Sorcière sonore
Exils # 177 (05/03/2026) Mère au volant, mort au tournant, celle d’un cerf, liquidé en ligne droite, chaussée mouillée, conductrice inattentive, mauvais « signe ». Pas de délit de fuite grâce à sa fifille, indocile plutôt que prodigue, mais pare-brise abîmé de son côté, motif de toile d’araignée, repris ensuite durant l’enfance, jeu joyeux à deux, mains et laine en tandem , à l’âge adulte, endeuillé tumulte, pendant la mise en espace des sons de la maison. En 2007, Émilie Dequenne (ré)écoute donc Ludmila Mikaël, démolie à domicile ; en 2026, on (ré)entend l’attachante actrice, décédée en mars dernier. Le cinéma comme art funéraire, la cinéphilie forme de nécrophilie. Doté d’un titre impératif et programmatique, É coute le temps reprend la profession de Blow Out (De Palma, 1981) et récupère l’installation de Spider (Cronenberg, 2002). Construit en boucle bouclée, accident au carré, au présent, au passé, animal en rime, sous la pluie et sous le soleil, le premie...