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Affichage des articles associés au libellé Jacques Rouffio

La Ménagerie d’hier

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  Exils 189 (21/04/2026) La fin du film identifie enfin l’interprète principal, cependant depuis quatre ans reconnu et apprécié par les spectateurs de Touchez pas au grisbi (Becker, 1954), Razzia sur la chnouf (Decoin, 1955), Maigret tend un piège (Delannoy, 1958), Ascenseur pour l’échafaud (Malle, 1958) ou Montparnasse 19 (Becker, 1958). Autrefois flic ou voyou, bien avant Belmondo, à présent espion, voilà Ventura mis en avant, via un véhicule divertissant, qui relie le film classé policier au film dit d’espionnage, dont le casting choral et l’humour méta annoncent Les Tontons flingueurs (Lautner, 1963) et bien sûr Les Barbouzes (Lautner, 1964). Le « Vieux » de Vanel, monocle en toc vissé à la Meurisse, évoque le « Mexicain » (Dumesnil) du premier, tandis qu’une messe basse d’église l’anticipe aussi. Au lieu du tandem Audiard & Simonin, Le Gorille vous salue bien (1958) se base sur un scénario de Robert ( Marie-Octobre , Duvivier, 1959 ou Le Mo...

La Douleur

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  Un métrage, une image : « Ça n’arrive qu’aux autres » (1971) Deux ans avant Ne vous retournez pas (Roeg, 1973), « Nadine Marquand Trintignant écrit et filme » la mort d’une enfant, le comportement des parents, s’inspire du décès de la sienne, celle aussi de Jean-Louis. Tandis que Marie, dédicataire, en plein air, s’occupe d’un oiseau, avec un taiseux Benoît Ferreux ( Le Souffle au cœur , Malle, 1971), le générique aligne les noms en relation, sinon d’une génération : Lelouch & Pinoteau, Serge Marquand & Catherine Allégret, William & Nicole Lubtchansky, Michel Polnareff & Jean-Loup Dabadie , Corneau & (Élisabeth) Rappeneau. Durant une heure trente de douleur, le spectateur quitte pendant une demi-heure le grand appartement, fi du téléphone, voici des bougies, décoré par Gitt Magrini ( Le Conformiste , Bertolucci, 1970 ou Peau d’Âne , Demy, idem ), qui costume en sus. « Catherine » & « Marcello » désire...

Clair de femme : Schneider dead and alive

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  Muse soumise, victime ultime ? Actrice active, citoyenne lucide… Mère célèbre, à sympathies nazies, merci Sissi, trois, ça (lui) suffit, (dé)liaisons à répétition, Buchholz, Evans, Ganz, Dutronc, Trintignant, dévotion + abandon = Delon, cassé contrat à la Columbia, fiasco avec (l’infernal) Clouzot, dépression post -épuisement, l’important c’est d’aimer, l’important c’est de se ménager, diverses addictions, avérées ou non, divorce amer, ancien mari suicidaire, vraie fausse couche, césarienne maousse, puis Biasini, épousé, séparé, néphrologie pas jolie, atroce accident de l’adoré adolescent, mort qui interroge encore, sépulture (un peu) profanée, (insipide) biopic de 2018 (beaucoup) alcoolisé : le passage sur Terre de Romy Schneider procède du mélodrame, propice au dolorisme, mais la femme (parfois in)fréquentable, l’actrice Eurydice, pléonasme programme d’art funéraire, il faut s’y faire, méritent mieux que les larmes commerciales de biographies refroidies. Romy, rédu...

La Passante du Sans-Souci : Trois jours à Quiberon

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  Les vandales et le violon, l’indécence de l‘identification… Dans Cet obscur objet du désir (Buñuel, 1977), deux actrices, Carole Bouquet & Ángela Molina, incarnent un seul personnage ; dans La Passante du Sans-Souci (Rouffio, 1982), la même comédienne, Romy Schneider, interprète un double rôle, à la suite de Marie Bell ( Le Grand Jeu , Feyder, 1934) & Kim Novak ( Sueurs froides , Hitchcock, 1958). D’un ouvrage au suivant, il s’agit aussi d’un masculin récit, dont le couple principal décède au final, victime du terrorisme. Quand (feu) Carrière relisait Louÿs, Kirsner retravaille Kessel et son bouquin un brin prophétique. Concrétisé au creux d’un contexte largement documenté , délesté de pitié, puisque constitué d’un divorce, d’une maladie, d’un deuil, épreuves à répétition propices à (re)produire des parallèles à la truelle, entre l’œuvre et la vie, la personne et la persona , l’existence et le cinéma, La Passante du Sans-Souci s’inscrit en sus au sein d’un silla...

Le Dossier Mona Lina : La Gueule de l’autre

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Hezbollah mon amour, mais rien tu ne vis en Germanie… La bande-annonce l’énonçait, le visionnage le vérifie : Le Dossier Mona Lina (2017) s’avère un ratage risible, incompréhensible, surtout de la part de l’auteur de réussites intitulées La Fiancée syrienne (2004) et Mon fils (2014), (re)lisez-moi ou pas. Le sexagénaire Eran Riklis doit donc désormais souffrir de sénilité précoce pour accoucher d’une telle ineptie insipide, à base de maternité partagée, de planque pathétique, d’altérité rencontrée-dépassée, de complot au carré. Durant une heure et demie minable, interminable, le spectateur médusé assiste ainsi à un huis clos falot, d’abri débusqué, cf. le titre anglais, éclairé par la grisaille et alourdi par l’esprit de sérieux d’un certain auteurisme européen. Cette petite chose médiocre, transparente, inexistante, fait penser aux foutaises de Netflix ou aux téléfilms en effet dramatiques, sens ironique, du vendredi soir sur ARTE, ici co-productrice, bientôt sans dou...