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Affichage des articles associés au libellé Julie Taymor

Artemisia

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  Un métrage, une image : Frida Kahlo (2020) Après le destin sympathique ( Frida , Taymor, 2002), le dessin historique ( Josep , Aurel, 2020), voici donc les dernières révélations à propos du peintre, puisque l’on promettait de portraiturer une personnalité, en sus de retracer une artiste. Hélas, le vœu pieux boit vite la tasse, surtout de tequila, oui-da, car ces quatre-vingt-dix minutes de ripoliné tumulte se cantonnent à ne jamais dépasser de la doxa les bornes. Documentaire linéaire et scolaire peuplé de transparents experts, Frida Kahlo (Ray, 2020) consacre par conséquent, à l’avenant du tout-venant, une icône laïque de la modernité tendance doloriste, sinon la figure de proue d’un féminisme mâtiné d’exotisme, à Mexico ou à l’hosto. Les Femmes artistes sont dangereuses affirmait la drolatique Laure Adler, toutefois rien de risqué au sein trop sain de ce travail soigné, aseptisé, de cette évocation britannique, didactique et anecdotique, sise sous le sceau de l’auto...

L’Affaire Thomas Crown, 9 semaines ½, Une nuit en enfer : Leçons de séduction

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  Une « raison de vivre » ? Des raisons de revivre… Trois actrices, trois esthétiques, trois décennies, trois scènes célèbres, aussi : L’Affaire Thomas Crown (Jewison, 1968), 9 semaines ½ (Lyne, 1986), Une nuit en enfer (Rodriguez, 1996) constituent ainsi une apocryphe trilogie, où il ne s’agit jamais, en réalité, contrairement à l’évidence des apparences, de susciter le désir sexué, masculin, mis en abyme, mais de s’amuser avec, en trio de duos dotés d’un féminisme soft , en instants très divertissants, où les femmes affables, au propre et au figuré « mènent la danse », sinon la partie, bien sûr d’échecs, « contre, tout contre », affirme la fausse misogynie de Guitry, des mecs aussitôt émerveillés, énamourés, rendus muets, spectateurs au carré d’un beau numéro ni maso ni phallo. N’en déplaise aux adeptes déplaisantes du « male gaze », l’infaillible Faye, la callipyge Kim, la souple Selma ne simulent des muses obtuses, des...

The Wind : The Wind

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Disons un no woman’s land soigné, cependant languissant...   Une actrice, une réalisatrice, une scénariste, une monteuse : à défaut d’être féministe, voici bel et bien un western (au) féminin. Moins emmerdant mais autant indie que La Dernière Piste (Kelly Reichardt, 2010), The Wind d’Emma Tammi (2018) ne saurait hélas rivaliser avec The Wind de Victor Sjöström (1928), idem écrit par une femme, à savoir Frances Marion, notamment rédactrice pour Mary Pickford, relisez-moi ou pas à propos de Pollyanna (Paul Powell, 1920), alors adaptatrice de la romancière Dorothy Scarborough. En dépit des bourrasques mesurées présentes sur la bande-son, ce portrait en POV par procuration d’une pionnière paranoïaque manque de souffle, de folie, de sens de l’espace, de la surprise. Si le Roman Polanski de Répulsion (1965) empruntait ses mains murales au Jean Cocteau de La Belle et la Bête (1946), le métrage trop sage du jour ensoleillé paraît s’inspirer de REC (Jaume Balagueró...