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Affichage des articles associés au libellé Ben Howling

Débâcle d’Outback

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  Exils # 94 (20/03/2025) Carni quoi ? Carnifex , mec. Ben (se) la ramène, revient au latin, « bourreau » adoubé « fabricant de chair », de quoi ravir Clive Barker, explique aux filles et au public qu’il s’agit d’une espèce assez suspecte, presque hypothétique, disons d’une légende aux origines authentiques. Tandis que les spécialistes se demandent aujourd’hui si ce marsupial maousse de l’époque préhistorique disparut à cause de l’arrivée humaine ou du changement climatique (déjà, d’autrefois), notre trio – une documentariste + deux conservationnistes – pas trop rigolo (cumul de solitudes) et très écolo s’en va relever des vidéos d’espèces protégées, en quête d’inconnu bienvenu, d’une nouvelle bébête à fissa défendre contre les flammes et les cendres. Carnifex (Lahiff, 2022) s’ouvre ainsi sur un incendie, fléau de Californie et d’Australie aussi. Il se poursuit parmi des paysages sans âge, autant naturels qu’ils peuvent l’être, sorte d’éden vu du ciel, ...

Ghost Stories : Mission impossible

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Les esprits avérés ? Une vue de l’esprit. Des gens de talent, devant et derrière la caméra, mais ça ne fonctionne pas, la faute au freudisme, au manque de rythme, à l’absence de flamme(s) et de femme(s). Deux dramaturges, Jeremy Dyson & Andy Nyman, adaptent leur production à succès, à longévité. On se retrouve avec trois sketches (souvenirs) assemblés à la suite, cousus au fil pas si rouge, dehors, le gore , de l’investigation un brin à la con. Ce trio de cas résiste apparemment au spécialiste médiatique, vieil évanoui de caravane à vomir, qui charge donc le démystificateur en chef d’éclaircir tout ceci. Notre protagoniste, interprété par Nyman himself , s’appelle Goodman et il possède un passif familial conséquent, sa sœurette chassée de la maisonnette par le papounet à papillotes, peu porté sur les amours dites interraciales. Plus tard, comme une rime à nouveau dépressive aux origines gênantes, le vrai-faux psychiatre revivra un trauma de jeunesse à tunnel, à la Stephe...

Cargo : Deux jours, une nuit

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Marche et démarche, histoire de couple au cube, promesse dépourvue d’ivresse. Cargo commence au crépuscule, heure en effet magique pour directeur de la photographie et métaphore pour un continent-Occident au coucher de sa destinée. « Un film original Netflix » ? Pas tout à fait, puisque développement d’un court homonyme et magistral millésimé de 2013, lui-même viral en bonne logique diégétique. Ben Howling & Yolanda Ramke viennent de la TV, de la télé-réalité ; ils viennent aussi d’Australie et leur premier long métrage ressemble parfois à un dépliant touristique, horrifique, survolé en drone et lesté de politiquement correct. Au menu du zombie flick peuplé d’infectés à la périphérie du récit, un double tandem père-fille, des paysages d’un autre âge, propice au temps rêvé local, quelques Aborigènes en survivants cléments, en gardiens communautaires, voire communautaristes, de la mimi Rosie, unique Blanche encore immaculée d’enfance. Une gamine s’occ...

Cargo : The Rose

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Le gore peut-il encore émouvoir ? Après le réussi Zombie Honeymoon (2004) , découvrons vite une petite pépite pleine et sereine… Un accident, un survivant, un enfant : Cargo épouse la course essentielle, éphémère, de son héros, va droit au cœur du spectateur, le place d’emblée dans le drame. Les prolégomènes et les syntagmes, il s’en passe royalement. Du haut de ses sept minutes denses, où chaque plan participe de l’ensemble, il néantise les boursouflures US (Zack Snyder, Brad Pitt, Robert Kirkman, connais pas). Ni jeu vidéo, ni « véhicule » de star , moins encore soap interminable, mais merveille de réalisation (sens du cadre, du rythme, de l’allégorie réaliste), modèle d’émotion (aussi terrifiant que poignant, car les êtres chers y deviennent des monstres à redouter ou des trésors à sauvegarder), ce court métrage australien, remarqué à raison un peu partout, mille fois plus éloquent que moult longs sur le même « thème », mériterait d’être pro...