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Affichage des articles associés au libellé Frank Capra

Petite paysanne

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  Exils # 183 (24/03/2026) Souvenirs goutte à goutte (1991) se termine par un faux départ, une marmaille et des retrouvailles, conclusion en chanson, variante locale de la métaphore de The Rose , immortalisée naguère par Bette Midler. Comme jadis Janis Joplin, modèle du Rydell, la benjamine atteint ses vingt-sept ans, au sinistre club homonyme n’appartient cependant. Pas d’alcool, de drogue, de rock’n’roll , surtout de sexe : la vieille fille juvénile affiche une santé, une sociabilité à l’opposé de la chanteuse rocailleuse. Une dizaine de jours de vacances et la revoici au pays de son enfance, à la campagne estivale, solaire et solidaire, après les espaces plus contrastés, les milieux moins apaisés de l’école et de la famille. Au lieu de tenir un micro, la gosse point portée sur les oignons rêve des tréteaux, vocation éphémère vite contrariée par le père, homme en kimono guère rigolo et qui la baffa une seule fois, on (re)pense à Isabelle & Lino fissa ( La Gifle , 19...

La vie est belle à Vienne

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  Exils # 139 (12/11/2025) Sans emploi et sans toit, le quidam de mélodrame, soi-disant « Jean Durand », décide recta d’un suicide à la Capra, sauve in situ la désespérée bienvenue, qui le secourt à son tour, n’en déplaise aux féministes contemptrices du motif de la « demoiselle en détresse », lesquelles soulignent le double outrage du vrai-faux mariage, l’époux « protège », l’épouse « obéit », eh oui. Après cette plongée en replay , puisque récompense à la clé, billet policier et frais transférés, notre jeune « couple de (non) mariés », condition d’annonce, astuce d’alliances pas chères, répond donc à l’impératif programmatique du titre, parcourt un périple épisodique plus hédoniste que marxiste. Gardez le sourire (Fejos, 1933) fait souvent sourire, en intérieurs et en extérieurs respire, porté par un tandem amène, candide « Gustave Froehlich » & Annabella en réel « rayon de soleil », nom de baptême ...

L’Innocent

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  Un métrage, une image : L’Assassin (1961) Comédie noire à multiples miroirs, le premier opus de Petri, par le maestro Marcello et l’irrésistible Micheline porté en partie, ne se place pas, n’en déplaise au cinéaste, sous le signe de Kafka, ni celui d’Antonioni, se termine sur des larmes masculines, à l’instar de La strada (Fellini, 1954), s’affirme in extremis un mélodrame maternel quasi à la Camus, surtout si l’on si sait que Mastroianni, flanqué de son monteur de frère, incarna selon Visconti L’Étranger (1967) a priori raté. On sourit souvent en découvrant ce film bref, restauré, en français, tout sauf mal doublé, appréciable essai d’accent sicilien des condés du matin, ce qui procure en plus le plaisir de savourer la vraie voix de Mademoiselle Presle, cougar mécène. Elio et ses célèbres scénaristes – Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa, Tonino Guerra – portraiturent sans rature un « égoïste » assorti d’un « cynique », un « hom...

Angèle

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  Un métrage, une image : Son dernier Noël (1952) Ni celle, sérielle, de Bruxelles je t’aime , ni la pas « cagole » de Pagnol ( Angèle , 1934), Angèle ne verra/vivra jusqu’à Noël, sa mère amère, lucide, vide, qui s’appelle Lucie Vilardi, ne dit merci à la leucémie. Davantage drolatique et moins atomique qu’ensuite L’Arbre de Noël (Terence Young, 1969), Son dernier Noël de Jacques Daniel-Norman s’avère vite, dès le générique explicite, toile d’étoile, un mélodrame, donc, de manière étymologique, un drame musical, doté d’accent sudiste, autant tendre que triste. D’une Corse à l’autre, William Holden s’y baigne, « Tino-Rossi » aussi, nous voici à Nice, au creux d’un quartier désaccordé, solaire, populaire, rempli de types sociologiques, puisque pourvu d’une entraîneuse, d’une épicière, d’une grand-mère, d’un cordonnier, d’un curé, d’un douanier, d’un droguiste, d’un syndicaliste, d’un « flic », d’un électricien, d’un boulanger, d’une masse ...

La Fidélité

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  Un métrage, une image : Les Bas de soie noire (1981) Un huis clos, un piano : nous (re)voici bel et bien chez Burd Tranbaree, c’est-à-dire le cinéaste de l’aussi autarcique et mélodique Clarisse (1979). En partie auto-produit via sa société Shangrila, of course baptisée d’après un fameux Capra ( Les Horizons perdus , 1937), flanqué du soutien financier d’Alpha France, la boîte adroite de l’incontournable Francis Mischkind, musiqué par le plutôt inspiré Paul Vernon, pseudonyme de naguère d’Alain Goraguer, encore éclairé par Pierre Fattori, Les Bas de soie noire ne donne pas l’occasion d’à nouveau apercevoir l’épouse « soumise » et in fine violée « à l’insu de son plein gré » Brigitte Lahaie, mais celle de découvrir la gracieuse et malicieuse Christine Schwarz, performeuse éphémère d’une autre époque ad hoc , ici bien servie selon les « suspects habituels » de ce type de productions, dont le solide tandem Allan & Aveline. Il s’...

La mariée était en noir

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  Un métrage, une image : Noces sanglantes (1980) Les pénibles spécialistes, a fortiori féministes, affirment le « genre » du slasher misogyne et conservateur : des femmes s’y font en effet massacrer, de préférence en train de troquer leur virginité, à l’écart du certificat municipal ou du serment sacré. He Knows You’re Alone leur donne tort encore et renverse la perspective, puisque l’assassin en série se soucie cette fois-ci, en raison d’une déraisonnable jalousie, d’occire celles qui se marier désirent. Pas de puritanisme, donc, pas même par procuration, ni de sexisme à l’horizon, car Carlton envers ses homologues ne se montre économe. Commencé en mode méta, par conséquent au cinéma, mise en abyme d’imagerie guère magnanime, en rime au speech réflexif, à proximité d’un train hanté de fête foraine proféré, par un débutant dénommé Tom Hanks, résumons, inoffensivité satisfaisante du frisson, assimilé à un trip , chic, le film assez soigné, assez réussi, ...

Big Brother : L’Art du mensonge

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  La grande illusion du lucide dragon… « Quelle ville de voleurs, Hong Kong ! » s’exclame Jackie Chan, mais lui-même ne dérobe la grosse somme du cher Raymond Chow, loin s’en faut. Insuccès critique et financier entrepris et réussi par défi, Big Brother (1989) séduit aussitôt en raison de sa générosité, de sa sincérité. Durant plus de deux heures, l’acteur-réalisateur expose ses passions et précise pourquoi, en quoi, ce cinéma-là, celui de HK en ce temps-là, tant compta pour lui et moi. Film historique, film de gangster , film d’action, comédie sentimentale, musicale, mélodrame, Big Brother accumule les imageries, d’ailleurs, d’ici, tandis que le scénario de l’amical Edward Tang reprend et retravaille largement l’argument et la trame de Grande Dame d’un jour (1933) puis Milliardaire d’un jour (1961), diptyque de Capra, oui-da. Adieu à la Grande Dépression, fi de la guerre froide, retour aux triades, au collectif et au local, à l’étranger en train de s’intégrer...

La Classe volante : Génération perdue

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kurt Hoffmann. Un teuton La Guerre des boutons (Robert, 1962) ? Un codicille aux Disparus de Saint-Agil (Christian-Jaque, 1938) ? Affirmons un film sortilège, en forme de boule à neige, sans mausolée isolé, ni « bouton de rose » morose ( Citizen Kane , Welles, 1941). Jadis scénariste de l’imaginaire, durant la guerre ( Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen , von Báky, 1943), le littéraire Kästner se met en scène, en abyme, prologue campagnard, sous le cagnard, épilogue pirandellien, à orphelin serein, compris, oh oui. La Classe volante (Hoffmann, 1954) bénéficie, à l’évidence, du savoir-faire de la cinématographie germanique, évitons l’énumération des noms, pourtant impeccables équipes « artistique », technique. Cet item moral, choral, cristallise, en effet, une « tradition de la qualité », au même moment moquée en France, comme il faut, par Truffaut. De maniè...

Xanadu : Kelly’s Heroes

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Exécrable, excrémentiel, à excommunier ? Pas exactement : expositions, explications. So let’s dance through all our fears War is over for a bit The whole world should be moving do your part Cure a lonely heart Kylie Minogue, Your Disco Needs You De Kane le caveau devient illico une boîte disco. Films mortifères, Citizen Kane (Orson Welles, 1941) et Xanadu (Robert Greenwald, 1980) partagent un toponyme, un esprit de déprime, un feu de final. Le magnat des médias rêvait de transformer sa maîtresse médiocre en diva, elle possédera d’ailleurs son propre établissement nocturne, nommé El Rancho, Dio mio. Sonny Malone, sinon Bugsy, comme au milieu des mômes d’Alan Parker (1976), peintre dépité, accomplit encore mieux, car il rencontre une muse (murale), au sens littéral du terme, en la personne d’une mystérieuse patineuse, belle et providentielle, appelée Kira, voilà, voilà. En vérité, il s’agit d’Olivia (Newton-John), vraie chanteuse/danseuse, issue du sai...

She : The Queen

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Robe en soie d’oiseau de proie pour Afrique archéologique… Après (ou avant) le matriarcat de Rebecca (Romijn) dans Satanic Panic (Chelsea Stardust, 2019), voilà celui d’Ursula (Andress, who else ?) dans She (Robert Day, 1965). Co-produite par la Hammer, la MGM + Seven Arts, cette moralité d’immortalité résiste assez à l’usure des années, du ciné. Certes, réalisé par un type polyvalent, prolifique, ensuite passé à la TV,   l’ item manque de style, de personnalité, mais son classicisme ne donne pas dans l’académisme, mais sa dimension méta (vous) séduira, mais il comporte deux séquences (exécution, confrontation) de violence inassouvie à faire envie. Ni le premier ni le dernier (précédé par Méliès, Porter, Curtiz, Cooper & Pichel, Ursula suivie par Sandahl Bergman & Ophélie Winter), Day (ré)adapte l’increvable succès de Rider Haggard. Fidèlement infidèle (voire l’inverse), La Déesse de feu (intitulé français explicite, un peu hyperbolique) se situe au croisement...