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Affichage des articles associés au libellé Francesco Rosi

Le Neuvième Homme

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  Exils # 169 (11/02/2026) À Maïté Du givre sur les épaules évoque Pagnol, surtout celui de Manon des sources (1952) : un instituteur y retrace « les terribles événements du bois d’Errosas », coda d’hécatombe d’une lutte des classes sise en sierra, au village enclave de Biescas de Obago. Le mélodrame marxiste et romantique, rural et choral, se termine sur un massacre moral, exercice de darwinisme poussé au paroxysme. Les « héritiers » un brin bourdieusiens et « requins » humains de « maisons » façon Frank Herbert s’y déciment de manière horrifique et orgasmique, prétendants s’étripant, relecture ironique de la table rase fatale du féroce Ulysse, revenu lui aussi chez lui in extremis . Huit macchabées en obscure forêt paraissent pourtant anecdotiques face au conflit fratricide, moins proche que lointain, de la guerre d’Espagne, qu’alimente la contrebande d’armes. Le fait divers légendaire occupera en effet une « demi-colonne e...

Italie année uno

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  Exils # 154 (08/01/2026) « L’union politique européenne détruira-t-elle l’individualité des nations et leur rôle historique ? » interroge le journaliste. Le pacifiste et volontariste De Gasperi répond par son obsession, l’unité italienne étendue à l’union européenne. Cinquante-deux années après, l’échange conserve sa pertinence, n’en déplaise à la bien-pensance de la chaîne franco-allemande, médiatique, idéologique et symbolique alliance, laquelle conclut sa courte critique d’un alarmiste « Ce cinéma moral et politique offre des outils de compréhension du monde et demeure puissamment d’actualité à l’heure où les démocraties occidentales se voient fragilisées par les montées des extrémismes ». Comme si la superstructure malsaine présidée par l’indéboulonnable Madame von der Leyen ne possédait sa part de responsabilité dans le populisme des peuples, ces entités à mater, à masquer, à manipuler, accessoirement à calmer avec de l’argent méprisant, cf. la PAC, viv...

La Vie de Valachi

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  Exils # 79 (05/02/2025) D’une prison la suivante… Judas baisa puis se pendit, Valachi lui aussi mais survit, fait in fine ami-ami avec l’agent diligent, arroseur arrosé, sénateurs de malheur, plus préoccupés par leur publicité que par la suppression du crime organisé. Point de contemporain Parrain (Coppola, 1972), car Cosa Nostra (Young, 1972) davantage évoque L’Affaire Al Capone (Corman, 1967). Adieu à l’Irlande, on demeure ici en famille, on s’extermine entre Rome et Sicile. À New York l’interlope, in situ et ensuite en studio chez Dino (De Laurentiis), les hommes se galochent et se dégomment, s’émasculent et ne s’enculent, attaque de mecs à la place du ramassage de savonnette. Mamans ou putains, hélas Eustache, les femmes poussent des cris et versent des larmes de bref et sec mélodrame, se produisent sur scène et se prostituent à domicile, trouvent et trompent un mari à demi. De l’initiation à l’information, il suffit d’un conflit ; des funérailles aux fiançailles...

The War Zone

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  Commémoration d’occasion, memento mori en série, pellicules et pays…   Si tu r’viens n’attends pas que je sois tombé pour la France Étienne Daho Ce spectacle spectaculaire, son-et-lumière mortifère, affola les futuristes, sinon les fascistes ; la Grande Guerre ne pouvait pas ne pas être illustrée au ciné, art massif, optique et mécanique, idem amateur de monuments funéraires, les films eux-mêmes, faussement immortels, dédiés à un identique et différencié conflit, celui ente la mort et la vie, pardi, aux victoires pareillement provisoires, voire illusoires. Dès 1915, donc en léger différé, Feuillade deux fois s’affaira ( L’Union sacrée , Le Noël du poilu ), suivi de DeMille ( La Petite Américaine , 1917), Chaplin ( Charlot soldat , 1918), Griffith ( Cœurs du monde , 1918). Puis le parlant passant par là s’en empara, par conséquent Pabst ( Quatre de l’infanterie , 1930), Hughes ( Les Anges de l’Enfer , 1930), Milestone ( À l’Ouest, rien de nouveau , 1930), Bern...

Bastille Day

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  Un métrage, une image : Le Chevalier à la rose rouge (1966) Si le hasard ne saurait exister, surtout au ciné, s’il n’existe en substance que des correspondances, plus ou moins pertinentes, la prise de conscience sociale de Rose rosse per Angelica précède celle de Uomini contro (Rosi, 1970). On connaissait le cavalier coloré de Richard Strauss, homonyme allemand ( Der Rosenkavalier ) ; on se souvient bien sûr aussi du guère révolutionnaire La Tulipe noire (Christian-Jaque, 1964), déjà adaptation davantage qu’infidèle d’Alexandre Dumas, déjà coproduction européenne en costumes entre l’Espagne, la France et l’Italie. Ici, la communiste Raffaella Carrà ( La Longue Nuit de 43 , Vancini, 1960) se substitue à Virna Lisi, voui, tandis que Jacques Perrin, parce qu’il le valait bien, remplace donc le dédoublé Alain Delon. Plus politique que Fanfan la Tulipe (Christian-Jaque, 1952), Le Chevalier à la rose rouge décrit en définitive non la « fin du monde » ma...

La Colline des hommes perdus

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  Un métrage, une image : Les Hommes contre (Francesco Rosi, 1970) Plus méconnu et moins bien-aimé que d’autres titres avec à nouveau Volonté, ici pour l’instant en retrait militant d’un socialisme à main armée, citons la trilogie que constitue L’Affaire Mattei (1972), Lucky Luciano (1974), Le Christ s’est arrêté à Eboli (1979), biopics en triptyque, Les Hommes contre , tourné parmi un pays alors encore appelé Yougoslavie, irrita l’Italie, où certains se soucièrent de sa dimension antimilitariste, ou estimèrent sa manière mélodramatique. Ecrit en compagnie de Rosi par le fidèle tandem Tonino Guerra & Raffaele La Capria, basé sur les impressions en situation et  in situ  d’Emilio Lussu adaptées de façon presque infidèle, porté par un trio de mecs remarquables, l’incontournable Cuny, l’éphémère Frechette, le valeureux Volonté, éclairé ad hoc par Pasqualino De Santis entre les idem crépusculaires et non sereins mais viscontiens Les Damnés (1969) et ...

Alors on danse

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  Un métrage, une image : Carmen (1983) Sur le papier, à cigarette, ça fonctionnait, enfin peut-être ; sur un écran, ça sent l’antan, l’essai raté, le « pas marqué ». Co-écrite et chorégraphique, cette vaine version de l’increvable création de Mérimée puis Bizet nous refait fissa le coup relou des (en)vies et de l’art en miroir, du psychodrame avec dame, de l’autarcie assortie d’essorés soucis. Commencé in media res , on danse ensemble, on s’observe de conserve, terminé en toute inconscience, indifférence, Carmen selon Saura carbure à la relecture, sinon à l’imposture, sa mise en scène de mise en scène, sa mise en abyme du fameux féminicide, relèvent presque du piètre post -moderne, du recyclage d’un autre âge. Disons-le d’emblée, en termes modérés : Carlos recase ses castagnettes et nous casse les coucougnettes. Une comédie musicale classique, assurerait un structuraliste, respecte un déroulement en trois temps – présélections, répétitions, représent...

Pola X

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  Un métrage, une image : Carmen (1918) Elle vient d’un monde nomade et son âme Chemine sur les grandes plaines Je voudrais tant suivre sa caravane Courir dans le sang de ses veines Julien Clerc, Fille du feu Tandis que le dragon à la con, cependant doté de séduction, au village revenu via une permission, reçoit par courrier de brigadier sa promotion, se fait fissa dégrader Dreyfus façon, toutefois pour différentes raisons, s’apprête à (mé)connaître une poulette experte, une reconnue contrebandière, aux survivants la Grande Guerre, anonyme ou Apollinaire, cède un (dé)goût doux-amer. La Gitane ne fume pas de Gitanes, sa rivale à ragot et à lettre de rendez-vous volée, collègue de boulot, commère et corbeau, elle poignarde plutôt illico , elle (se) joue de Don José, olé, sa victime peu virile, à l’insu de son plein gré, elle le transforme, quel homme, en meurtrier instantané, en trafiquant repentant, en assassin passionnel, passionné, presque à pietà, à faste UFA, ...