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Le Mari et la Coiffeuse

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  Exils # 233 (24/09/2026) Les scénaristes en tandem – dont celui qui devait diriger, remercié au terme d’une semaine – de Pensées mortelles (1991) virent-ils Garde à vue (1981) ? Et celle de Thelma et Louise (1991), Keitel en commun, encore en flic compréhensif ? Histoire d’interrogatoire, de mariages naufrages, succès en salles, méconnu désormais, le huis clos ponctué de retours en arrière moins doux qu’amers débute et se termine sur des films de famille, deux gamines de home movies , boucle bouclée d’abord d’accord joli, ensuite de nostalgie. Une trompette mélodique et mélancolique humanise soudain et en douceur la partition métallique, presque mécanique, de Mark Isham, comme si la décision ultime de l’anti-héroïne de revenir parmi la police et sur ce qu’elle dit, d’avouer ce qu’elle fit, lui permettait de sauver son âme, de ne pas trahir une amitié, au risque de perdre ses enfants et sa liberté. Au départ, une femme entre dans le champ au ralenti, pénètre dans une ...

L’Odyssée de David

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  Exils # 232 (23/09/2026) Executive producer , Carpenter s’occupa peu de Philadelphia Experiment (1984), en livra une variante avec Starman ( idem ), « film pour les filles », qu’interprète une autre (Karen) Allen. On devine vite que le voyage dans le temps n’électrise Raffill, cinéaste discret, scénariste invisible, qu’il n’accorde qu’une importance relative à ses conséquences intimes, a contrario du Zemeckis de Retour vers le futur (1985), où se pose la question suivante, excitante, inquiétante : si sa mère tombe amoureuse de Marty, en sus de l’inceste, ensuite comment naître ? Il se fiche de l’interférence, du vacuum , du vortex , lexique technique, alors que le ciel sur le point de s’ouvrir, d’aspirer tout pour le pire, rappelle le pareillement menaçant portail temporel de SOS Fantômes (1984). Rassurons l’horizon : le héros américain fait in fine tout rentrer dans l’ordre, accepte et pardonne, réponse optimiste à la fatalité de La Jetée (1962), ...

#LuiAussi

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  Exils 231 (22/09/226) S’il ne brûle la rétine, The Burning (1981) ne démérite, slasher forestier de camp d’été co-financé en famille, conçu pour capitaliser sur le succès de Vendredi 13 (1980). Pas de Jason à l’horizon, juste un homme détesté, dont se vengent de supposés adolescents bien trop grands, avec un crâne éclairé, d’asticots constellé, quasiment en diamant, tel le micro de Minogue. La plaisanterie sinistre vire au sévice, accident incendiant, hosto catho. Cinq ans après, le gardien revient, ivre de revanche, assassine en série, et la coda en regard caméra boucle la boucle du récit maudit et affreux au coin du feu : ainsi se tissent les légendes, rurales et urbaines, au creux d’une clairière ou au bord du brouillard ( Fog , 1980). Mais ce métrage authentiquement d’autrefois, quand un cascadeur enflammé filait la frousse pour de vrai, ne se soucie de dimension méta. Ce qui l’intéresse ? Le sexe (en parler, le pratiquer), les fesses (des deux sexes), la baise...

La J-horror ? J’adore…

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  Exils # 230 (21/09/2026) Face à Histoire de fantômes japonais (1959), Mizoguchi paraîtrait presque misogyne. Deux ans avant de faire faillite, la Shintōhō produit ceci, connu aussi sous les titres alternatifs Contes fantastiques de Yotsuya et The Ghost of Yotsuya . Si le studio se soucie de Kenji, de Madame Yuki, de la « galante » O’Haru, on doit à la Daei Les Contes de la lune vague après la pluie (1953), variante envoûtante du thème célèbre, moins dépressive, plus positive. Découvrir à domicile ce film bref, soixante-seize minutes de tumulte sec, cette femme défigurée, pionnière populaire à longue lignée, revient à revenir à l’imagerie et aux origines du kaidan, terme en rime à l’ opus de l’ incipit , récits écrits puis filmographie fantomatique, pardon du pléonasme. Le bien nommé Kwaïdan (1965), autre(s) histoire(s) de « cheveux noirs », supprime le potier dessillé, endeuillé, troque le rônin contre le samouraï, reformule l’infidélité, encore à cause ...

In Another Story

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  Exils # 229 (17/09/2026) Longtemps, je me suis couché sans Huppert. La voilà désormais hebdomadaire… À la suite de Souvenir , partons In Another Country (Hong, 2012). De la Belgique à la Corée, Isa x 3, Française(s) d’un vrai-faux film à sketches , acclamé(e) par la critique. La plaisanterie en trois parties dure 84 minutes générique(s) compris et pourra cependant sembler longue à certains. Les professionnels de la profession évaluatrice évoquèrent Rohmer, puisque papotages de personnages, à table et sur le sable, mais cela ne s’appelle Anne à la plage ni Contes coréens des quatre saisons , passons. Le bavardage, le marivaudage (je réduis à dessein, Éric ne m’en veut point), le cinéaste (honoré, récompensé, voire divorcé) ne s’en soucie. Ce qui l’intéresse, ce qui crée l’ivresse ? Les variations du thème (du t’aime), la situation et ses parallèles, la répétition infidèle (motif narratif). Visionner ce voyage, immobile et tranquille, drolatique et ludique, revient en vér...

La Parenthèse désenchantée

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  Exils # 228 (16/09/2026) Du rêve américain au rêve adultérin, il suffit d’un film dans le film, d’un tournage, d’un outrage, d’un rendez-vous relou. Ouvert sur un vumètre, terminé sur un tarmac, Un homme qui me plaît dialogue donc avec Model Shop (le couple sur la route et en déroute visite en vitesse un gun shop ), annonce le glamour morose d’ In the Mood for Love . Même si ici l’on consomme, les lits on compte et collectionne (on y téléphone aux proches, on y prend un petit-déjeuner jugé léger, on s’y observe en silence), rien ne naîtra du passage à l’acte patraque, sinon le mensonge supplémentaire d’un « tricheur » et d’un « lâche » sincère, le Concerto pour la fin d’un amour du fidèle (lui) Francis, déployé en coda sur la face de Françoise, Pénélope d’aéroport privée d’Ulysse à Nice. Dans Valley of Love , Depardieu & Huppert, père et mère, voulaient revoir leur fils, exil d’épiphanie ; Belmondo & Girardot souhaitent semer leurs propre...

Le Frère et L’Enfer

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  Exils # 227 (15/09/2026) Prends Petit paysan (Charuel, 2017), flanque-le de Fight Club (Fincher, 1999), tu obtiens donc Bisons (Monnard, 2024) ? Oui et non, car ce drame de désastre rural, castagne illégale, s’inscrit aussi dans le sillage d’ En fanfare (Courcol, 2024), comme si la fraternité, d’abord au propre, ensuite au figuré, constituait une intime utopie, face au factice et à la faillite des idéologies collectives. La famille, que tu la détestes ou que tu l’idéalises, tu la redécouvres toujours, tu y reviens un jour, tel Joël, plus fils prodigue mais héritier rejeté, par le père enterré renié, pitoyable taulard qui reparaît un soir, déplace sur le piano la paternelle photo. Après une journée bien remplie et réglée, s’entraîner tôt pour la compétition de lutte à l’horizon, s’occuper des bêtes honnêtes, notamment cette vache sur le point de mettre bas ou pas, puisqu’elle périra, prophétique trépas, se doucher tatoué, Steve rejoint la mère et le frangin, pas vrai...