mexique ? Oui et non, nuançons. Donc du cadre, du steadicam , de la dolly , des mecs en uniforme, que l’on (dé)forme et réforme, (presque) à l’infini, (jusques) à la folie, putain de « poulains » – une pensée pour la « Baleine » de Stanley – à dompter, in fine à (dé)monter, le suave et salaud Sierra (sosie de Martin Sheen) de ce vrai-faux Full Metal Jacket (1987) (de là-bas) s’avère vite « être de la jaquette ». Moins instructeur hurleur que le mémorable R. Lee Ermey, moins amusant, davantage avenant et ambivalent, il conseille à Luis (sosie de David Carradine), une main sur sa cuisse, d’abord d’étrangler sa copine, ensuite de la sodomiser. À la fin du film, il mettra sa tactique en pratique, sur l’héritier malmené, me

Vingt ans avant

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  Exils # 35 (05/06/2024) Donc en deux mille quatre, ce passé se rattrape, l’auteur Le Meur, dissimulé derrière un double pseudonyme dépourvu de frime, revoici Tarkovski et même Margaret Mitchell, revoilà pourquoi pas Asia (la Scarlett O’Hara de Autant en emporte le vent , justement, versus la Scarlet Diva de la fifille fébrile du caro Dario), ne se posait en avocat du dernier Coppola, imagier mégalo du bien nommé Megalopolis , ne critiquait par opposition, par-delà sa culturelle (sur)production, notre époque médiocre et sa mondialisée camelote, royaume à la gomme de singes sans méninges, pas seulement sur les écrans, mon enfant, salon à la con de « coiffeuses et coiffés » pour conférencier spécialisé, presque désespéré par les errances de la trance (de l’enfance, de la jouissance) et les solos du « réseau » (stimulation de la simulation baguenaude Baudrillard). Fi de musique supposée « sociologique », de colères lapidaires (de quinquagénaire), d’ire en ligne, bonjour jeunesse,

Le Chagrin pas la pitié

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  Exils # 34 (29/05/2024) Qui aujourd’hui oserait écrire ceci et l’écrire ainsi ? Quel éditeur débutant sauf jadis l’aguerri François Guérif posséderait le cran de le publier sans le corriger ? Quel confrère enfin sincère se risquerait à en faire un laudatif commentaire ? Peu importe sa place parmi le marché de masse ou dit de niche suivant la perspective le candide (l’inconscient) essuierait aussitôt les crachats de la clique féministe et du lobby gay friendly . Songez(-y) : J’étais Dora Suarez débute par un double « féminicide » comme certaines néologisent perpétré par un « tueur » anonyme – ça sent le sang le sperme et l’urine. Ça empeste aussi la détresse et la vieillesse la furieuse folie et la sordide ironie (l’une des victimes voulait se suicider éviter de voir ses souhaits exaucés ricane Oscar Wilde). L’assassin très malsain et dégueulasse hélas (un « étron » + un souillé pantalon ici puis durant les dernières pages un peu de coprophagie) manie la hache s’improvise Parqu

La Chouette et la Pêche

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  Exils # 33 (27/05/2024) Réentendu en VF délavée, revu samedi en salle vidée, sur un grand écran lui redonnant son « lustre d’antan », surtout cette double et fondamentale dimension spatiale, celle du récit, celle du widescreen , Labyrinthe (1986) demeure un divertissement séduisant et stimulant, pour petits et grands enfants, un conte pas con de compte à rebours et d’émancipation, certes moins sexuel que La Compagnie des loups (Jordan, 1984), certes moins sentimental que Legend (Scott, 1985), connus et reconnus contemporains, idem modèles d’un cinéma disons démultiplié, de l’imaginaire, du fantasme, du studio, encore doté d’une analogique matérialité, avant l’avènement du numérique hégémonique, souvent castrateur et sans saveur (puisque tout paraît possible, plus rien ne devient crédible). Dans Dark Crystal (1982), le père des Muppets n’animait que des marionnettes, leur humanité se passant des humains, parce qu’elles le valaient bien. Ici, il conduit Connelly & Bowie, tan

Et tu t’amènes au cinéma

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  Exils # 32 (16/05/2024) À dix euros le ticket (qui n’explose, n’en déplaise à Bill Burroughs), mieux vaut ne pas se planter. Si l’on se dit que ce prix moyen d’une place de cinéma en monnaie de singe communautaire devrait décourager le « grand public », a priori impacté par la « paupérisation » économiquement constatée d’une croissante partie de la société, il convient de se souvenir du succès financier du classé « septième art » en période de désespoir, donc durant la Grande Dépression aux États-Unis puis pendant l’Occupation ici. Avec son prologue explicite et symbolique – future et point pure nouvelle Ève, l’anti-héroïne y dérobe une pomme parmi la « Grosse Pomme » – de chômeuse voleuse ; avec son dépaysement aussi fantasmatique et fantastique qu’érotique et exotique ; avec son parallélisme spatial, une jungle insulaire et autarcique au large de Sumatra versus de la capitaliste et phallique New York la fameuse « jungle d’asphalte » (John Huston ne s’endort, d’accord), sans o