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Mamma Mia

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  Exils # 249 (03/11/2026) Son sourire, sa souplesse, sa douceur, sa sveltesse – même sodomisée par le divorcé Danny Mountain, à l’accent britannique aussi atypique que celui de sa consœur et compatriote Tanya Tate – suffirent à faire de Mia Malkova, désormais retirée du métier, d’un microcosme américain, l’une des « actrices de X » les plus populaires du début de ce siècle. La voici cette fois-ci dans un désert de lumière, devant l’avertissement d’une pierre patibulaire : Do not enter , reformulation ironique, les amateurs de « divertissement adulte » s’en amusent, du fameux No trespassing de Citizen Kane (1941). Sans être pénétrée, puisque préliminaires apparentés à des coitus interruptus , elle pénètre le territoire tabou, rétive mais soumise au conducteur décoloré d’une jeep rouge, couple en route bientôt en déroute. Le carton d’introduction programmatique l’indique, « Weird cannot be explained because if explained, it’s not weird ». Post...

Histoire d’eau

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  Exils # 248 (02/11/2026) Dark Water (2002) débute par de l’eau dorée, en rime au fameux Immersion (Piss Christ) du catho Serrano. On le sait, le ciné associe la féminité, de préférence tourmentée, à l’humidité, cf. les piscines en parallèle de La Féline (1942) et Suspiria (1977), la Venise avide de La Clé (1983). Ici, il pleut, il fuit, il ne saurait s’agir de s’enfuir mais de se sacrifier, maternité aussi extrémiste que celle d’ Alien 3 (1992). Avant que l’épilogue en uniforme et en voix off ne permute le point de vue, le film fort et fragile se (re)découvre à travers le regard d’une femme fréquentable (d’une actrice remarquable), en train de se souvenir de son esseulée jeunesse derrière une fenêtre, de chercher un toit, un travail, de divorcer tout sauf à l’amiable, certes sans atteindre les sommets de somatisation monstrueuse de Chromosome 3 (1979). Si l’on aperçoit une tante secourable, la fable liquide se focalise sur une mère et sa petite fille, donc développe les...

L’important c’est cramer

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   Exils # 247 (22/10/2026)   Rococo, Albicocco ? Abonné au « brouillard romantique », fana du « flou artistique », comme les tourne en (auto)dérision Madeleine Robinson ? Cette réputation à la gomme provient de son Grand Meaulnes (1967), toutefois Le Cœur fou (1970) ne donne à découvrir de la guimauve décorative, même si l’on y retrouve une forêt, une « doublure » de Marie Laforêt. Davantage qu’évoquer L’Enfance d’Ivan (1962) ou Le Nouveau Monde (2006), le film fissa sombré dans l’oubli anticipe L’important c’est d’aimer (1975) ou Mes nuits sont plus belles que vos jours (1989). On pourrait repenser au Cabinet du docteur Caligari (1920), déjà mise en images de la folie, la diégèse demeure franco-française, hédonisme écologique ( Le Déjeuner sur l’herbe , 1959) et gendarmes façon de Funès en prime. À l’abri d’une clinique psychiatrique, prototype des maisons à l’unisson de La Note bleue (1991) et Cosmos (2015), vient se ...

Mimine sinistre

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  Exils # 246 (21/10/2026) Plus méconnu que le pourtant obscur La Main du cauchemar (1981), Les Doigts du diable ( idem ), aka Demonoid  &  Macabra , ne se préoccupe d’écriture, se soucie de sorcellerie. Si l’ opus de Stone permettait à Caine d’exceller, celui de Zacarías repose en partie sur le charisme d’Eggar, actrice atypique et britannique, remarquable et mémorable, de L’Obsédé (1965), La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1970), Chromosome 3 (1979) ou Le Droit de tuer (1980). Quant à Whitman, on le revoit croqué en curé, fichtrement influencé par le Karras de L’Exorciste (1973). Signalons au passage que la musique vocale et ethnique remémore un thème de Morricone composé pour L’Exorciste 2 : L’Hérétique (1978). Cette histoire mouroir rappelle celle des Mains d’Orlac (1935), de La Main du diable (1943). Au fond funeste d’une mine maudite, un couple d’orpailleurs découvre les débris d’un culte occulte, sacrifices d’enfants compris....

Ballon nippon

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  Exils # 245 (20/10/2026) D’un truand au suivant, de Woody à Kinji, rigolo ou mélo : Le Cimetière de la morale (1975) commence aussi sur des images en noir et blanc d’un enfant que des connaissances qualifient de braillard et intelligent. La suite contredit ces caractéristiques, car le criminel obsessionnel, « monté » à Tokyo, secoue un cordonnier braconnier, pisse sur des prostituées, sème le « bordel » parmi les clans de délinquants. Un narrateur ponctuel précise qu’il agit ainsi parce que fidèle, lui-même le confirme, semble pourtant soumis au vide, à la frime, lunettes noires et billet enflammé repris plus tard par son confrère du Syndicat du crime (1986). Bientôt banni, emprisonné, pas amputé, assailli par la police et ses meilleurs ennemis, l’anti-héros laconique et incontrôlable accomplit deux rencontres capitales. Avec la première putain, cela se passe bien, en dépit d’un viol aviné, machisme du milieu, marqueur d’époque, rude prélude à une rel...

Gags of New York

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   Exils # 244 (19/10/2026) L’autobiographie intitulée en français Soit dit en passant et en anglais A propos of Nothing , mignon oxymoron, gros ouvrage aussi amusant et rythmé que le mince métrage, dépeint en détails la genèse de Prends l’oseille et tire-toi (1969), revient sur le désir de tourner à San Quentin [1] , l’idée d’utiliser du jazz pour certains passages, la nécessité d’un nouveau montage, Rosenblum en renfort. L’humoriste scénariste déjà connu sur scène, pas encore reconnu à l’écran, réalise à San Francisco un rêve d’enfant, c’est-à-dire devenir, pour rire, un criminel inactuel. Le petit Woody se décrit en effet en lecteur éclairé, incollable, de Gangs of New York , unique livre de la famille, longtemps après adapté par Scorsese. Dépité de ses participations à Quoi de neuf, Pussycat ? (1965) et Casino Royale (1967), le trentenaire peu patibulaire ne dispose pas de beaucoup d’argent, dépense celui de récents producteurs indépendants [2] , ne perd son t...

Le Terminal de la morale

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  Exils # 243 (15/10/2026) Salué par Kubrick, admiré par Malick, The Terminal   Man (1974) dysfonctionne à l’image du principal personnage, informaticien spécialiste de « l’intelligence artificielle » soumis à des crises olfactives et homicides à la suite d’un accident récent, cobaye volontaire d’une opération pionnière, supposée le calmer. Moins mélomane que le traitement Ludovico d’ Orange mécanique (1971), bien que Bach by Gould, la « psychochirurgie » d’électrodes dans le cerveau, computer au cou, « pile atomique » sous l’épaule, déconne en écho à l’ordinateur itou tueur et pareillement paranoïaque de 2001, l’Odyssée de l’espace (1968). Loin de liquider la colère, boucher les « trous noirs » de la mémoire, le système produit l’effet inverse, cercle vicieux de stimulations et de compulsions, transformant le temps de quatre journées le détenu dangereux en épileptique maniaco-dépressif au costume immaculé, en catholique athée d’au...