Le Temple du lotus rouge : La Forteresse noire
Abysses d’abîme, remontée de destinée… Quand Ringo Lam s’attaque au wu xia pian, cela donne Burning Paradise (1994), sidérant sommet de sadisme assumé. En fait de « paradis brûlant », nous voici enfouis sous terre dans un enfer en effet promis à l’incendie. Un général dégénéré, avatar hilare du colonel Kurtz de Conrad, du Caligula de Camus, y règne à la mode sadienne, prisonnier de ses propres plaisirs. Auparavant, au milieu d’un désert, espace abstrait, aride, sans soleil, proche du western , un novice de Shaolin se voyait traqué avec son oncle par une armée enténébrée. Les cartons du générique, aux lettres rouges comme le sang, résumaient le contexte historique sur un fond de destruction de religion (le bouddha reviendra, armé, les enterrés finiront par le faire sauter, au lieu de le prier, afin de regagner la lumière). Le prologue évoquait des images d’actualité, au bord du snuff movie ; la poursuite et la bataille donnent le ton : cavalier sec...