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Moschitto Coast

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  Exils # 204 (03/06/2026) Si, comme on dit, les bonnes intentions servent de pavage infernal, une bonne action peut vite s’avérer fatale. Hors corridor façon Fuller, bambin malsain à la Bava, ce Schock (2023) homonyme de tandem germanique en fait une démonstration démunie de dérision. L’ensemble souffre certes du syndrome Rosetta , caméra portée dans le dos du anti-héros en veux-tu en voilà, s’étire de pire en pire, rien ne révolutionne et de trop beau n’ambitionne. Il se suit cependant sans déplaisir, soigne assez ses personnages du « deuxième sexe », surtout la sœur, elle-même (in)soumise au malheur, prise au piège du déni des activités du mari et in fine d’une fusillade d’habitacle. Pour escorter cette descente effectuée par paliers vers une perte ultime et définitive, celle de l’âme, messieurs-dames, après d’autres professionnelles et personnelles, la bande-son esquive la fameuse performance de Keith Jarrett et se compose de techno teutonne – cancer à Cologne ...

La Poule et l’Œuf

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  Exils # 203 (02/06/2026) Après J’ai épousé une extra-terrestre et La Mutante , voici donc un troisième alien blond, le même couple en (dé)route de Festen . Visiteuse venue de l’espace et mante religieuse anthropophage, en quête d’empathie paraît-il caractéristique de l’espèce bipède, chez elle règne la guerre, l’extermination à l’horizon, la remplaçante inquiétante, émouvante, prend possession d’un corps à l’abandon, endormi, en catimini, sorte de luciole louche pénétrant par la bouche ; plus tard, les petits passagers du car ouvriront la leur de stupeur, O collectif de cri mutique. Si les crayons du psy de service relèvent de la compulsion, celui de la vraie-fausse suppléante ressemble à un morne métronome, au battement inclément d’un temporalité entre parenthèses, projet européen et parisien balèze, qui s’arrêtera et reviendra en arrière, seconde chance laissée à la classe dans l’impasse, photographique et prophétique. Derrière le divertissement assez amusant, destiné ...

Mémoire d’outre-tombe

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  Exils # 202 (28/05/2026) Roman mineur d’auteur majeur ? L’écourtée carrière de la réellement regrettée Mo Hayder se termine donc sur Crâne d’os , traduction quelque peu trahison du moins pléonasmique Bonehead . Le lecteur va découvrir finalement cette « tête de squelette » recouverte de film alimentaire, comme si en écho à Bacon son compatriote, il fallait défigurer la prostituée droguée, apeurée, aveuglée, comme si l’évanouissement du visage obsédant permettait de s(t)imuler au présent les outrages du passé formulé, fantasmé. Sur fond de « féminicide » et de nécrophilie pseudo historiques se déroulent en montage alterné une étude de l’inquiétude, l’observation pleine de compassion de la façon dont (dys)fonctionnent les représentations, les « légendes urbaines », anciennes ou modernes, modèlent et révèlent les vérités de la communauté. La romancière revisite ainsi à sa manière Eliade & Shyamalan, spécialistes du mythe et du dessillement. L...

La Plume et la Puce

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  Exils # 201 (27/05/2026) Treize années après La Part des ténèbres , revoici Timothy à nouveau dans la peau d’un écrivain point serein. Prologue en vol corporel à la Cronenberg [1] : un passager pianote sur son PC par la pensée, appendice organique relié au clavier – rêve éveillé, texte tapé. La Boîte de Kovak (Monzón, 2006) assimile écriture et virus , Burroughs ne s’oppose, contamination, sinon compulsion, de la fiction, réalité relookée sans l’aide du LSD. Fi du Festin nu , le héros hétéro ne dessoude sa dame, désire l’épouser avant le drame. L’élue en effet se défenestre, tandis que le futur ex -mari mate un DVD patraque, singe cinglé en train de se supprimer, écho illico à l’outrage du gazage du Mystère Andromède . L’une des voisines d’avion, finale destination, se suicide idem comme Christine Pascal, coup de fil fatal, au son d’un standard increvable, Billie mélancolie, gare à Gainsbarre. D’une cabine de douche en plongée, cadrage De Palma, on passe à un plan-séquence...

Un film, une ligne II

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  Cinoche moche, vie brève, texte « in progress »… The Big Lebowski (Joel Coen, 1998) Comédie simplette, d’elle-même très satisfaite, mais le numéro de Goodman à la Milius amuse     Brian Jones et les Rolling Stones (Nick Broomfiled, 2023) Documentaire scolaire, péniblement psychologisant, abrasif, non exhaustif (pas de Joujouka) La Sirène (Sepideh Farsi, 2023) Moins intime que Valse avec Bachir , une nouvelle arche de Noé soignée, à l’optimisme coloré Mississippi Burning (Alan Parker, 1988) Casting choral irréprochable et ouvrage à charge, plus connu que le bien meilleur The Intruder Laurel et Hardy conscrits (A. Edward Sutherland, 1939) Auto- remake gentiment misogyne et spectaculaire, où La Bandera croise Les Anges de l’enfer    

Lily au lit

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  Exils # 200 (20/05/2026) D’un allaitement au(x) suivant(s)… Dans ses conversations avec French, Malle affirme : «  Black Moon est l’un de mes films les moins connus. Mais j’insiste toujours pour qu’il figure dans les rétrospectives de mes œuvres. Opaque, parfois maladroit, c’est le plus personnel de mes films. Je le considère comme un étrange voyage jusqu’aux limites de ce moyen d’expression qu’est le cinéma, et peut-être jusqu’à mes propres limites. » Il souligne l’influence de l’Alice de Lewis, de l’écriture automatique des surréalistes. Tramé au domicile rural du cinéaste, sans son direct, selon l’inspiration de l’improvisation, le conte initiatique revient vers le fantastique, après l’épisode William Wilson ( Histoires extraordinaires , 1968). Il anticipe La Petite (1978) et Alice ou la Dernière Fugue (1977), évoque Les Valseuses (1974), lactation d’occasion, se présente tel un rêve (carton d’introduction), rétif à la logique (cf. l’accroche du Festin n...

My name is Luka

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  Exils # 199 (19/05/2026) Après le speech de petit épicier du directeur du ciné (séance gratuite unique pour « raisons économiques », vive l’UE, « désolé » de n’avoir prévu en amont l’intervention avec l’interprète), le QCM de propagande européenne (« démocratie » de marquis), tu assistes en salle bondée (délocalisation de la programmation, passage de 300 à 120 sièges, dégagez recalés) à la projo adaptée (sous-titrage coloré) d’un premier film au titre programmatique. Succès multiprimé, Sorda (2025) « essentialise » façon LFI, aborde le thème de « l’identité » doté d’une finesse éléphantesque. Si le spectateur ne comprend, n’entend, ce que signifie être démuni de l’ouïe, la cinéaste scénariste et sœur de l’actrice manie la mise en scène « immersive », marotte de modernité dématérialisée, je ne reviens point sur le risible The Revenant . Donc plus de son, du bruit assourdi, réalité ouatée ou péniblement appareill...