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Affichage des articles du mai, 2026

Rappelle-toi Barbra

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  Exils # 196 (06/05/2026) La blondeur de Redford, le strabisme de Streisand, la musique de Hamlisch, les rimes des Bergman, un play-boy en uniforme (et en forme), une passionaria toujours là (où il ne faut pas), le Scope de Pollack, un zeste de Fitzgerald, sans omettre le communisme (à la sauce US), le maccarthysme ( made in Hollywood), la judéité (donc les WASP en reflet) : si tout ceci ne vous suffit, rajoutons des allitérations ( The Way We Were devenu en français Nos plus belles années , clin d’œil cinéphile aux Plus Belles Années de notre vie (1946), aperçu ici sur une marquise), deux Oscars mélomanes, un casting choral impeccable (mentions spéciales à Chiles & Woods, charmants, attachants), Chayefsky, Coppola, Trumbo (non crédités, OK) au scénario, dû en définitive à l’ insider (autobiographique, sinon sociologique) Laurents, l’auteur de La Corde (1948), Vacances à Venise (1955), du musical West Side Story , l’éminente monteuse (aussi « superviseuse...

Vingt-quatre heures de la vie d’un homme

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  Exils # 195 (05/05/2026) Model Shop (1969) ou la perte : le protagoniste perd donc deux dames, sa voiture vintage , sa vie civile ; le cinéaste perd une équipe, l’ensemble se ressent de la disparition de Coutard, Rabier & Cloquet à la direction de la photographie, d’Evein aux décors, de Legrand à la musique. Le rêve américain du Français ne relève du « cauchemar climatisé » mais de l’échec diégétique et esthétique, Demy délivre un road movie immobile, qui patine, vide d’élan, sans carburant. Et cependant voici exactement où se situe sa réussite, dans sa capacité à portraiturer un dilettante en définitive plus proche d’Antonioni, autre architecte, que de Fitzgerald et ses « magnifiques » anti-héros au bout du rouleau. Démissionné de son plein gré, concevoir des « tuyaux de gaz » le gave, sous peu appelé sous les drapeaux, mauvaise nouvelle de San Francisco, George végète, fume des cigarettes, met la main sur un mannequin, « modè...

L’Ivre de livre

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  Exils # 194 (04/05/2026) Bien avant Brel, Chaliapine (en)chante et déchante. Revoir Don Quichotte (1933), après une séance au siècle dernier, donne un peu l’impression de visionner une version musiquée des Visiteurs du soir , une sorte d’Othello in extremis mélodramatique. Tournée en français, cette transposition express , limitée à quatre-vingt minutes de tumulte, rappelle itou L’Opéra de quat’sous (1931). Encadrée par des pages en boucle bouclée, l’odyssée de poche, picaresque plutôt que pittoresque ( panoramas austères et solaires), évoque le baroque, met en scène une mise en scène espiègle, pratique l’illusion d’abord comique puis tragique. Seuls les fous savent aimer dit la (gente) dame (gentille) munie de merci, mais la folie, tout sauf simulée, ne sert ici à dévoiler la vérité, le spectacle au carré ne carbure à la catharsis, la mise en abyme ne permet de représenter un crime. Dormir peut-être se demandait le manipulateur Hamlet ; l’Homme de la Manche se mo...