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Affichage des articles associés au libellé Charlotte Rampling

Le Messie et le Matricide

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  Exils # 121 (20/08/2025) « Abomination » s’exprime Rampling en sourdine, « amélioration » se félicite le cinéphile en séance gratuite. J’expédiai jadis ainsi la première partie : « Hiératisme, romantisme, scepticisme : pasteurisation nolanisation » ( Un film, une ligne ). Aujourd’hui je dédie quelques lignes à demi laudatives à sa suite – sic transit cinéma mundi . Sis sur le sable du désert et de l’arène, la poursuite du périple de Paul Atréides indeed mérite une mesurée estime. Certes, on y retrouve et on y réécoute hélas la mélasse bien ambient du sieur Zimmer ; certes, le sound design ne lésine sur les effets acoustiques, quitte à faire frissonner le fauteuil ; certes, la philosophie politique paraît presque simpliste comparée à celle du Prince de Machiavel – mais ce passif se voit en vérité dépassé, fluidifié, par l’actif d’une réflexion en action(s) sur les limites du messianisme. Si Lawrence d’Arabie (Lean, 1962), sa m...

Virez Willy

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  Exils # 118 (15/07/2025) Achab du Canada, Nolan, au patronyme explicite, alon ( e ) loin de Babylone, possède aussi son idée fixe, qui le possède et finit par le perdre, substitue au Queequeg d’ébène l’Indien lucide, pas du tout fou, de Vol au-dessus d’un nid de coucou (Forman, 1975). Lectrice de Melville, scientifique héroïque et enseignante « réchauffante », surtout du côté de la banquise, Charlotte Rampling formule et tamise l’anthropomorphisme, le mâtine d’une amère ironie : la mémoire sentimentale du mammifère « monogame » – dixit une bientôt unijambiste Bo Derek aux joues rondouillettes – et intelligent excède celle fameuse de l’éléphant, mais cette « quasi » humanité attribuée, remarquez les mimis mimines du fœtus foutu, participerait hélas du « réflexe le plus primitif » de l’espèce bipède, vive la vengeance et la violence, revoilà Peckinpah, éthologue du viol ( Les Chiens de paille , 1971). La femme fréquentable, deux fois rescapée, en coda...

Le Château du dragon

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  Un métrage, une image : Adieu ma jolie (1975) Du téléfilm cacochyme, d’ailleurs pré-vendu à la TV, sous l’égide de Lew Grade ( Le Retour de la Panthère rose , Edwards, 1975, Ces garçons qui venaient du Brésil , Schaffner, 1978, Sonate d’automne , Bergman, idem ) déposé, du responsable des estimables Il était une fois la Légion (1977) et Banco (1986) cependant signé, où Mitchum adresse discrètement un regard caméra, vous savez tous ce que je fous là, en effet « fatigué », je me fais un peu de fric, en star quasi au rencard, presque cynique, sur le point de rempiler, pour encore un remake relooké ( Le Grand Sommeil , Winner, 1978), on se souviendra surtout du charme amusé, appliqué, à main armée, de Charlotte Rampling, « femme fatale » de sous-titres français, « dragon lady » de VO eh voui, de la sensualité alcoolisée, désabusée, de Sylvia Miles, croisée dans Macadam Cowboy (Schlesinger, 1969), aperçue ensuite selon La Sentinelle des ma...

Un disque, une ligne

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  Discothèque idéale ? Musique non muséale… Sinner Get Ready (Lingua Ignota, 2021) Religiosité, rédemption, excès, émotion : disque lyrique d’une (d)âme aimable, pas damnée. Piste préférée : The Solitary Brethren of Ephrata Hi (Texas, 2021) Collecte obsolète de chansonnettes suspectes, même si la stylée Spiteri défie les décennies. Piste préférée : Unbelievable Cœur (Clara Luciani, 2021) Disco sentimental assez bien goupillé, loin de l’ancien pourtant récent féminisme dégoupillé. Piste préférée : J’sais pas plaire Karma (Hélène Ségara, 2021) Mélancolie estimable, sincérité indiscutable, retour rassurant, paroles pataudes, cependant. Piste préférée : Quand vient la nuit Poster Girl (Zara Larsson, 2021) Pop suédoise sucrée, surérotisée, alors restons-en sans regret à la Calendar Girl de London. Piste préférée : Need Someone Liberté, Égalité, Féminité (Juliette Gréco, 2021) Opus posthume pour se faire de la thu...