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Affichage des articles associés au libellé Richard Matheson

Le Gosse à Colossa

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  Exils # 187 (13/04/2026) Le Septième Voyage de Sinbad (Juran, 1958) met en images et en animation image par image des éléments des Mille et Une Nuits , surtout se soucie de la mélancolie du (petit) génie, de sa solitude aussi. L’ Ecclésiaste et Montherlant s’aventuraient dans une ville au gamin roi ou prince ; Harryhausen et le scribe Ken Kolb associent la magie blanche à l’enfance, puissance altruiste et protectrice hélas asservie au creux malheureux d’une lampe, attribuent la magie noire à un émule de Yul (Brynner), en habits de nuit et en exil, cupide et machiavélique (strabisme en rime au borgne cyclope). La mise en abyme intime se lit de manière explicite, lorsque le matois Sokurah donne vie démunie d’esprit au squelette accompagné de castagnettes. L’étonnante tristesse du gosse à Colossa, île plus monstrueuse que mystérieuse, virez Verne, dotée d’une insularité au carré, géographique et psychologique, fait du film un exercice de style où il s’agit en fait de fonder une ...

Je fuis une légende

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  Exils # 120 (24/07/2025) « Il a toujours été spécial » déclare la barmaid adepte du « pas de vagues » local. Cependant le berger sudiste n’accomplit rien d’extraordinaire, l’élevage en bord de mer, donc dénué de la transhumance montagnarde, représente à peine une particularité, un mode démodé soumis à l’immobilier. La séquence du générique le présente ainsi en caméra portée dans son active banalité, s’occupant en silence de ses bêtes simplettes, inconscientes des enjeux dangereux et des « intérêts monstrueux » de leur ancienne présence et programmée absence, avant qu’une porte ouverte et un mouvement paysagiste ne dévoilent l’ampleur du panorama et le prix de cette terre-là. Ni pétainiste ni marxiste, Joseph se fiche de l’idéologie, de la lutte des classes ne se soucie, l’attachement au territoire, voire au terroir, variante culturelle et accessoire consensuel de la provinciale politique archaïque ou écologique, lui passe au-dessus de la tête et...

Meursault en morceaux

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  Exils # 40 (24/06/2024) On connaissait déjà Boileau & Narcejac, on découvre donc Durand & Galissian, dissimulés derrière ce pseudonyme presque transparent : H. L. Dugall. Hélas affublé d’une couverture colorée hors sujet, modèle de roman dépressif et dégraissé, limité à l’essentiel et surtout à l’existentiel, à l’image du sacrifié, sinon du crucifié, cf. la référence d’évidence, durant sa transformation finale, petit opus de cent quatre-vingt-sept pages en poche primé à sa parution en 1967, La Porte dorée s’apparente un peu à L’ É tranger (relu et) corrigé, (reconnaissable et) déguisé, délocalisé. Il s’agit d’un joli KO à Frisco, coécrit par le futur scénariste du risible Dancing Machine (Béhat, 1990) et un ancien critique ciné de L’ É cran français . Deux hommes et une femme forment un trio forcément infernal et un triangle foutrement fatal, leurs patronymes servant aussi à intituler ses trois parties. Si la première et la deuxième utilisent une « focalis...

La vie est un (men)songe

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  Exils # 20 (13/02/2024) À Catherine, comme une rime Ozawa plus ne dirigera, mais l’ami Murakami survit. Il se désirait scénariste de ciné ; le cinéma plusieurs de ses textes adapta. Dans Abandonner un chat : Souvenirs de mon père , récit biographique et traumatique, ni hagiographique ni nostalgique, sis ainsi quelque part, nul hasard, au croisement émouvant de La Harpe de Birmanie (Ichikawa, 1956) et du Vent se lève (Miyazaki, 2013), il cite au style indirect l’autobiographie de Truffaut, se souvient de séances du dimanche et fordiennes de westerns , de films de guerre en compagnie de son buvant vétéran de père, puisque les mélos mimis de Mizoguchi à lui-même minot interdit, seulement pour ses parents, Japon d’antan. En lisant l’édition à la fois graphique, anecdotique et illustrée, sur papier glacé, du titre précité, assortie des semblables de Birthday Girl , L’ É trange Bibliothèque , Sommeil , on découvre que l’écriture claire et obscure du romancier à succès...

Que ma joie demeure

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  AVC, TGV, CGT, CQFD… Le médiatique Michel délivre un « récit intime », le dédie à Audrey Crespo-Mara & Thierry Ardisson, anges gardiens intelligents, diligents d’entregent, à un toubib moins cathodique, « pour son infinie bonté ». Le Deuil de la mélancolie (se) remémore de manière douce-amère Le Malade imaginaire de Molière, à demi celui de Moretti ( Journal intime , 1993), mais aussi, en conclusion d’obstruction, d’avérée altération, le célèbre et anxiogène Escamotage de Richard Matheson, « translation » de la perception substituée à l’effacement de l’environnent puis, in fine , de l’identité, du sujet. Onfray fait donc les frais de médecins malsains, finit fissa à Foch, examiné de tous les côtés ; lorsqu’il en sort, lorsqu’il s’en sort, un chariot de tombeau, « événement cinématographique parce que dynamique, dialectique », lui rappelle illico le démocratique mori memento , démontre en sourdine, en prime, que la maladie d...

L’Homme qui rétrécit : Chérie, je me sens rajeunir

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  Tom & Jerry ? Le destin et l’esprit… Au douloureux puis dangereux domicile, voici un survival viril, une véritable Aventure intérieure (Dante, 1987), in extremis ouverte sur l’extérieur. Que l’on considère ou non sa consolation cosmique à la con, The Incredible Shrinking Man (Arnold, 1957) ne manque pas d’âme, masculin mélodrame inversant à chaque instant les valeurs et les échelles jamais à la truelle. En contact en vacances avec une brume maritime façon Fog (Carpenter, 1980) ou Stephen King, de plus perturbé par un pesticide, Scott rapetisse, incarne en effet « à son corps défendant » les retombées radioactives de la menace atomique, sinon le séisme féministe en avance des seventies . Démuni du remède de la médecine, d’une sentimentalité elle-même diminuée, puisque l’amitié d’une « personne de petite taille » défaille, notre ant-héros se transforme fissa en Tom Pouce « tyrannique », malgré sa femme affolée, du commun engagement l...

The Last Man on Earth : La Planète des vampires

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Vince versus le virus … Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c’est la confiance dans la science. Emmanuel Macron Diamant quasiment méconnu, injustement mésestimé, The Last Man on Earth  (Sidney Salkow, 1964) se dote évidemment, désormais, d’une dimension d’actualité : on y (re)trouve, en effet, une vaste et vaine ville vide, vidée, un virus (é)venté, maudit voyageur-convoyeur de « maladie universelle », des contaminations en série, de saison, à la maison, des proches (très) amochés, un « état d’urgence » tardif, décrété par une autorité tendue à la TV, dénoncez les infectés, merci d’avance, des soldats à la rescousse maousse, des lieux de (télé)travail abandonnés, rendus à leur vacuité-vanité. On découvre davantage, cependant, au cours de ce film apocalyptique et politique, pardon du pléonas...

The Last Movie : Kill the Gringo

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Dennis Hopper. Franchement, il faudrait se ficher du making-of , en laisser la chronique du chaotique anecdotique au concierge Biskind, afin d’apprécier ce film restauré, ressuscité, en tant que tel, c’est-à-dire comme un creuset cohérent, où s’entrechoquent, en pertinent patchwork , des échos de Accattone (Pier Paolo Pasolini, 1961), Au-dessous du volcan (John Huston, 1984), Fitzcarraldo (Werner Herzog, 1982), Husbands (John Cassavetes, 1970), Pat Garrett et Billy le Kid + Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (Sam Peckinpah, 1973-1974), Prenez garde à la sainte putain (Fassbinder, 1971), sans oublier, bien sûr, des correspondances ponctuelles, personnelles, avec Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979), The Blackout (Abel Ferrara, 1997) ou Easy Rider (Denis Hopper, 1969). Le co-scénariste Stewart Stern, par ailleurs auteur des scripts de La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955) et Le Vilain Améric...

The Devil Rides Out : La Chevauchée fantastique

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Révéler les vices de la high society  ? User de sa caméra en admirable sorcier. En 1968, une véritable révolution advient, au moins au cinéma : l’irremplaçable Christopher Lee passe du côté du crucifix, fout le bazar dans une messe noire, parvient à renverser le Temps, à revenir en arrière, tel Superman chez Richard Donner (1978). La Cité des morts (John Llewellyn Moxey, 1960) semble enterrée, son professeur-pourvoyeur enfin conjuré. Le changement de registre, héroïque au lieu de maléfique, affecte itou Terence Fisher, qui découvre le zoom , les transparences, le ralenti, les gros plans (de visages). Adieu au Scope et bienvenue à un pragmatisme pertinent, une efficacité en partie possédée, terme idoine, par l’esthétique express , désargentée, de la TV. Si The Devil Rides Out peut parfois rappeler un épisode en mode sataniste de Chapeau melon et bottes de cuir , série contemporaine, portée par un identique humour very britannique, la chevauchée en effet fantastique...