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Quand j’étais chanteuse

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  Exils # 226 (11/09/2026) De l’aspirine au champagne, en passant par le mousseux, du pâté à la perfusion, en passant par la piscine, Souvenir (Defurne, 2016), qui pouvait s’appeler Soutenir , dessine ainsi un double retour, celui du succès, celui de l’amour. Cela n’empêchera les élus, au sommet parvenus, de se traiter en aparté, en parité, de « pute pocharde » et « débile en short ». Quant au premier repas, dose de roses, homard hagard, l’installation de toilettes l’enverra aux oubliettes. Si Liliane se produit en EHPAD, « cinq cents euros de l’heure » pour rajeunir de vieux cœurs, ne rivalise avec des résultats sportifs, solitude scénique après la domestique, Laura séduit les jurés, les jurys , revient donc vers l’Eurovision, avant de s’égarer, de s’effondrer. À l’hôpital point fatal, Jean arrivé, Jean rassuré, le principe de réalité – question confirmation, promesse de ne jamais l’oublier – ne parvient à s’imposer, décomposer l’improbable romanc...

These Boots Are Made for Killin’

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  Exils # 225 (10/09/2026) Seule dans la nuit (1967) + Les Chiens de paille (1971) = Terreur aveugle ( idem ) ? Parlons de soustraction : plus de huis clos, d’héro, complicité de l’obscurité, chasse de guignol avec double viol, hécatombe par un spécialiste des nombres. Melville admiratif montra le premier à l’équipe du Cercle rouge (1970) ; Kael s’inquiéta du « fascisme » du deuxième. Méconnu, mésestimé, dépourvu de psychologie, rempli d’empathie, d’humour noir muni, l’exercice de style mérite sa mise en ligne. Si la cavalière hitchcockienne [1] ( Pas de printemps pour Marnie , 1964) voyait rouge, l’écuyère à la campagne ne voit rien, surtout le mal qui la (con)cerne. Le titre d’origine fait référence à la fameuse maxime des « singes de la sagesse ». Item anglais [2] tourné in situ , en compagnie d’acteurs et techniciens du cru, See No Evil possède donc une conscience des classes sociales, de la propriété privée, des propriétaires à pri...

L’Aurore et l’Horreur

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  Exils # 224 (07/09/2026) Aurora, l’étoile arménienne (Sahakyan, 2022) ne provoqua le tintamarre ni ne rapporta les dollars du mégalomane Nolan mais cette odyssée vaut la sienne, sinon la sème, mérite que l’on y revienne, mouvement imitant celui de l’héroïne, voire super -héroïne, portraiturée au carré, voire au cube, sans cesse et jusqu’à son décès priée de parler, ressusciter le passé, interpréter son propre rôle, de quoi vous épuiser, vous rendre folle (imposture lucrative, la psychanalyse repose sur un similaire ruminement). Du « génocide arménien » au « rêve américain », il suffit de survivre, fuir, s’enfuir, subir le pire, savoir le dire, le faire écrire, le simuler filmée. Adolescente, orpheline (admiratrice de Chaplin), « esclave sexuelle », émissaire nationale (salut au général), star d’un soir, anonyme guère amnésique, Aurora Mardiganian ne perdit point son temps, la réalisatrice du documentaire narratif, (ra)conté en voix off , ne nous...

Dernier (r)appel

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  Exils # 223 (03/09/2026) The Human Factor (1979) se termine sur le pendule du combiné téléphonique du générique (et de l’affiche) de Saul Bass, communication coupée, pendaison anticipée. Piégé « à l’insu de son plein gré », soumis à un mea culpa médiatique, l’espion anglais se révèle être un pion hanté, déplacé, dépassé par l’impact du simulacre démultiplié auquel il participait. On revisite ainsi, lestée d’une ironie davantage sinistre, moins exotique, la trame de Notre agent à La Havane , même si Graham Greene, a priori ami de l’irascible cinéaste, scénariste du discutable mais pas détestable Sainte Jeanne (1957, transposé d’une pièce de Shaw), n’apprécia cette adaptation (signée Stoppard, onze ans plus tard auteur de La Maison Russie de Schepisi d’après le Carré), d’ailleurs inédite en salles hexagonales et tournée sans budget (comme Coppola, Preminger s’autofinança). Plutôt que rappeler la coda doublement tragique de L’Espion qui venait du froid (Ritt, 196...

Pourvu qu’elle soit rousse

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  Exils # 222 (02/09/2026) 1963 : en ce temps-là, Michèle s’appelle Madeleine, cependant ne se dédouble ni ne débloque à la Hitchcock ( Sueurs froides , 1958), même si ce qui lui file le « vertige » relève aussi d’un trouble d’identité intime, puisque prénom de sa sœur décédée adoubé par Denys de La Patellière au lieu du Jocelyne d’origine, de quoi décupler la schizophrénie supposée de toute actrice (le cas Deneuve relève du deuil adulte, s’en écarte donc). Dans Symphonie pour un massacre , « exercice de style [qui] tourne à vide, manque d’humour », je m’autocite, « Mercier apporte un peu d’humanité », au côté d’un Auclair pas très clair, « mystifié » à l’instar des quatre autres pieds nickelés de Deray, Giovanni & Sautet. À la fin du film, veuve énervée, némésis déterminée, elle flingue le trop fort Rochefort, bien vite dans un triptyque d’ Angélique , se dénonce aussitôt, vitre de borne brisée, courage d’accusée. Avant la coda ...

Le Bayou et le Trou

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  Exils # 221 (27/08/2026) Plus méconnu, sinon plus chaud, que le vrai-faux Nanouk l’Esquimau (1922), Louisiana Story (1948) ferait de Flaherty le maître désormais oublié, amnésie médiatique, usure des années, d’un cinéma ethnographique et fictif à la fois ? Preuve et démenti, il s’agit ici aussi d’une commande d’industrie, la Standard Oil de Rockefeller et compagnie(s) substituée aux fourrures (puis parfums) de renom de Révillon. La filmographie brève et dense, achevée avec Michel-Ange ( The Titan: Story of Michelangelo , 1950), douze titres en disons trois petites décennies, à sept reprises co-réalisés, par exemple par Van Dyke, Grierson, pareillement un pionnier mais écossais, Murnau (l’ultime Tabou , 1931) ou (Zoltan) Korda, incarne de manière claire cette double veine de vérité aventurière. Il semble possible de considérer Louisiana Story tel le testament (in)conscient de l’artiste, puisque le biopic du peintre et sculpteur relève davantage du (re)montage, se base...

Arielle d’Uxelles

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  Exils # 220 (26/08/2026) «  Alien Crystal Palace ressemble à un réussi ratage » écrivis-je en deux mille vingt. La contradiction peut encore qualifier Les Secrets de la princesse de Cadignan (2023). Aussi « commise de manière économique, filmée sans façon », cette adaptation de l’increvable Balzac, écrite par le fidèle Fieschi, met en abyme Honoré, pratique la caméra portée, survole en drone le domaine d’un « ami », aux intérieurs investis, pas envahis, par la modeste machinerie. Une quarantaine d’années après Carrière & Deray à la TV, revoici l’héroïne libre, gentiment misandre, qui accumule les amants immatures, les ruine avec le sourire, un soupir, avant d’aimer in extremis un écrivain puritain, toutefois « fouteur » de sa servante consentante, « hygiénisme » mécanique. La carpe et le lapin s’éloigneront ensemble au lointain, dos tourné, heureux, cachés, sous le regard guère goguenard de l’athlète des lettres de La Co...