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La Plume et la Puce

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  Exils # 201 (27/05/2026) Treize années après La Part des ténèbres , revoici Timothy à nouveau dans la peau d’un écrivain point serein. Prologue en vol corporel à la Cronenberg [1] : un passager pianote sur son PC par la pensée, appendice organique relié au clavier – rêve éveillé, texte tapé. La Boîte de Kovak (Monzón, 2006) assimile écriture et virus , Burroughs ne s’oppose, contamination, sinon compulsion, de la fiction, réalité relookée sans l’aide du LSD. Fi du Festin nu , le héros hétéro ne dessoude sa dame, désire l’épouser avant le drame. L’élue en effet se défenestre, tandis que le futur ex -mari mate un DVD patraque, singe cinglé en train de se supprimer, écho illico à l’outrage du gazage du Mystère Andromède . L’une des voisines d’avion, finale destination, se suicide idem comme Christine Pascal, coup de fil fatal, au son d’un standard increvable, Billie mélancolie, gare à Gainsbarre. D’une cabine de douche en plongée, cadrage De Palma, on passe à un plan-séquence...

Un film, une ligne II

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  Cinoche moche, vie brève, texte « in progress »… The Big Lebowski (Joel Coen, 1998) Comédie simplette, d’elle-même très satisfaite, mais le numéro de Goodman à la Milius amuse     Brian Jones et les Rolling Stones (Nick Broomfiled, 2023) Documentaire scolaire, péniblement psychologisant, abrasif, non exhaustif (pas de Joujouka) La Sirène (Sepideh Farsi, 2023) Moins intime que Valse avec Bachir , une nouvelle arche de Noé soignée, à l’optimisme coloré Mississippi Burning (Alan Parker, 1988) Casting choral irréprochable et ouvrage à charge, plus connu que le bien meilleur The Intruder

Lily au lit

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  Exils # 200 (20/05/2026) D’un allaitement au(x) suivant(s)… Dans ses conversations avec French, Malle affirme : «  Black Moon est l’un de mes films les moins connus. Mais j’insiste toujours pour qu’il figure dans les rétrospectives de mes œuvres. Opaque, parfois maladroit, c’est le plus personnel de mes films. Je le considère comme un étrange voyage jusqu’aux limites de ce moyen d’expression qu’est le cinéma, et peut-être jusqu’à mes propres limites. » Il souligne l’influence de l’Alice de Lewis, de l’écriture automatique des surréalistes. Tramé au domicile rural du cinéaste, sans son direct, selon l’inspiration de l’improvisation, le conte initiatique revient vers le fantastique, après l’épisode William Wilson ( Histoires extraordinaires , 1968). Il anticipe La Petite (1978) et Alice ou la Dernière Fugue (1977), évoque Les Valseuses (1974), lactation d’occasion, se présente tel un rêve (carton d’introduction), rétif à la logique (cf. l’accroche du Festin n...

My name is Luka

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  Exils # 199 (19/05/2026) Après le speech de petit épicier du directeur du ciné (séance gratuite unique pour « raisons économiques », vive l’UE, « désolé » de n’avoir prévu en amont l’intervention avec l’interprète), le QCM de propagande européenne (« démocratie » de marquis), tu assistes en salle bondée (délocalisation de la programmation, passage de 300 à 120 sièges, dégagez recalés) à la projo adaptée (sous-titrage coloré) d’un premier film au titre programmatique. Succès multiprimé, Sorda (2025) « essentialise » façon LFI, aborde le thème de « l’identité » doté d’une finesse éléphantesque. Si le spectateur ne comprend, n’entend, ce que signifie être démuni de l’ouïe, la cinéaste scénariste et sœur de l’actrice manie la mise en scène « immersive », marotte de modernité dématérialisée, je ne reviens point sur le risible The Revenant . Donc plus de son, du bruit assourdi, réalité ouatée ou péniblement appareill...

Un livre, une ligne II

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  Les auteurs, les horreurs… La Reine des pommes /Chester Himes Drôle et féroce tour de force à New York + petit précis de sociologie lucide d’ insider de valeur Le Berceau du chat /Kurt Vonnegut Jr. Mosaïque apocalyptique très drolatique et pendant politique de La Conspiration des ténèbres      Un crime de notre temps /Pierre Moustiers Un justicier dans la ville gérontophile ? Récit très écrit de misanthropie sauvée par la paternité L’Orgie suivi de 1933 fut une mauvaise année /John Fante Récits suivis d’une fictive autobiographie en famille, lucide et rapide, dramatique et drolatique L’homme qui marche /Yves Bichet Petit roman insignifiant et bien-pensant, au titre trompeur, « oblatif » et très mélenchoniste      Les choses que nous avons vues /Hanna Bervoets Censure sur site + amour homo parano = conte caligarien bien conduit mais assez moralisateur  La Dague d’ivoire /Patricia Wentworth É mule (mod...

Limbes malingres

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  Exils # 198 (12/05/2026) Celles et ceux qui estiment misogyne un certain cinéma sud-coréen devraient visionner Limbo du protégé de To : une femme s’y fait frapper durant deux heures très étirées en longueur. Ceci ne suffit, il faut la faire violer, levrette ventre à terre parmi des poubelles et les cadavres de compagnes à la pelle, l’agresseur assassin crache au creux de sa main, lubrifiant substitué au célèbre beurre de Brando & Bertolucci, le tandem anathème du Dernier Tango à Paris (1972), désormais interdit. En 1926, cf. Le Fils du cheik , un fondu au noir servait d’étouffoir, circulez, rien à voir, tout imaginer, intime nausée. En 2021, on ne pratique plus cette pudeur-là, et la suprématie de moiaussi, on ne connaît pas, en tout cas à HK. Ce Cheang ainsi ressemble à une variante (rendue à la vie civile) de l’éprouvant Outrages (1989). Les femmes (se cament) souffrent ou enfantent, je pense à l’épouse du flic légaliste, si propre sur lui, les femmes souffriront pend...

La Danseuse et le Prince

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  Exils # 197 (11/05/20026) « I hope the desert is as romantic as it has been pictured » écrit la cousine Clara, l’Arlésienne du Sahara. En 2026, un tel exotisme, un tel sentimentalisme ne paraissent plus de mise, passent pour du racisme, du sexisme. Les blackfaces ne suffisent, voici venir un viol et revenir un enlèvement. Dans Le Fils du cheik (1926), Rudolph se dédouble, violente et ravit (signifié au carré) deux dames, Bánky choisie par lui, Ayres qui rempile pour lui faire plaisir. Valentino un beau salaud ? En somme un bel homme, acteur de valeur valant davantage que son mythe médiatique, sa péritonite imprévisible. Le succès suivant souvent le (juvénile) décès, cet item ultime, impossible à produire et presque à distribuer aujourd’hui, représente une réussite (économique et critique) et une surprise, irréductible à une romance désertique. Le film bénéficie des talents évidents du directeur de la photographie (Barnes éclaire par la suite le diptyque Rebecc...