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Affichage des articles associés au libellé Godfrey Reggio

Lavande volante

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  Exils # 170 (12/02/2026) Production indépendante à financement participatif, Valensole 1965 (Filhol, 2025) corrige le comique archaïque du Gendarme et les Extra-terrestres (Girault, 1979). Le sujet, on le sait, relève du fait divers stellaire, comme le démontrent les cartons en conclusion, NASA & CNES à la rescousse, extrait du reportage in situ , que le métrage à l’identique reconstitue, archivé via l’INA, inclus en coda. Ce désir assumé de traitement au premier degré esquive le cynisme, lui substitue un céleste sentimentalisme. L’ opus évoque en vitesse de plus connus et reconnus ancêtres, Take Shelter (Nichols, 2011), Rencontres du troisième type (Spielberg, 1977) et 2001, l’Odyssée de l’espace (Kubrick, 1968). Pas si à la masse, Maurice Masse, massif Matthias Van Khache, ne s’occupe d’apocalypse, de sculpter sa purée, n’accomplit aucun trip psychédélique et pourtant éprouve à son tour un révélateur parcours, aux prises avec l’indicible, l’incrédible, le risibl...

Mishima : Soleil rouge

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Paul Schrader. Le biopic problématique des Schrader, Leonard & Paul les frérots, la co-scénariste + l’épouse du premier Chieko, ne devient vraiment intéressant qu’à son mitan, presque une heure après son commencement. Auparavant, il faut se farcir, avec un ennui poli, un assemblage assez stérile de reconstitution, d’évocation, d’illustration. Certes, on patiente, on ne se lamente, séduit aussitôt par le beau boulot du compositeur Philip Glass ( Koyaanisqatsi , Reggio, 1982 ou Candyman , Rose, 1992), de la monteuse Tomoyo Ōshima, a priori fifille parfois flanquée de son célèbre papa ( Furyo , 1983 ou Tabou , 1999), de la production designer Eiko Ishioka ( Dracula , Coppola, 1992 ou The Fall , Singh, 2006), toutefois cela ne fonctionne pas, demeure désincarné, très et trop appliqué, exercice de style scolaire, guère révolutionnaire, en partie aussi desservi par une sentencieuse voix off intrusive, le n...

Homo Sapiens : La Sagesse des crocodiles

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Nikolaus Geyrhalter. « Oui, c’est le lieu. » Shoah Pas d’histoire(s). Fin de l’Histoire. Plus de témoins. On ne saura rien. Des plans fixes. Une certaine idée fixe de l’avenir. Des cadrages au cordeau. Une science du cadre à la Kubrick. Point commun de la praxis photographique. Des perspectives précises. Des lignes de fuite vers nulle part. Une géométrie dynamique et immobile. Des rails de funérailles. Des fours refroidis. Le train en gare de La Ciotat et les convois pour Auschwitz. De Nagasaki à Fukushima. D’une mosaïque fellinienne à une neige de fondu au blanc naturel. La soucoupe du PC attend pour l’éternité. Le stade circonscrit sa circularité. Un bateau échoué sur la mer verte. Des centrales à l’arrêt. Des habitations ensablées. Des immeubles fortifiés. Bonifacio ma non tropp...

Koyaanisqatsi : Holocauste 2000

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De la grotte (préhistorique) au champignon (atomique) ; du ravissement (stellaire) à l’anéantissement (prévisible)… À cet instant, la circulation sur le pont était un flot qui n’en finissait pas. Kafka,   Le Verdict Au cinéma, art jeune et centenaire, « impur » et singulier, rien n’apparaît ex nihilo , aussi d’autres films-flux, de similaires « points de vue documentés », précèdent celui-ci (nous n’aborderons pas les prémices de « l’environnementalisme », Thoreau and Co. ) ; limitons les citations (aubes, paysages, villes, visages, modernité, montage, mutisme) et les ascendances (célèbres) à Berlin, symphonie d’une grande ville (Ruttmann, 1927), L’Homme à la caméra (Vertov, 1929), À propos de Nice (Vigo et Kaufman, par ailleurs frère de Dziga V., 1930), intéressant trio enthousiaste, méta et satirique ; Reggio, de son côté, fait allégeance à Buñuel ( Los olvidados , 1951), dont l’influence (spectre miséreux de Terre sans pain ) s...