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Blue Steel : Magnum Force

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kathryn Bigelow. Cinéaste inégale – l’estimable Démineurs (2009), le dispensable Zero Dark Thirty (2012), le sympathique Point Break (1991), l’anecdotique Le Poids de l’eau (2000) et pas si marginale – des femmes derrière la caméra, on en dénombre même aux USA –, Kathryn Bigelow signe ici un troisième film intéressant, à défaut de passionnant. Co-écrit par Eric Red, le scénariste de Hitcher (Robert Harmon, 1986) et du sien Aux frontières de l’aube (1987), Blue Steel (1990) ferait se croiser La Femme flic (Yves Boisset, 1980) et American Psycho , le roman moqueur, sinon majeur, de Bret Easton Ellis, paru en 1991, pas son adaptation à la con selon Mary Harron (2000). Prise en sandwich , presque au sens propre, sale, salé, de l’expression, puisque ses deux scènes sexuelles, duo de différents amants, l’un réchauffant, l’autre refroidissant, à l’opposé s’enchaînent, l’impeccable Jamie Lee Curtis compose une p...

Dream House : L’Invraisemblable Vérité

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Investir, réinvestir, se livrer, se délivrer… Dream House (Jim Sheridan, 2011) débute donc par une démission : le solide et mélancolique Daniel Craig se casse de sa maison d’édition à la con, mausolée enneigé pris en contre-plongée. Le voici vite chez lui, en famille, à nouveau domicile, home sweet home fissa victime de hom(m)e invasion . En vérité, Will n’écrit pas un roman, il le vit à cent pour cent, et le cinéaste, au côté du scénariste David Loucka, prend bien soin de semer des indices – gare au miroir d’interrogatoire – à l’attention du spectateur attentif, une fois de plus prié d’expérimenter la subjectivité du ciné, sinon la sienne, petit exercice existentiel. À la moitié de sa durée, l’ opus par conséquent se renverse, inverse son point de vue, au lieu d’une révélation confère une confirmation – la dream house s’avère davantage qu’une maison de rêve, une maison rêvée, en réalité, où la réalité, justement, se retourne tel un gant. Dessillé à la Œdipe, Peter se...

Freaks : Chloé

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Mutants débutants, résistants, mutatis mutandis , pardi... Doté d’un titre inutilisable, en tout cas très connoté, au moins depuis le film homonyme de Tod Browning – mais me plaît l’aspect pragmatique, poétique, de La Monstrueuse Parade (1932) –, Freaks (Zach Lipovsky & Adam B. Stein, 2018), s’il délaisse la poignante et impitoyable corporalité de l’ opus précité, parvient (en plein) à en conserver (l’esprit) le refus de la toujours suspecte « normalité », marotte démagogique d’un méprisable/méprisant ex -président de la République. Il s’agit, résumons fissa, d’une sorte de refonte du Firestarter (1994) de Mark L. Lester, donc d’un (mélo)drame familial et gouvernemental, à base de super-pouvoirs et au bord du désespoir. Le solide Emile Hirsch, jadis délicieux péquenot, au générique de Killer Joe (William Friedkin, 2012), semble s’inspirer, pour composer son personnage de paranoïaque papounet, de la folle (en effet) performance de Michael Shannon dans Bug (2007), sim...

À couteaux tirés : Family Business

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Ana (de Armas) et les loups, comme Carlos Saura aux USA… À l’Angleterre les rapports de classes, aux États-Unis les rapports d’espaces : À couteaux tirés (Rian Johnson, 2019) revisite le whodunit , le délocalise sous la présidence de Donald Trump, illustre une lutte de territoire autour d’un héritage-outrage, matérialise ingénument la hantise droitiste du « grand remplacement ». Au creux du manoir, les accessoires servent de miroirs, minutent la mémoire, affichent un factice défouloir. Un mug explicite et drolatique boucle la boucle, une pièce d’argent suspend le temps, un poignard (de) tocard révèle la vérité (de la rapacité). Davantage que son essence importe son usage, philosophe le privé aux initiales dédoublées. À Boston, B(enoit) B(lanc) ne connaît ni Brigitte Bardot, pénible lepéniste, ni La Vérité (1960), justement, de Henri-Georges Clouzot, réalisateur « facho », pléonasme, je te filme, je te gifle. Mais il reconnaît illico le « bon ...