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Le Sang de la Présidente

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  Exils # 172 (25/02/2026) Tu dois avoir très peur, citoyen spectateur : (re)voici l’extrême droite aux portes du pouvoir (hôte mis à la porte), à liquider dare-dare, « bonimenteur dangereux » à mettre hors-jeu, maté en vidéo avec sa maîtresse, mais tous les dimanches à la messe. En 2022, le secrétaire général amoureux, baiser volé d’adieu douloureux, informait l’aristocrate patraque des méfaits d’une « internationale fasciste », rime prophétique à la même « réactionnaire » de l’actuel ministres des Affaires étrangères. Puisque « Paris vaut bien une messe », votre démocratique altesse, que le peuple déteste, « l’antifascisme » mérite un homicide, pragmatisme cynique applaudi par les nervis de LFI. La royale Élisabeth de Raincy résiste puis reprogramme le meurtre in extremis , en partance vers la Suisse, où vient d’être commis un attentat terroriste, pardon du pléonasme, massacre causé par un « Français » suicidé, «...

L’Enfant du Président

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  Exils # 171 (24/02/2026) Prologue au téléphone, épilogue aux Goudes, entre les deux, une lettre volée, Marlowe à la place de Poe, la page de titre de Sans espoir de retour de David Goodis, je me tire littéraire et prophétie de Descente aux enfers (1986), mais aussi au domicile cinéphile une affiche du Journal d’une fille perdue (Pabst, 1929) et au-dessus d’une salle de ciné celle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971). Giroud & Girod, encore une lettre (en)volée, retrouvée, la mise en images d’un roman édité chez… Mazarine. En dépit du script signé d’une initiée, puisque journaliste passée par l’Élysée, d’un carton de coda à la fameuse formule cette fois-ci de facto ironique, « toute ressemblance » telle une évidence, Le Bon Plaisir   (1984) ne s’assimile au portrait détourné, très chargé, d’un certain François Mitterrand, alors au pouvoir depuis trois ans, même si de courtes écoutes, un gamin adultérin, les médiatiques « chiens » (caméo ...

Lavande volante

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  Exils # 170 (12/02/2026) Production indépendante à financement participatif, Valensole 1965 (Filhol, 2025) corrige le comique archaïque du Gendarme et les Extra-terrestres (Girault, 1979). Le sujet, on le sait, relève du fait divers stellaire, comme le démontrent les cartons en conclusion, NASA & CNES à la rescousse, extrait du reportage in situ , que le métrage à l’identique reconstitue, archivé via l’INA, inclus en coda. Ce désir assumé de traitement au premier degré esquive le cynisme, lui substitue un céleste sentimentalisme. L’ opus évoque en vitesse de plus connus et reconnus ancêtres, Take Shelter (Nichols, 2011), Rencontres du troisième type (Spielberg, 1977) et 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968). Pas si à la masse, Maurice Masse, massif Matthias Van Khache, ne s’occupe d’apocalypse, de sculpter sa purée, n’accomplit aucun trip psychédélique et pourtant éprouve à son tour un révélateur parcours, aux prises avec l’indicible, l’incrédible, le risibl...

Le Neuvième Homme

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  Exils # 169 (11/02/2026) À Maïté Du givre sur les épaules évoque Pagnol, surtout celui de Manon des sources (1952) : un instituteur y retrace « les terribles événements du bois d’Errosas », coda d’hécatombe d’une lutte des classes sise en sierra, au village enclave de Biescas de Obago. Le mélodrame marxiste et romantique, rural et choral, se termine sur un massacre moral, exercice de darwinisme poussé au paroxysme. Les « héritiers » un brin bourdieusiens et « requins » humains de « maisons » façon Frank Herbert s’y déciment de manière horrifique et orgasmique, prétendants s’étripant, relecture ironique de la table rase fatale du féroce Ulysse, revenu lui aussi chez lui in extremis . Huit macchabées en obscure forêt paraissent pourtant anecdotiques face au conflit fratricide, moins proche que lointain, de la guerre d’Espagne, qu’alimente la contrebande d’armes. Le fait divers légendaire occupera en effet une « demi-colonne e...

Plus vieille la vie

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  Exils # 168 (10/02/2026) Les féministes et les misogynes parlent de « films de (bonnes) femmes ». On les laisse se soucier du sexe des cinéastes, on évalue les œuvres et non les individus, on précise cependant qu’une scénariste écrivit Les Belles Années (Kulcsar, 2022), qu’une réalisatrice le dirige. Le genre joue ici un rôle important et permanent, la crise du couple au carré, car fifille alcoolisée, cocufiée, fissa et aussi concernée, aux yeux mouillés, au lit couchée, relève de la guerre des sexes et révèle vite un « triste » abîme. À la retraite à soixante-cinq, de quoi flanquer des sueurs froides aux syndicats français, fi de fameuse réforme à la gomme, un bel employé de bureau (viva la Juvenia), végan à vélo, embarque sur un bateau, cadeau d’adultes marmots. Le complot de l’épouse, supposé leur permettre de se rapprocher, se rabibocher, ranimer la flamme sous les cendres de l’existence, tombe à l’eau, locution en situation. La moitié pas si machiavél...

Ivan le Risible

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  Exils # 167 (09/02/2026) Vous souvient-il de « l’américanisation d’Emily », de la britannique Julie (Andrews), titre d’origine des Jeux de l’amour et de la guerre d’Arthur Hiller (1964) ? Voici celle d’Ivan, saisie cinquante-deux années auparavant, par la productrice, scénariste et réalisatrice elle-même « émigrée » de L’Américanisé (1912). Alice (Guy) au pays des merveilles de l’Oncle Sam commet une courte tragi-comédie, un exercice didactique et drolatique de thérapie, comme si la violence conjugale, forcément masculine, s’apparentait à une sorte de maladie d’Europe centrale. Si le sieur Orloff dispose d’une nationalité indéterminée, ses compatriotes à barbe blanche et enthousiasme désarmant annoncent avec leurs visages et leurs vêtements le voyageur à mal au cœur de L’Émigrant (Chaplin, 1917), le casting choral d’ Un violon sur le toit (Jewison, 1971). Alice antisémite ? Pacifions les sophistes : la cinéaste émancipée du patron Léon Ga...

Leçon de noirceur

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  Exils # 166 (04/02/2026) La révélation de la conclusion répond au carton de l’introduction : Ferré flic infiltré, ne vous droguez point et dormez bien, citoyens. Razzia sur la chnouf (Decoin, 1955) ne cède cependant à l’esbroufe, s’écarte du cadre moralisant à la Reagan, malmène en mineur l’image d’un acteur ensuite aux prises avec la dope de La Horse (Granier-Deferre, 1970). Dans la France du mitan des années cinquante, personne à notre connaissance ne parlait de narcotrafiquant, mais ce spécialisé sous-système de l’économie classée souterraine faisait déjà recette, alors l’exilé aux États-Unis, détail de biographie, retourne au pays, descend du ciel donc d’un avion, porte un imperméable à la Bogart & Melville, sert de guide d’enfer laïc, évoque vite Virgile, celui de la Comédie dite divine, car l’on sourit souvent durant le périple plus pathétique que didactique. Éléments étonnants ou peut-être pas tant, on y voit Ventura dévorer du bon jambon et une part de pâté...