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Affichage des articles associés au libellé Damiano Damiani

Des justiciers dans la ville

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  Exils # 122 (28/08/2025) Dans Death Wish (Winner, 1974), la femme de l’avocat Paul Kersey se faisait tuer, sa fille se faisait violer ; dans Fighting Back ( aka Philadephia Security ou Death Vengeance , Teague, 1982), la femme de l’épicier John D’Angelo fait une fausse couche après une poursuite en voiture et sa mère se fait « mutiler ». À huit ans de distance, les deux productions Dino De Laurentiis paraissent prendre le pouls d’une Amérique nordiste malsaine et urbaine, où sévissent toutes les violences, dont celle du vigilante , d’abord citoyen anonyme malmené, ensuite modèle ou malaise à main armée, (anti-)héros dépressif ou héraut droitiste de westerns modernes, pantin de républicains ou cauchemar de démocrates. Ce personnage donnera au passage son titre à un film de Lustig (1983), dans lequel la femme de l’ouvrier Eddie Marino se fera poignarder, son fils se fera descendre, inspiré en partie lui aussi par l’entreprise salvatrice ou le discutable épou...

Mouche à Meg

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  Exils # 46 (10/07/2024) « La maison possède sa propre mystique » : si Stuart Rosenberg s’occupait de crise économique ( Amityville : La Maison du diable , 1979), Damiano Damiani d’inceste à domicile ( Amityville 2 : Le Possédé , 1982), Franck Khalfoun de misogynie pré-moiaussi ( Amityville: The Awakening , 2017), l’assez cher Richard Fleischer filme une fable affable sur la foi, surtout celle du cinéma. Métrage méta, construit en boucle bouclée, Amityville 3-D (1983), sous-titré en français d’un Le Démon de bon ton, débute via un travelling panoramique démonstratif du procédé du titre. Les noms du générique, les branches des arbres squelettiques, disposés devant la bâtisse emblématique, semblent sortir de l’écran à la rencontre de la rétine, un vent de nuit rugit, une pancarte de vente s’agite, à l’indicatif téléphonique (666) satanique et drolatique. Surplombé par des vocalises féminines substituées à la sinistre comptine de Lalo Schifrin, l’ensem...

La Nuit du 12 : La Femme flambée

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  Grenoble, ignoble, femmes, flammes, de Lynch, Wallace, Damiani démuni… Genrer tous les actes, c’est considérer que les gens n’ont pas d’âme. On ne condamne pas les hommes, on condamne les sales types. Et il y a aussi des femmes mauvaises. Cécile Bois Ce téléfilm régionaliste, digne d’une diffusion du samedi soir sur France 3, s’avère vite un sommet, in extremis situé au sommet, à vélo, guère rigolo, le « hamster » s’aère, de misérable misandrie assumée, assénée, formulée, formatée. Lequel « crama » Clara ? Inutile, en définitive, de se crever à investiguer, s’en rendre malade, parler pendant deux heures inter-minables, champs-contrechamps décourageants, interroger les habituels suspects (les antiracistes racialisent, les antisexistes sexualisent), rappeur crâneur, qui confesse au commissariat, sans « beat », pas sans bite, son désir d’incendier son ex , aux doléances de « princesse », « que des mots », plaidoyer pro ...

La Sorcière amoureuse : Logan’s Run

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  Confusion, collusion, confrontation, condamnation... À la bonne sorcière Jacqueline Waechter Chaînon manquant et ensorcelant reliant La maschera del demonio (Bava, 1960) et Le streghe (Bolognini, De Sica, Pasolini, Rossi, Visconti, 1967), La strega in amore  (1966) se découvre dès le premier plan en conte de décor : un homme à Rome soulève un store, ouvre des vitres, va vite se retrouver cloîtré, à l’insu de son plein gré. S’il dialogue de surcroît, disons à distance, avec le Fedora (Wilder, 1976) d’autrefois, le plus récent et peu passionnant Abuela (Plaza, 2022), le film de l’ami Damiani, surtout (re)connu ici pour ses percutants et pertinents polars made in Italy , annonce aussi Amityville II: The Possession (1982), coécrit par le sieur Wallace, similaire amateur de femmes en flammes, de Mexicaines guère sereines ( Vampires: Los Muertos , 2002), qu’il dirigera aux USA. Seize ans avant, le (mauvais) génie du lieu sévit déjà, donne une leçon d’humiliation, ...

Le Coup du parapluie

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  Un métrage, une image : La police a les mains liées (1975) Cinq ans plus tôt, Britt Ekland descendait prendre le dernier métro, Eurydice d’une dystopie dont la surface affichait d’intouchables cadavres intacts ( I cannibali , Cavani, 1970). Cinq ans plus tard, Milan ressemble encore au royaume des morts, donc des vivants en sursis, qui le savent ou l’ignorent, tel cet assassin descendu/hissé sur un escalator , anticipant ainsi celui de L’Impasse (De Palma, 1993), ses pieds inanimés toujours agités, via le mouvement indifférent, face au commissaire vénère, debout, de lui venu à bout. Si la justice se doit d’être aveugle, voire aveuglée, le ciné devrait dessiller, donner à regarder doté de douloureuse clarté, quitte à scruter l’obscurité. Opus d’objets, presque à la Perec, énumérons un réveil, une valise, un briquet, une clé, un chamberlain malsain, une ardoise magique, de subterfuge phonique, La polizia ha le mani legate comporte un policier + un suspect tous deux lun...

Corrina, Corrina

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  Un métrage, une image : La Proie de l’autostop (1977) Voici donc une comédie noirissime, aux allures impures de vrai-faux western excessif et existentialiste, qui se charge à charge d’une certaine et médiocre image de la masculinité, transalpine ou point. S’il revisite la violence sexuelle des Chiens de paille (Peckinpah, 1971), cette fois-ci assortie du second couple pas si en (dé)route, surtout sarcastique, de Guet-apens (Peckinpah, 1972), Festa Campanile, par ailleurs auteur de l’amusant Ma femme est un violon (1971), pensée attristée pour Laura Antonelli, quel gâchis, de l’émouvant La Fille de Trieste (1982), grâce à Jacqueline Waechter découvert, en sus scénariste pour Risi ( Pauvres millionnaires , 1959), Bolognini ( Le Mauvais Chemin , 1961) ou Visconti ( Rocco et ses frères , 1960 + Le Guépard , 1963), filme sèchement un enfer moderne, dont l’aridité désertique et définitive reflète de fait l’âme perdue de personnages plus pires les uns que les autres, excep...

Confession d’un commissaire de police au procureur de la république : Laisse béton

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  « Quand le bâtiment va », rien ne va… Si l’Amérique du Nord doit sa naissance à une mort, empire post -européen + « génocide » de natives = cimetière indien à la Shining de Stephen King, l’Italie assura sa survie à coup de collusion, de profane/profanatrice union, entre les partis politiques, surtout celui autoproclamé démocrate, chrétien, et les mafias pas très catholiques, parce qu’elles le valaient bien. Dialogue à distance, au-dessus de l’océan : dans Snake Eyes (De Palma, 1998), la guère sereine Serena finissait fissa par se faire dessouder, son rubis on retrouvait in extremis , au milieu d’un pilier du tout nouveau casino ; dans Confession d’un commissaire de police au procureur de la république (Damiani, 1971), une seconde et pourtant précédente Serena subit un sort similaire, sort de sa baignoire à la Marat, succombe aux malfrats, son pauvre cadavre dénudé, dépouillé, pas un soupçon de respect, vite recouvert de béton (à main) armé(...

L’Affaire Mattei : Le Goût de l’Italie

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  Trente métrages , trois images, deux visages, un rivage … À l’italianophile Jacqueline Io ho paura (Damiano Damiani, 1977) Petit polar politique, à propos de la pornographie, au propre, au figuré, d’une Italie alors terroriste-terrorisée, ponctué de saisissants effets de réel mortel et placé sous le signe duel de la duplicité, tandem de juges, juste ou injuste, pour policier déplacé, apeuré, justicier, assassiné, où le valeureux Volonté, flanqué des cosmopolites Adorf & Josephson, démolit, doté d’une dépressive fragilité, les « hommes forts » de sa filmographie, chez Petri & Rosi… Il nido del ragno (Gianfranco Giagni, 1988) D’un labyrinthe à l’autre : dans une Budapest spectrale, une secte tisse sa toile… Certes longuet, pas assez personnalisé ni développé, du fantastique toutefois soigné, beau boulot du directeur photo, musique à la Herrmann, avec spécialiste traumatisé, secrétaire singulière + bébé humain-arachnéen. Et Stéphane Audran, comme souvent, é...