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Affichage des articles associés au libellé Theo Angelopoulos

Tiresia

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  Un métrage, une image : Les Cannibales (1970) De Cavani, qui ne connaît (que) Portier de nuit (1974) ? Quatre avant ce scandale sentimental, elle se soucie de Sophocle, surtout de l’époque. Anouilh dérouille ? Ekland s’y colle, Boccardo illico , Clémenti à la mer, Milián se mouille. Britt bientôt tabassée, torture de chaise à roulettes, de mecs, mazette, ressemble un brin à Axelle Red, Pierrot, en perfecto, glossolalies aussi, à un employé de poissonnerie, Tomas, méconnaissable, ne boit la tasse, résiste in extremis , tandis que Delia baiserait bien à l’improviste, à proximité de cavaliers aristos, occupés au polo . Conspué par la critique d’hier et d’aujourd’hui, I cannibali s’avère vite une comédie noire plus ou moins (in)volontaire, dont la Milan d’antan, grise et humide, (ba)lourde et (terrain) vague, évoque la Grèce d’Angelopoulos ou davantage de Costa-Gavras, car les colonels contrôlent, les généraux gèrent, l’armée maintient l’ordre et la loi, recrute de surcroît...

Mister Universo : Arthur

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Tizza Covi & Rainer Frimmel. Documentaire de déprime, fiction à frictions, Mister Universo (2017) séduit par sa modestie. On y suit donc un dompteur de lions, au cours de ses pérégrinations, parmi une Italie à transformer la Grèce humide, dépressive, de Theo Angelopoulos, en paradis touristique, à jamais ensoleillé. Si l’aspect parfois sinistre de la vie d’artiste, a priori « comique », n’échappa point au Federico Fellini himself documenté des Clowns (1970), Mister Universo renverse, voire retravaille, La strada (1954), puisqu’il s’achève sur le numéro de la contorsionniste, callipyge, souriante et bien vivante Wendy (Weber), bonne fée au dos fatigué, au chienchien acharné, aussi rousse que la chère Moira Shearer chez les Archers ( Les Chaussons rouges , 1948), certes moins suicidaire, qui veille à sa manière, voyage en parallèle, sur son Peter Pan à elle, le prénommé (et catho) Tairo (Caro...

Qui a tué Lady Winsley ? : Tête de Turc

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Les bonnes intentions et les mauvais résultats. Aux deux tiers une comédie Cluedo , Qui a tué Lady Winsley ?  (Hiner Saleem, 2019) se casse ensuite à la suite d’une révélation généalogique. Nous voici en Turquie et donc le whodunit drolatique bascule vers l’identitaire, puisque l’inspecteur dépêché, presque empêché, d’Istanbul, s’avère en vérité un Kurde, comme la juvénile victime occise une vingtaine d’années plus tôt, au même endroit pas si sympa, île humide, autarcique, sinon consanguine, autant réjouissante-refroidissante que la Grèce de Theo Angelopoulos, le DP Andreas Sinanos en point commun. La poésie importée insupporte l’autoproclamé patriote, qui récidive au présent, en plein hiver, s’en prend à une romancière étrangère, une Américaine altière, le manuscrit dérobé transpose à peine le crime occulté. Une balle suffit à la faire taire, une goutte d’hémoglobine désigne le complice militaire, la visite d’une mère et la traduction d’une hôtelière feront le rest...